Personne ne se risque à évaluer l’impact de la seconde présidence Trump sur les marchés tant les promesses sont aussi nombreuses que contradictoires. C’est bien dans l’exécution des mesures que le marché tranchera et l’Europe pourrait même tirer son épingle du jeu.Faut-il avoir peur de Donald Trump ? « Pour résumer, Trump c'est le prédateur en haut de la chaîne alimentaire », avance Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF. Et dans cette loi de la jungle qui s'annonce, l'alternative est soit de montrer sa force, soit d'échapper au prédateur. En ce jour de l'investiture du candidat MAGA (Make America Great Again), l'aile la plus extrémiste du Parti républicain, qui est également - ô ironie- le jour férié de célébration de Martin Luther King, le monde retient son souffle. Les premiers jours du règne Trump 2 seront, à ne pas douter, un feu d'artifice d'annonces dans tous les sens, dont quelques migrants illégaux feront probablement les frais à New York ou à Chicago.
Sur les marchés, l'ambiance est également tendue. Les actions américaines chères, très chères même avec une prime de risque négative, et la remontée des rendements sur la dette souveraine, avec un climat très volatil, rendent en effet les investisseurs nerveux.
Un agenda connu, une exécution inconnue
Certes, l'indice boursier américain S&P 500 a affiché vendredi dernier sa meilleure semaine depuis l'élection de Donald Trump. Une élection qui a, rappelons-le, été perçue de manière très positive pour les actions américaines, sur fond de promesses de déréglementation et de baisses d'impôts, et très négative pour les actions européennes, sous les menaces de droits de douane, drainant ainsi beaucoup d'argent provenant du monde entier vers Wall Street.
Et maintenant ? C'est l'incertitude qui domine. Tout le monde connaît pourtant l'agenda de Trump lors de son premier mandat. Et l'agenda de son second mandat sera grosso modo le même, en plus fort, en plus radical.