PayPal s'offre le suédois iZettle pour 2,2 milliards de dollars et devenir omnicanal

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Le cofondateur et directeur général de la startup suédoise iZettle, Jacob de Geer (à droite) le Pdg de PayPal Dan Schulman (au centre) et le directeur opérationnel de PayPal, Bill Ready.
Le cofondateur et directeur général de la startup suédoise iZettle, Jacob de Geer (à droite) le Pdg de PayPal Dan Schulman (au centre) et le directeur opérationnel de PayPal, Bill Ready. (Crédits : Business Wire)
Le géant du paiement en ligne réalise sa plus grosse acquisition, stratégique, avec cette Fintech qui conçoit des lecteurs de carte bancaire peu chers pour petits commerçants. L'entreprise suédoise n'entrera finalement pas en Bourse et pourra aller concurrencer Square aux États-Unis.

C'est la course aux armements dans la bataille des paiements. Quelques jours après l'annonce du rachat du suisse Six Payment par le Français Worldline (filiale d'Atos), c'est au tour du géant américain PayPal d'annoncer l'acquisition de l'entreprise suédoise iZettle, un concurrent de Square vendant un lecteur de carte bancaire destiné aux petits commerçants, pour 2,2 milliards de dollars (1,86 milliard d'euros). La "licorne" de Stockholm, qui s'apprêtait à s'introduire en Bouse sur la base d'une valorisation avoisinant le milliard de dollars, a trouvé une sortie plus rémunératrice pour ses actionnaires (des investisseurs corporate comme Intel et Santander, Mastercard et American Express, des fonds de pension suédois et des sociétés de capital-risque comme 83North et Index Ventures).

C'est la plus grosse acquisition jamais réalisée par PayPal et elle est stratégique afin de s'étendre dans le monde du paiement en magasin : le géant aux 237 millions de comptes actifs dans le monde renforce sa dimension BtoB en s'ouvrant davantage aux PME, son ambition étant de devenir "une solution unique mondiale pour le commerce omni-canal".

"Les petites entreprises sont le moteur de l'économie mondiale et nous continuons d'élargir notre plate-forme pour les aider à être compétitives et à gagner en ligne, en magasin et via le mobile", a déclaré Dan Schulman, le Pdg de PayPal. "iZettle et PayPal forment une combinaison stratégique, avec une mission, des valeurs et une culture communes, ainsi que des offres de produits et des zones géographiques complémentaires."

Ce rachat, qui va renforcer les positions de l'Américain en Europe, "allie l'expertise en magasin d'iZettle, sa marque reconnue et la force de son marketing digital au réseau mondial de PayPal, première Fintech au monde", souligne le groupe californien. Il va aussi lui permettre de "gagner des opportunités d'expansion en magasin à moyen terme" sur des marchés où il est déjà présent, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. À l'inverse, iZettle pourra se développer outre-Atlantique et venir chatouiller Square Inc, dirigé par Jack Dorsey (le cofondateur de Twitter), mastodonte valorisé plus de 23 milliards de dollars. L'action Square est attendue en baisse à Wall Street ce vendredi 18 mai. Le patron d'iZettle, Jacob de Geer, continuera à diriger l'entreprise qui deviendra "le centre d'excellence européen"  de PayPal pour les services en magasin.

Contre-attaque

L'opération aura un impact très légèrement négatif sur les bénéfices de PayPal la première année. Son montant est conséquent même au regard de la capitalisation de 94 milliards de dollars de l'ancienne filiale d'eBay, revenue en Bourse en 2015. Sa cible, fondée en 2020, prévoit d'être à l'équilibre d'exploitation d'ici à 2020 (en perte de 21 millions d'euros en 2017) : iZettle devrait réaliser 165 millions de dollars de chiffre d'affaires cette année, sa croissance moyenne annuelle étant de l'ordre de 60%. En termes de volumes, elle devrait traiter pour 6 milliards de dollars de transactions dans l'année.

PayPal, que l'on a dit affaibli par la défection de son ex-maison-mère eBay au profit de la jeune entreprise de la Fintech néerlandaise Adyen, montre sa capacité à contre-attaquer. L'entreprise dispose de près de 8 milliards de trésorerie et avait dit être à l'affût d'acquisitions, pouvant aller de 100 millions à 2 milliards de dollars.

L'an dernier, le Français Ingenico, spécialiste des terminaux de paiement, avait mis sur la table 1,5 milliard d'euros pour s'offrir une autre Fintech suédoise, Bambora, issue de la plateforme d'acquéreur monétique pour les commerçants de la banque suédoise SEB puis construite par acquisitions successives. Mardi, Worldline a racheté Six Payment dans une opération en actions valorisant celui-ci 2,3 milliards d'euros, notamment pour se renforcer dans le paiement pour les commerçants.

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