Paiement : le français Ingenico s'offre la Fintech Bambora pour 1,5 milliard d'euros

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Racheté par Ingenico, le suédois Bambora propose des terminaux de paiement en magasins mais surtout une solution tout-en-un pour l'e-commerce et sur mobile, destinée en particulier aux petits et moyens commerçants.
Racheté par Ingenico, le suédois Bambora propose des terminaux de paiement en magasins mais surtout une solution tout-en-un pour l'e-commerce et sur mobile, destinée en particulier aux petits et moyens commerçants. (Crédits : DR)
Le spécialiste français des terminaux de paiement s’offre cette entreprise suédoise en forte croissance qui lui permet d’aller concurrencer les acteurs purement digitaux. La Bourse salue cette acquisition : l’action Ingenico bondit de 7%.

Nouvelle transaction en milliard dans le paiement. Après le rachat du britannique Worldpay pour 8,7 milliards par l'Américain Vantiv début juillet, le français Ingenico, l'un des leaders mondiaux des lecteurs de cartes, annonce ce jeudi, l'acquisition de la société suédoise Bambora au fonds d'investissement Nordic Capital pour un montant total de 1,5 milliard d'euros. Fondée en 2015, Bambora s'est construite par acquisitions successives (Euroline, KeyCorp, Samport, MPS, DK Online, ePay) et se décrit comme une startup de la Fintech.

Installée à Stockholm, l'entreprise, qui emploie plus de 700 personnes (dix fois moins qu'Ingenico), propose tout un éventail de solutions d'encaissement, en magasins, en ligne, sur mobile, notamment une offre tout-en un pour les petits et moyens commerçants, segment au fort potentiel quand le reste du marché est mature et en déclin. Bambora est aussi complémentaire géographiquement en étant présent dans les pays nordiques, en Amérique du Nord et en Australie.

Rivaliser avec Stripe ou Adyen

Le monde du paiement est en bouleversement, avec l'arrivée d'une foule d'acteurs issus de l'Internet et du mobile. Le groupe français, dont la création remonte à 1980, pourra ainsi mieux rivaliser avec les nouveaux entrants du paiement, comme l'Américain Stripe, le néerlandais Adyen - qui s'est étendu dans les points de vente avec Verifone, le concurrent américain d'Ingenico - ou encore la filiale de Paypal, Braintree.

« Anticipant les évolutions du commerce de demain, Ingenico Group poursuit depuis plusieurs années une stratégie visant à élargir son offre vers les services de paiement intégrés. L'acquisition de Bambora est une étape majeure dans notre plan stratégique, permettant de proposer des solutions omnicanal et une offre client plus intégrée », souligne le Pdg du groupe français, Philippe Lazare.

Ingenico Paiement Bambora

[Dans les services de paiement plutôt que les terminaux, et auprès des clients de la distribution, plutôt que des banques, l'activité de Bambora apparaît complémentaire de celle d'Ingenico.]

En intégrant Bambora, le groupe Ingenico va devenir un acteur important en tant qu'« acquéreur » monétique (l'institution financière chargée de la collecte d'argent dans le cadre d'une vente à distance ou via un terminal physique, ndlr.) alors qu'aujourd'hui ce sont ses clients (ce sont les banques en France). Bambora a en effet été constitué au tour de la plateforme d'acquéreur pour les commerçants de la banque suédoise SEB. Le groupe français va aussi renforcer son activité dans les services de paiement, et plus seulement de terminaux, sa ligne constante au cours des dix dernières années, notamment avec l'acquisition du belge Ogone dans le paiement en ligne, pour 360 millions d'euros.

Ingenico Paiement acquisitions Ogone

Licorne suédoise

L'opération, financée par sa trésorerie et des crédits bancaires, est bien perçue par les investisseurs : l'action Ingenico gagne près de 7% ce jeudi, portant sa valeur à 5,4 milliards d'euros. Le rachat doit avoir un impact positif de 5% sur le bénéfice l'an prochain et dégager des synergies de 30 millions d'euros en année pleine d'ici trois ans.

Si Bambora n'a réalisé que 202 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016, à comparer aux 2,3 milliards d'Ingenico, elle a enregistré un croissance de 20% l'an dernier (plus de 30% attendus cette année), soit quatre fois plus rapide que celle du géant des terminaux de paiement. L'entreprise suédoise est rentable depuis ses débuts selon son directeur général, Johan Tjärnberg. Il est prévu que « le management de Bambora réinvestira une part importante de ses gains en actions Ingenico et sera impliqué dans le développement de Bambora au sein du groupe ». Il y a quelques mois, une introduction en Bourse était évoquée.

« Bambora est un excellent exemple de société entrepreneuriale fondée sur l'innovation, représentative de ces licornes suédoises s'appuyant sur un fort savoir-faire technologique local pour créer un acteur du numérique d'envergure mondiale », fait valoir l'un des associés du fonds Nordic Capital, Fredrik Näslund, en référence sans doute à Spotify et à la Fintech à succès Klarna.

Ingenico a également annoncé ce jeudi un chiffre d'affaires de 1,22 milliard d'euros au premier semestre (+8% et +5% en données comparables) et un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 244 millions d'euros. Le groupe français a souligné que son ratio d'endettement resterait inférieur à trois fois l'Ebitda, ce qui lui laissera la flexibilité nécessaire pour réaliser d'autres acquisitions.

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