L'euro vingtenaire, une réussite imparfaite

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(Crédits : BCE)
La monnaie unique, créée officiellement le 1er janvier 1999, a joué son rôle de bouclier anti-crise monétaire et de stabilisation des prix. Mais la convergence insuffisante des économies de la zone révèle la fragilité d’une construction incomplète : manquent notamment un budget de la zone euro et une véritable union bancaire et des marchés de capitaux.

L'euro a vingt ans et c'est un survivant. On lui a prédit maintes fois sa perte, son échec, son explosion, à la naissance, lors de la crise financière, puis de la crise de la dette souveraine. « L'euro passera-t-il 2012 ? » se demandait il y a sept ans notre spécialiste des changes, Isabelle Croizard. À l'occasion des dix ans de l'euro fiduciaire, celui des pièces et des billets mis en circulation, elle relevait que la monnaie unique avait remarquablement joué son rôle de « bouclier en acier trempé contre la crise financière », épargnant « aux protagonistes de la zone euro des tempêtes monétaires dévastatrices dont ils avaient été coutumiers avant sa création ».

Stabilité et prospérité sont les deux avantages mis en avant par la Banque centrale européenne (BCE) qui célèbre ce 1er janvier 2019 les 20 ans de l'euro financier, la fixation des taux de change des onze États ayant participé à sa création. Si la stabilité est rarement contestée, la prospérité créée par l'euro n'est pas toujours perçue par les populations.

1. C'est une monnaie populaire

La monnaie commune a grandi, elle est utilisée quotidiennement par 340 millions d'Européens dans 19 pays, et malgré les critiques de souverainistes, elle est incroyablement populaire : selon les résultats du sondage Eurobaromètre réalisé en octobre 2018 et publié en novembre, 74% des habitants de la zone euro estiment que la monnaie unique est une bonne chose pour l'Europe, le plus haut niveau enregistré depuis 2004. Ils sont 64% à considérer que l'euro est bon pour leur pays, un record historique, et 25% à penser au contraire qu'il joue un rôle négatif. En France, le pourcentage est un peu plus bas, à 59%, et a reculé par rapport à l'an dernier. C'est l'un des pays, avec l'Italie, où certains l'accusent des difficultés économiques, bien plus souvent liées au manque de compétitivité industrielle. C'est en Irlande (85% pensent que l'euro est bon pour leur pays), au Luxembourg (80%) et en Autriche (76%) que le soutien à l'euro est le plus fort.

2. La stabilité des prix assurée

En dépit de la perception d'une hausse des prix provoquée par l'introduction de l'euro, la réussite de la monnaie unique est d'avoir empêché le retour de l'inflation pesant sur le pouvoir d'achat des ménages. Depuis le 1er janvier 1999, l'inflation annuelle s'est élevée en moyenne à 1,7%, « soit un niveau inférieur aux taux d'inflation moyens enregistrés, au cours des années 1970, 1980 et 1990, dans les différents pays de la zone euro avant leur adhésion », souligne la BCE.

« L'euro était une conséquence logique et nécessaire du marché unique. Il facilite les déplacements, le commerce et les transactions dans la zone euro et au-delà. Vingt ans après sa création, une génération entière d'Européens n'a jamais connu d'autre monnaie nationale », a commenté Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, dans un communiqué  publié le 31 décembre par la Commission.

« Pendant toute cette période, la BCE a rempli sa mission principale: maintenir la stabilité des prix. Mais nous contribuons aussi au bien-être des citoyens de la zone euro en concevant des billets de banque innovants et sûrs, en promouvant la sécurité des systèmes de paiement, en surveillant les établissements bancaires pour garantir leur résilience et en veillant à la stabilité financière dans la zone euro. »

3. La prospérité en mal de convergence

L'euro a-t-il soutenu la croissance économique de la zone ou l'a-t-il freinée du fait des fameux critères de Maastricht si contraignants ? Le sujet fait débat et pourtant le fait d'avoir mis un terme aux risques de dévaluations compétitives constitue déjà un acquis indéniable. La BCE fait valoir de son côté que le produit intérieur brut (PIB) par habitant de l'Union européenne serait « aujourd'hui probablement inférieur de 20% si aucune intégration n'avait été accomplie depuis la Deuxième Guerre mondiale » et que la zone euro se classe au deuxième rang des principales économies mondiales en termes de PIB par habitant. Cependant, les écarts de PIB par habitant se sont creusés entre les pays, notamment entre l'Allemagne et la France ou l'Italie : ce sont les Luxembourgeois qui ont le niveau de vie le plus élevé, en unité de Standard de pouvoir d'achat selon Eurostat, les Allemands étant au sixième rang, les Français au onzième, les Italiens au douzième. Les seules règles d'orthodoxie budgétaire n'ont pas permis de faire converger des économies aux situations industrielles bien différentes.

Si le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a affirmé que « l'euro a apporté prospérité et protection à nos citoyens », le président du Parlement européen, l'italien Antonio Tajani, a souligné les efforts encore nécessaires.

« Afin que les Européens puissent tirer pleinement parti des emplois, de la croissance et de la solidarité que la monnaie unique devrait apporter, nous devons parachever notre Union économique et monétaire grâce à une véritable union financière, budgétaire et politique. Cela permettra aussi à l'Europe de mieux protéger ses citoyens contre d'éventuelles crises futures » a fait valoir l'eurodéputé (membre du Parti Populaire Européen et fondateur de Forza Italia).

4. Une construction incomplète

La principale faiblesse de la monnaie unique réside sans conteste dans sa construction incomplète, même si elle représentait déjà une révolution de la part d'États acceptants à renoncer ensemble à leur souveraineté monétaire. Les différents responsables européens en conviennent : il faut achever l'Union économique et monétaire, ce qui passe par le parachèvement de l'Union bancaire et des marchés de capitaux, mais aussi la création d'une véritable solidarité budgétaire, autrement dit un budget de la zone euro, projet ardemment défendu par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et par Emmanuel Macron, qui a obtenu un soutien assez tiède d'Angela Merkel.

Le projet est défendu également à gauche, notamment par les eurodéputés socialistes et radicaux français.

« Cette monnaie est incomplète, car ses parents, eux-mêmes en pleine crise financière, se sont trop chamaillés autour de son adolescence sans parvenir jusqu'ici à lui laisser l'autonomie dont elle avait besoin, à la doter du budget nécessaire pour absorber les chocs économiques. Elle n'a toujours pas le droit de penser l'espace économique de la zone euro comme un espace intégré, elle n'a toujours pas le droit de parler à table lors des échanges internationaux. C'est pourquoi nous devons pour son anniversaire commencer par offrir à l'Euro et aux citoyens un Mécanisme européen de stabilisation des investissements à la hauteur » plaide ainsi la délégation socialiste et radicale française.

Le rapport de l'eurodéputée Pervenche Bérès soutient ainsi la création d'un Mécanisme européen de stabilisation des investissements, défendue par la Commission (une aide financière sous forme de prêts à un État membre en difficulté, garantis par le budget de l'UE), mais en y incluant un volet « d'indemnisation du chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.»

5. Une monnaie pas assez internationale

Dans son discours sur l'état de l'Union en septembre 2018, Jean-Claude Juncker, avait déclaré qu'« il faut faire plus pour permettre à la monnaie unique de tenir pleinement son rôle sur la scène internationale ». Certes, l'euro est désormais la deuxième monnaie la plus utilisée dans le monde avec 60 pays ayant lié leur monnaie à l'euro d'une manière ou d'une autre. Mais son poids sur le marché des changes a diminué, selon les statistiques (remontant à 2016) de la Banque des Règlements internationaux.

Si la zone euro pèse 12% du PIB mondial, 36% des transactions internationales réalisées dans le monde ont été facturées ou réglées en monnaie unique l'an dernier. L'euro ne représente que 20% des réserves internationales des banques centrales étrangères, très loin derrière le dollar (60%), même si aucune autre devise ne dépasse les 5%. Après la crise de la dette souveraine, les banques centrales ont eu tendance à diversifier leurs monnaies de réserves, en particulier dans les pays émergents.

 Pour renforcer le rôle international de l'euro, la Commission a dévoilé début décembre une consultation publique et une série de mesures visant notamment à inciter les acteurs de certains secteurs stratégiques comme l'énergie à traiter en euros, alors que 85% de la facture énergétique de l'UE est facturée en dollars. Elle va aussi sonder les parties prenantes pour voir comment accroître l'usage de l'euro pour le trading de matières premières (agricoles, métaux et minéraux) ainsi que dans le secteur des transports (constructeurs d'avions, de trains et de navires), ou encore sur les marchés financiers.

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a écrit le 05/01/2019 à 17:31 :
L'euro n'est qu'une monnaie administrative qui ne repose sur rien, si ce n'est sur un dogme qui réclame ses réformes, c'est la même chose que l'UE de Bruxelles!
a écrit le 03/01/2019 à 18:10 :
L'euro, c'est le mark maquillé . Les allemands ont gagné . Le reste de l'ue = leur hinterland .
a écrit le 03/01/2019 à 16:37 :
@bruno-bd 20.15 L' euro a ruiné la compétitivité de la France, le Fmi le dit, le prix nobel d' économie Stiglitz le dit, l' Upr le dit qui possède avec V. Brousseau LE spécialiste quasi incontesté de l' euro et vous pensez le contraire avec zéro argument ; n' en faites vous pas des caisses en tenancier de positions intenables et non étayées sur le forum ?
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/07/28/20002-20170728ARTFIG00249-l-euro-est-trop-fort-de-68-pour-la-france-et-trop-faible-de-18-pour-l-allemagne-selon-le-fmi.php
Réponse de le 03/01/2019 à 19:58 :
Toujours le faute des autres l'euro inclus.
Réponse de le 07/01/2019 à 20:30 :
Ce sont les 35 heures et non l'€ qui ont ruiné la compétitivité française. La preuve en est que le retour dans le rouge du commerce extérieur français date exactement de l'instauration de cette mesure. Stiglitz est un contempteur pavlovien de l'UE, il n'est pas le seul Nobel à dérailler gravement. Désolé donc de ne pas accorder la moindre importance à son babil , pas plus qu'à celui de votre gourou. J'ai personnellement un reproche à faire à l'€, les taux d'intérêt beaucoup trop faibles qu'il permet a permis aux états paniers percés qu'était naguère la Grèce et qu'est encore la France de financer leurs déficits publics et sociaux à trop bon compte (bien que l'encourt de la dette ait quasiment triplé depuis 1999, la charge de la dette n'est pas plus lourde qu'à l'époque). Ce qui ne serait pas trop grave si ça avait financé de l'investissement des opérateurs publics et privés français. Le problème est que ça finance des dépenses courantes qui devraient être couvertes par des recettes courantes... ou être réduites.
a écrit le 03/01/2019 à 13:41 :
La présomption est que les dirigeants européens doivent finalement accepter une certaine forme d’union fiscale, mais celle-ci se heurte à l’obstacle fondamental de la démocratie. Un tel système éviscérerait les prérogatives fiscales et budgétaires des parlements élus, oubliant les leçons de la guerre civile anglaise et de la Révolution américaine.

Elle ne peut conserver sa légitimité démocratique que si l’UE s’achemine entièrement vers une union fédérale supranationale semblable à celle des États-Unis, et pour cela, il n’y a pas le moindre soutien populaire dans aucun grand pays.

La conclusion inéluctable est qu’une union monétaire d’États souverains sur le plan budgétaire ne peut et ne doit pas être mise en œuvre. L’euro est une anomalie constitutionnelle. Il faut donc le démanteler.
https://www.soverain.fr/leuro-a-echoue-menace-la-democratie-et-devrait-etre-aboli/?fbclid=IwAR27e_orEjCSn-pNc_UB7053E3u1-k482g5GXB5XPY6HTiGidXjhFev7FUw
out le reste n’est que tromperie.
a écrit le 03/01/2019 à 13:08 :
Jamais les français n'accepteront d'abandonner l'euro pour faire plaisir à une poignée de nostalgiques.
a écrit le 03/01/2019 à 11:19 :
"Pourquoi l'euro est l'instrument de la domination allemande" http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/07/17/31002-20150717ARTFIG00121-pour-que-l-allemagne-sorte-de-l-euro.php

CQFD

Vite un frexit.
a écrit le 03/01/2019 à 8:25 :
L'euro a vint ans et est un beau ratage. Il n'a pas tenu ses promesses :
on nous promettait 10 ans de surcroissance > nada
on nous promettait que cela n'impacterait pas les prix > nada ( il n'y a qu'a voie le prix d 'un parpaing / bloc de construction ou celui du kg de tomates en fr et en euro )
on nous promettait que ce n'était qu'unemonnaie et que cela ne changerait pas la politique de chaque pays> foutaise
on nous promettait que cette monnaie serait à l'égal du dollar > foutaise
Par contre cette monnaie est manifestement taillée sur mesure pour l'allemagne et grand bien leur fasse ( et grand mal pour nous ! )
a écrit le 02/01/2019 à 18:21 :
l'euro est en fait un euro-deutschemark car sa valeur est fixée par l'économie dominante d'une zone de libre échange qui n'a aucune politique commune. Une monnaie unique pour une Allemagne qui a un excédent commercial de 150 milliards/an et une France qui a un déficit de 50 milliards/an est un non sens économique. Le serpent monétaire précédent était cohérent et fonctionnait (l'économie française prospérait). Les français aiment l'euro car ils ne comprennent pas qu'il est responsable de la désindustrialisation,
du chômage et du déficit commercial.
Réponse de le 02/01/2019 à 20:06 :
La France prosppérait... au prix d'une dévaluation tous les deux ou trois ans qui consistait à reprendre en douce aux français 2 à 3% de leurs revenus ou patrimoines exprimés dans la monnaie de singe qu'était le franc à cette époque. Bref, le pouvoir jouait sur du velours grâce à la profonde incompréhension de la chose économique par les français. Car oui, par la dévaluation, on reprenait de l'autre main les avantages salariaux ou sociaux qu'on leur avait accordé d'une main (non seulement ça faisait une baisse de salaire réel, mais en plus ça réduisait la valeur de leur patrimoine). Essayez d'obtenir le même résultat (la baisse des salaires réels) en jouant juste sur les revenus au lieu de le faire de façon hypocrite par la dévaluation. Aujourd'hui on estime que les coûts salariaux sont environ 20% trop élevés en France....
Réponse de le 03/01/2019 à 17:32 :
une dévaluation est un ajustement sain qui réduit les importations (moins de pouvoir d'achat) et augmente la compétitivité donc les exportations pour équilibrer la balance commerciale. Inversement, un gros exportateur (Allemagne) voit sa monnaie s'évaluer ce qui limite les exportations et augmente les importations (plus de pouvoir d'achat). L'euro a supprimé ce mécanisme de régulation du déficit commercial et la France s'endette. Le réveil sera très dur quand les taux augmenteront, grâce à la Fed.
a écrit le 02/01/2019 à 14:27 :
L’euro est voué à exploser comme toutes les monnaies plurinationales du monde dans l’histoire.
La zone euro n’est pas ce que les économistes appellent une « zone monétaire optimale ».
En effet, pour que l’euro fonctionne, il faudrait au choix deux conditions insolubles :

Que les Grecs, les Allemands, les Espagnols ou les Français aient jusqu’à la fin des temps la même évolution de productivité et la même inflation. En d’autres termes, il faudrait que les Grecs se transforment en Allemands…
Que l’Allemagne accepte de verser 8 % à 10 % de son PIB vers les pays du sud de l’Europe, soit entre 220 et 232 milliards d’euros par an. Cela n’arrivera jamais car politiquement les Allemands ne voudront pas payer et économiquement ce serait un suicide. Rappelons en effet que les réparations de guerre exigées à l’Allemagne après la Première Guerre mondiale dans le cadre du traité de Versailles représentaient 2,4 % de son PIB d’après l’historien Niall Ferguson.
https://www.upr.fr/pourquoi-euro-est-condamne/
Ca n' est plus qu' une question de temps..
Réponse de le 02/01/2019 à 20:15 :
"L’euro est voué à exploser comme toutes les monnaies plurinationales du monde dans l’histoire."
A l'image du $, sans doute. Il y a bien moins de disparités entre les pays européens qu'entre les états des Etats Unis.
Et d'ailleurs l'€ convient aussi bien à des pays aussi différents économiquement que l'Allemagne, les Pays Bas, la Slovaquie, la Slovénie ou les états Baltes.
Il y a un pays qui est vraiment très inquiétant dans la zone €, qui en 2019 aura la dette publique la plus forte de toute la zone, ce pays, c'est malheureusement la France (devant l'Italie). Et qui ne donne pas le moindre signe d'une possible amélioration.
a écrit le 02/01/2019 à 12:02 :
Comme monnaie l'euro a parfaitement rempli son rôle. Il a parfaitement accompagné la libre circulation des personnes et des produits.

Malheureusement nous nous sommes arrêté au milieu du gué.

Il est temps d'harmoniser les impôts en commençant par une moyenne avec comme pour l'euro un % de déviation (système monétaire européen) puis une harmonisation complète.
Réponse de le 02/01/2019 à 20:22 :
Ce n'est malheureusement pas possible en raison du niveau délirant de la dépense publique et sociale dans certains pays au premier rang desquels le nôtre. La moyenne du taux de prélèvement obligatoire est de 41,4% dans la zone € et de 48,4% en France. Autrement dit un alignement de la France sur la moyenne de la zone € ferait diminuer le taux de PO de la France de 7 points soit une diminution de dépenses publiques et sociales de 150 à 200 milliards par an.
a écrit le 02/01/2019 à 11:50 :
La faiblesse de l'Euro, c'est notre incapacité à respecter les critères de Maastricht, agréés, et mis en place pour assurer une certaine cohérence budgétaire entre les pays européens. Les taux d'intérêts trop bas, sont directement liés aux dettes publiques: nul besoin de chercher d'autres causes; delà découlent les prix excessifs de l'immobilier. Les autres composantes du pouvoir d'achat, hors énergie non maitrisable si ce n'est grâce au nucléaire (et certains renouvelables à la marge), sont à la baisse, notamment l'alimentation. Réglons courageusement notre problème de déficit, et tout ira mieux, laissons le dériver et c'est la révolution. Et par pitié, cessons de parler "investissements"dans la sphère publique: si nos politiques savaient investir, nous serions tous milliardaires! Investir n'est pas dépenser!
Réponse de le 02/01/2019 à 14:32 :
L' euro est une monnaie inadaptée à la compétitivité des pays du sud et notoirement de la FRANCE et il est aujourd' hui vital pour notre économie de s' en détacher. Mais l' opération est impossible sans passer par un Frexit préalable, pourquoi ..?
Comment va se produire, très concrètement, la sortie de l’UE et de l’euro par l’article 50 du T.U.E. (traité de l’Union européenne) et de l’OTAN par l’article 13 du T.A.N. (traité de l’Atlantique nord), sorties que nous sommes les seuls à proposer ?
https://www.upr.fr/conferences/le-jour-dapres-la-sortie-de-lunion-europeenne-fin-du-monde-ou-liberation/
Cette conférence est sans aucun équivalent sur la scène politique française.
a écrit le 02/01/2019 à 11:03 :
Que deviendra l'euro sans le franc CFA des africains?
a écrit le 02/01/2019 à 10:55 :
Votre remarque est judicieuse: le Luxembourg a le niveau de vie le plus élevé, sauf que ce pays est minuscule ,a très peu d’infrastructures pas d’armée , in fine est un paradis fiscal au cœur de l’Europe. CQFD
Bonne année
a écrit le 02/01/2019 à 9:34 :
..ou, pour mieux dire, une non-réussite. Vivement, la fin de ce désastre.
a écrit le 02/01/2019 à 3:22 :
L'Euro a ete une calamite . Du jour au lendemain, tout a ete multiplie par plus de 6.
La baguette qui valait un franc, passe aussi sec a 6, 556 Euros.
Adieu vieille Europe, que le diable t'emporte.(Crabe tambour)
Réponse de le 02/01/2019 à 8:43 :
Je ne sais pas où vous trouviez une baguette à 1F (ou à un franc suisse peut être ?) à la veille du passage à l'€. On était plutôt, en dehors des grandes surfaces, aux alentours de 4,50 à 5F. Et le pire c'est que les gens sont polarisés sur la baguette alors qu'une autre hausse, bien plus douloureuse pour le portefeuille, est passée beaucoup plus inaperçue, c'est celle de l'immobilier ; les prix ont littéralement explosé lors du passage à l'€ sans que l'€ en soit directement responsable :
-parce que la hiérarchie des prix s'est trouvée écrasée par l'€ (un logement à 1 million de F paraît beaucoup plus cher qu'un logement à 150000€)
-parce que le marché est toujours sous-offreur là où il y a de l'emploi
-parce que l'€ a permis des taux d'intérêt sur le crédit immobilier extrêmement faible, solvabilisant les emprunteurs donc dopant la demande.
Réponse de le 02/01/2019 à 10:33 :
@matins calmes
Mieux vaut des matins calmes pour lire les commentaires totalement à coté de la plaque, tel que le votre.
a écrit le 01/01/2019 à 20:00 :
L euro est une catastrophe pour la France cela engendre un déficit commercial chronique qui détruit petit à petit l économie française
Réponse de le 02/01/2019 à 8:46 :
Non, c'est la compétitivité-prix de la France qui est en cause. On ne peut pas sen sortir en produisant des produits de qualité espagnole avec des coûts salariaux supérieurs à ceux de l'Allemagne, d'autant plus qu'on est sous-robotisés (donc un appareil productif vieillissant) par rapport à l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
Réponse de le 02/01/2019 à 11:22 :
c'est la monaie qui doit s'adapter a l'économie et non pas l'inverse c'est un principe de base
si non vous créé u désécilibre nuisible a l économie francaise
a écrit le 01/01/2019 à 14:17 :
Le probleme pour la France n'est pas l'economie allemande (quel un jalousie eternel des francais au regards des allemands!), mais la France meme. l'Economie francais n'ete pas prete pour participer l'introduction de l'euro donc le gouvernement de l'epoce lui a volee la caisse de l'etat pour le financement des retraits et avec sa ils ont equilibre les accomptes pour mis en jour les criteres financiers pour participer l'euro. Donc a partir de jour 1 de l'euro la France avait triche les pactes et traites signees entre les membres de UE.
Vite un frexit et par consequence le prix tous vous importations vont augmenter 20%, et tous vous valeures, salaires, pensions, retraites etc vont deminuer 20%. Bon courage.
a écrit le 01/01/2019 à 13:34 :
Une monnaie qui a été faite a la base pour enchainer l'Allemagne a l'Europe mais malheureusement on s'est fait avoir. Cette monnaie n'est pas adaptée pour les économies périphériques comme la France, Italie,Espagne, Belgique etc. Le système ne tiendra pas éternellement. Les déséquilibres sont profonds au profit de l'Allemagne. L'absence d'effort de leur part causera l'explosion de l'union et de l'Europe. Responsables de deux guerres mondiales mais également de l'explosion économique de l'Europe prochainement.
Réponse de le 02/01/2019 à 8:48 :
L'€ convient très bien à la Belgique qui a une balance commerciale excédentaire.
a écrit le 01/01/2019 à 12:37 :
Pour moi, l'Euro c'est un raté parfait!
a écrit le 01/01/2019 à 10:36 :
EU, imparfaite et lente, mais elle avance !
20/12 L’Europe intensifie son action à l’encontre des transferts de technologies forcés vers la Chine
http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-6882_fr.htm
30/12 Les nouvelles règles de l'UE visant à éliminer les principales lacunes exploitées dans le cadre de l'évasion fiscale des entreprises entrent en vigueur le 1er janvier
http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-6853_fr.htm?locale=FR
a écrit le 01/01/2019 à 10:22 :
Bonjour,

On sent toute l'idéologie européiste dans cet article.

L'euro a provoqué exactement le contraire de ce qui avait été vendu.

L'euro a baissé d'au moins 30% face au dollar, à l'intérieur de la zone euro, les divergences ne cessent de se creuser entre les pays du nord, surtout l'Allemagne qui accumulent tous les excédents.

Forcément avec une monnaie sous évaluée pour elle d'au moins 20%, elle a décimé les industries des pays voisins : France, Espagne, Portugal, ...

Vu que le taux de change est fixe entre les pays de la zone euro, les seuls ajustements pour améliorer la compétitivité sont la dévaluation interne et la montée en gamme (forcément longue à mettre en place).

La dévaluation interne consiste à baisser le niveau de vie pour baisser le prix des produits et des services.

Ajouté à cela, le totem de la concurrence libre fait que les économies de la zone euro se livrent une concurrence acharnée, il n'y a aucun moyen de se protéger à l'intérieur de la zone euro. Donc l'agriculture espagnole peut exporter ses produits en France, dévastateurs pour la planète qui repose sur des travailleurs clandestins (andalousie, tomates, ..), sans que l'on ait rien à redire. Alors que l'on va imposer des taxes aux USAs, à la Chine, pour des raisons bien moins sérieuses.

La zone Euro va éclater, aucun système qui diverge ne peut tenir.
Réponse de le 02/01/2019 à 8:56 :
Bien approximatif tout ça... 1€ = 1,15$, c'est quasiment (à 1% près) le cours à la création de l'€ il y a 20 ans... Certes en 20 ans il a évolué massivement (entre 0,82$ et 1,5$, quasi du simple au double). Et par ailleurs ce n'est pas une monnaie trop faible mais trop forte qui pénalise les économies à la compétitivité chancelante comme la France, surtout parce que, contrairement à ce qu'a fait Rajoy en Espagne, on se refuse à pratiquer la dévaluation interne (=baisse des salaires et des prestations), seule à même de redresser la compétitivité.
Réponse de le 02/01/2019 à 15:40 :
@bruno_bd
L'Espagne n'ira pas bien loin, elle a flingué ses emplois cadres et les formations ne suivent plus.
La France ne doit pas baisser ses salaires, qui boostent la consommation, ce qui profite aux services, au manufacturier et au commerce de détail. L'hexagone doit continuer à se moderniser, et à monter en gamme (R&D, coopérations public-privé, hub, incubateurs, accélérateurs, financement de l'amorçage, Etc.) pour monter les biens en correspondance des salaires. 2019, c'est le démarrage pour l'électronique et les Deep Tech.
Toujours plus de hautes technologies avec des services logiciels qui matchent bien, c'est la solution !
L'export va aussi commencer à accélérer. L'IS va encore baisser pour les PME et l'industrialisation devra être moins taxée.
Patience !
Réponse de le 02/01/2019 à 21:05 :
@Alain_d
Je ne crois pas que l'initiative et la dépense publique dans ces machins soient en mesure de moderniser la France. Seul l'investissement privé est capable de le faire ; il faut un encouragement massif à l'actionnariat privé. Par exemple en permettant de déduire directement du revenu imposable 75% de l'investissement en actions et de 100% si investissement en capital risque.
Réponse de le 03/01/2019 à 9:24 :
@bruno_bd
Vous en êtes encore aux croyances, donc dans l'idéologie !
Il ne s'agit pas de croire, il suffit de constater et d’agir avec les leviers capables au jour J.
Evidement la dette publique pèse gravement dans l’économie et il y a encore beaucoup d’efforts à réaliser pour l’investissement privé et la production.
Mais l'industrie française a globalement commencé à se stabiliser en 2015, et certains secteurs, dès lors, sont repartis positivement.
Ca c’est une réalité. C’est aussi cette année que la France à arrêter de perdre des parts de marché et que les défaillances d’entreprises se sont calmées et que l’industrie a commencer à refaire du chiffre.
La croissance mondiale a joué, mais très peu, par rapport à l’Allemagne, puisque nos PME sont peu nombreuses à exporter, et qu’on est toujours très tributaire de nos importations de matières premières, dont les hydrocarbures et les minerais.
Qu’est ce qui a changé ?
Le fait que la France devienne plus dynamique dans les services et les biens !
Ont pesé principalement les différents plans :
Les PIA successifs (PIA3, mars 2015), la NFI (fin 2013) suite au rapport Gallois (nov. 2012), les 34 plans stratégiques, comme 32ème (Robotique) et 34ème (Usine du Futur), remaniés et transformés en 9 plans industriels.
Avec les 7 grandes priorités (Digitalisation, virtualisation et IoT; Place de l’homme dans l’usine, cobotique, réalité augmentée ; Fabrication additive (impression 3D) ; Monitoring et contrôle ; Composites, nouveaux matériaux et assemblage ; Automatique et robotique ; Efficacité énergétique.).
Et les 47 objectifs technologiques (comme nanotechnologies, récupération de chaleur, métaomique, supercalculateurs, ingénierie génomique, etc.)
C’est surtout ces programmes du futur qui ont fédéré des entreprises de toutes tailles et ont créé une véritable dynamique, aussi en attirant les investissements privés.
Si les gouvernements successifs font les bons choix, cette dynamique ne s’arrêtera plus, crise ou pas crise.
Sur ceci de nombreux programmes et actions s’était greffés, ou avaient été améliorés :
Robot Start PME, France Brevets et le Fond Souverain de la Propriété Intellectuelle (FSPI), Alliance Industrie du Futur (AIF), le Suramortissement, 1er projet de l’Industrie du Futur et 1ère Conférence numérique franco-allemande (nov. 2015), Allègement fiscal pour les PME intéressées par l’acquisition d’équipements de fabrication additive, Créative Industry, Factory Lab, Pole de Compététivité Route des Lasers, Programme 3D Start PME, France Brevets qui passe du licensing à la rémunération au forfait,
Initiative pour la fabrication additive (impression 3D), French Lab, etc.
Evidement le CICE à fortement pesé, les entreprises ayant fait des choix divers, chaque année, pour l’utilisation de ce CICE : augmentation de salaires, régler les crédits et retrouver du cash, invertir en modernisation, R&D, commercial, ou en acquisition, baisse du cout du travail, prix plus concurrentiels, etc.
Peu importe, les impacts du CICE sont bien difficiles à estimer parce qu’ils sont divers, pour chaque entreprise, et ceci chaque année.
Les accélérations de Bpifrance-CDC, Business France, des douanes (reforme), des ambassades, des CCI, des Pôles, etc. on fortement pesé dans la balance.
Evidement d’autres choix auraient pu être faits, mais il faut reconnaitre qu’avant le Rapport Gallois (2012), rien n’avait été bien fait !
Après avoir été lapidé, le Suramortissement va être réactivé pour les PME.
https://www.symop.com/13052/
Dommage que les députés aient tué, mi-décembre, l’extension de la mesure pour l’investissement numérique dans les agroéquipements. Tout va vient du coté des agriculteurs et du monde rural, les évènements récents le prouvent ? Des ânes ces députés sur leur piédestal !
IS va continuer à diminuer pour les PME, enclenché début 2017. Les mesures pour les PME auraient du être accélérées, elles ont été repoussées, et avec la crise de croissance des gilets jaunes, les PME vont encore perdre 3 milliards si j’ai bien suivi. Restera à diminuer le cout de l’industrialisation, pour encore accélérer les ré-industrialisations.
Je dois couper, déjà en excès de temps imparti, dommage
Réponse de le 03/01/2019 à 11:28 :
Bruno bd
Nous n’avons pas la même notion de l'investissement. Je pense qu'il faut avant tout donner des marges, notamment aux ME, TPE-PME et petites ETI, pour qu'elles soit plus fortes et que leurs parts d'autofinancement augmentent plutôt que d'aller racoler de la finance ou des investissements externes.
Pour que les PME maitrisent leurs destinées, elles doivent faire plus de marges pour investir toujours plus dans la recherche, l'innovation, l'exploratoire, la modernisation, l'analyse des marchés potentiels, la protection des données, la communication et les sites web dédiés aux produits et services et à l'information sur les activités et orientations de l'entreprise.
Je ne suis pas opposé à la finance ou aux investissements étrangers, mais l'entreprise doit garder le contrôle de ses choix, et pour cela il faut qu'elle ait des marges suffisantes pour ne pas se mettre dans le rouge et avoir la capacité d'amortir les crises sectorielles ou autres.
La crise de 2008 a mise au grand jour les retards français dans la digitalisation, la modernisation, la recherche, le management et la sécurisation, notamment chez les plus petites entreprises. L'autre problème de certaines de nos PME est aussi manque d'agressivité, une forme d'attentisme, et un manque de collaborations extérieures. La claque 2008 a été violente.
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L'investissement entrant a un effet néfaste, il masque souvent les problèmes, un peu comme une aspirine. Vous faite du sport, vous avez mal, vous prenez un aspirine, et le problème reste, il est juste masqué.
L'autofinancement implique une dynamique certaine et oblige à traiter les failles ou insuffisances.
Pas besoin d'aller racoler des investissements étrangers, rendons nos entreprises plus fortes et exportatrices, et les investissements étrangers viendront se bousculeront aux portes de nos PME.
Le problème, c'est bien les PME qui galèrent pour obtenir prêts et crédits, par pour nos GE qui sont bien capitalisées, et qui généralement non pas de problèmes de trésorerie, ni de problèmes pour obtenir du cash de la part des grandes banques internationales.
Evidement, en toile de fond, c'est bien le problème des sans-emplois qu'il faut résoudre, chômeurs ou pas. Et la meilleure méthode est bien de dynamiser nos ME pour qu'elles deviennent TPE, nos TPE pour qu'elles deviennent PME, et nos PME pour quelles deviennent ETI.
Fini les emplois aidés, vive les emplois productifs, un maximum d'emplois productifs.
Transformation longue et douloureuse, certainement !
Surtout aussi parce que l'économie et l'industrie ont totalement changé d'apparence. On cause maintenant Startups, IA, IoT, renouvelables et CO2, protection des pépites, langage pas vraiment à la mode en 2007 ?
Et ce n'est pas la finance et le monde du capital qui va booster le ME et TPE, ni réorienter nos industries. Il faut donc que la nation, les régions, les communes, la presse technique, l'enseignement, les formations, les centres de recherches et les universités impulsent et fassent le job pour que la France opère ces virages technologiques sans tarder.
Une chance, la France avait prise du retard dans l’ancien monde, elle peut transiter d’un coup vers le nouveau monde en effaçant ses années d’errances et de non choix.
Il est juste dommage de constater que beaucoup d'acteurs politiques de la France, direct ou indirects (dont les médias), continuent leur politique politicienne, plutôt que de discuter et coopérer pour tenter d'avancer plus vite. Et on n’est pas vraiment aidés par tous ces trolls et ces accidentés de la tétine, qui surenchérissent dans les fakes news ou la haine contre productive.
Réponse de le 07/01/2019 à 20:52 :
@Marco1 Alain D : Je crois que ce qui a amené un léger mieux à partir de 2015 a été le CICE et son corollaire pacte de compétitivité, certes encore 3 à 4 fois trop modeste pour combler le différentiel de prélèvement sur les entreprises par rapport en Allemagne mais quand même un pas dans la bonne direction d'une politique de l'offre, plutôt que les machins du type pôle de compétitivité et autres PIA. Le suramortissement est aussi une bonne mesure malheureusement conjoncturelle, il faut aller vers des baisses pérennes des prélèvements sur les entreprises.

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