Ingenico flambe, des fonds d'investissement intéressés

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L'un des nouveaux terminaux de paiement d'Ingenico est biométrique : on peut authentifier la transaction par puce, par code ou par empreinte digitale. Le groupe français est engagé dans sa transformation numérique pour accompagner la révolution des paiements et le déclin des espèces.
L'un des nouveaux terminaux de paiement d'Ingenico est biométrique : on peut authentifier la transaction par puce, par code ou par empreinte digitale. Le groupe français est engagé dans sa transformation numérique pour accompagner la révolution des paiements et le déclin des espèces. (Crédits : Ingenico)
Dans un secteur du paiement en pleine ébullition, après le rachat de Verifone par des fonds, des rumeurs circulent d'un intérêt pour le fabricant français de terminaux, dont l'action bondit de 6% ce mardi 26 juin.

À qui le tour ? Le secteur du paiement est en pleine recomposition et la spéculation enfle sur un rachat du fabricant français de terminaux Ingenico. Selon Bloomberg, plusieurs fonds de capital-investissement auraient manifesté leur intérêt pour l'entreprise, valorisée en Bourse un peu plus de 5 milliards d'euros, dont ils auraient discuté d'un éventuel retrait de la cote. L'agence cite parmi les candidats potentiels le géant européen CVC Capital Partners et les américains Bain Capital et Hellman & Friedman, mais aussi des "concurrents de la Fintech."

La nouvelle a propulsé l'action Ingenico en hausse de plus de 5% ce mardi 26 juin, deuxième plus forte progression de l'indice SBF120.

Contactée, l'entreprise française dément avoir des discussions avec des fonds.

"Ingenico ne commente pas les rumeurs. Il n'y a pas d'offre pour l'instant", répond un porte-parole.

Le Pdg, Philippe Lazare, a déclaré encore récemment à L'Opinion qu'il estimait que le cours de Bourse ne reflétait par la valeur de l'entreprise et son potentiel (elle a perdu plus de 25% en trois ans). Son objectif est de réaliser à terme 70% de son chiffre d'affaires dans les paiements numériques et les services, alors que l'activité de terminaux de paiements arrive à maturité. Il a racheté l'an dernier la Fintech suédoise Bambora au fonds d'investissement Nordic Capital pour 1,5 milliard d'euros. Cette acquisition qualifiée de "transformante", mais jugée chère par le marché, lui a permis d'enrichir son éventail de produits, avec des solutions d'encaissement, en magasins, en ligne, sur mobile, des offres tout-en un pour les petits et moyens commerçants, segment en forte croissance et attaqué par de nouveaux entrants comme Adyen et Stripe.

Le groupe français est engagé dans sa transformation numérique pour accompagner la révolution des paiements et le déclin des espèces. Il emploie 8.000 personnes, dont un millier en France, et a réalisé un chiffre d'affaires pro forma de 2,7 milliards d'euros.

Son rival Verifone racheté par des fonds

En avril dernier, son rival américain Verifone a accepté l'offre de rachat de 3,4 milliards de dollars du fonds de private-equity Francisco Partners. Cette annonce avait déjà fait bondir le cours d'Ingenico.

"L'opération souligne la sous-évaluation d'Ingenico en cas de transaction", avaient relevé à l'époque les analystes d'Invest Securities, objectant cependant : "Nous ne voyons pas les politiques français accepter un rachat par des fonds de private equity, surtout s'ils venaient à être non européens. Seul un rapprochement avec un concurrent européen aurait du sens à leurs yeux et malheureusement, ni Worldline, ni Wirecard ne semblent accorder leur priorité à Ingenico à court terme."

Les opérations de rachat se multiplient dans le secteur. PayPal a mis la main sur le suédois iZettle juste avant son introduction en Bourse le mois dernier pour 2,2 milliards de dollars. En mai également, le français Worldline, filiale d'Atos, a annoncé le rachat pour 2,3 milliards d'euros, du suisse Six Payment. Début juin, ce sont deux acteurs contrôlés par des fonds (Hellman & Friedman pour l'un, Bain Capital et Advent pour l'autre), le danois Nets A/S et l'allemand Concardis, qui ont décidé de fusionner afin de créer "un des leaders européens du paiement". En début d'année, l'américain Vantiv a finalisé l'acquisition du britannique Worldpay (que les fonds Advent International et Bain Capital avaient introduit en Bourse en 2015) pour plus de 10 milliards d'euros.

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