L'ex-patron de Lehman Brothers dénonce une "banqueroute forcée", sept ans après la crise

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Richard Fuld, ici en octobre 2008, encadré par des manifestants (honte, cupidité lit-on sur leurs pancartes), alors qu'il va témoigner devant le Comité de surveillance de l'action gouvernementale de la Chambre des représentants à Washington.
Richard Fuld, ici en octobre 2008, encadré par des manifestants ("honte", "cupidité" lit-on sur leurs pancartes), alors qu'il va témoigner devant le Comité de surveillance de l'action gouvernementale de la Chambre des représentants à Washington. (Crédits : REUTERS/Jonathan Ernst/Files)
Étonnante réapparition que celle de Richard Fuld, sept ans après la retentissante fermeture de la banque, qui plus est, pour tenir une conférence où il affirme que Lehman Brothers n'était pas en faillite lors de la crise des subprimes de 2008. L'ancien banquier s'est attaché à dénoncer les responsables, selon lui, du "cataclysme", mais n'a admis aucune erreur de gestion pour sa part.

C'était sa première apparition en public depuis la crise financière de 2008, dont la faillite de Lehman Brothers a été le rebondissement le plus spectaculaire. Richard Fuld, l'ancien patron de la banque d'investissement multinationale, a déclaré, lors d'une conférence à New York jeudi 28 mai, avoir "toujours dit, et cela est prouvé maintenant, que Lehman Brothers n'était pas en faillite en septembre 2008".

Chemise blanche, teint hâlé, tempes blanchies, l'ex-dirigeant a dénoncé ce qui était pour lui une "banqueroute forcée" dans un discours dont une partie était retransmis sur la chaine d'informations financière américaine CNBC.

"Une des meilleures banques de Wall Street"

Durant cette intervention d'un peu plus d'une demi-heure, l'ancien banquier a mêlé nostalgie, humour et émotion. Il n'a en revanche guère reconnu d'erreurs ni exprimé de regrets. Il a ainsi assuré que Lehman Brothers était "une des meilleures banques de Wall Street", avec une culture de "réel succès".

"Quoi que vous puissiez entendre sur la gestion du risque chez Lehman, j'avais 27.000 gestionnaires de risque au sein de l'entreprise car ils possédaient tous une partie de l'entreprise", a-t-il dit en allusion à l'ensemble des employés de la banque à l'époque, qui en étaient tous actionnaires, selon lui.

Pourtant, Richard Fuld et Lehman Brothers ont été dépeints par les autorités américaines comme des symboles des errements de Wall Street ayant conduit à la plus grave crise financière depuis 1929. Pour rappel, Lehman Brothers avait été contrainte à la faillite le 15 septembre 2008, écrasée par le poids de son exposition aux crédits immobiliers à risque dits "subprime". A l'époque, elle était la quatrième banque américaine.

Une chute causée par un ensemble de facteurs

Richard Fuld a toutefois imputé les malheurs de sa banque à un ensemble d'acteurs extérieurs allant des spéculateurs de court terme aux autorités fédérales. Pour l'ancien banquier, "toutes les conditions étaient réunies pour déclencher un véritable cataclysme".

Il y a d'abord le "gouvernement [américain] qui voulait que tout le monde réalise sa perception du Rêve américain", c'est-à-dire devenir propriétaire d'un bien immobilier, a-t-il développé. Ensuite, l'abondance de liquidités et des taux d'intérêt à des niveaux très bas qui ont incité les banques à prêter de l'argent à des ménages insolvables sans se soucier des conséquences, a-t-il ajouté. Il a surtout laissé entendre que le principal facteur de la faillite de son établissement a été le gel soudain des liquidités entre grandes banques.

Ce retour sur la scène publique intervient alors que la presse américaine spécule sur le fait qu'il souhaite créer un fonds d'investissement. Il n'a lui-même donné aucune indication sur ses projets personnels. Il dirige désormais une petite entreprise baptisée Matrix Advisors, qu'il a qualifiée de banque d'affaires sage.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 31/05/2015 à 10:51 :
En voilà un scoop! il suffit de voir/lire les reportages sérieux de l'époque pour donner les mêmes raisons, dont l'accusation à son grand concurrent de l'époque d'avoir gelé ses liquidités à court terme et le rendre insolvable. Je reprends ces mêmes reportages et pose la question: le système financier et les autorités financières ont elles mis en place des mécanismes de contre mesures comme la détection anticipée de bulles spéculatives, responsabilisation de acteurs... Je laisse à chacun le soin de répondre.
a écrit le 29/05/2015 à 21:19 :
Cet homme devrait être en prison avec nombre de ses compères plutôt que d'avoir droit de parole dans la presse...
a écrit le 29/05/2015 à 15:55 :
Et puisqu'on parle de Forbes ces jours (femmes les plus puissants du monde oblige) un article récent parle que la situation économique en Russie s'améliore et qu’une résolution des problèmes devient de plus en plus possible. l'Ukraine, par contre, est au bord du gouffre et ne parvient pas à se stabiliser économiquement.
Intéressant que Richard Fuld fasse surface justement le moment où les prédictions économiques pour le dollar et les bulles boursières s'annoncent de plus en plus noires. Est-ce qu'on aura droit finalement au "Big Bang" du capitalisme ?
a écrit le 29/05/2015 à 15:04 :
A l'époque, de peur de devoir démembrer toutes les banques trop grosses, la maf.. heu les grands banquiers se sont retrouvés et ont décidé d'offrir au public un sacrifice pour justifier que l'aléa moral existait encore, les pions de Goldman Sachs ont donc choisi leur ennemi de toujours Lehman Brothers. La solution à la crise fût ensuite de créer des banques encore plus grosses en forçant les fusions. C'est comme résoudre une crise de dette par plus de dettes, ça n'a pas de sens, c'est pourtant ce qui se passe. Le cartel fait ensuite tout son possible pour éviter un retour de la séparation banque de dépôt banque d'investissement ce qui fait accoucher l'administration Obama d'un pavé indigeste dont il faudrait la moitié d'une vie pour arriver à le comprendre.
Il y a des banques qui se créent et qui font faillite tous les jours, le reste du monde est très différent de la France et de l'europe de l'ouest où on trouve les mêmes grandes banques depuis 1 siècle.
Mais à la base c'est qui le responsable si on ne devait n'en citer qu'un.. c'est Bill Clinton, il a libéralisé la finance comme jamais, en abattant toutes les règles prudentielles pour créer n'importe quel produit exotique en masse et créer des banques dites universelles sur le modèle français.
a écrit le 29/05/2015 à 9:53 :
Peu à peu la vérité remonte toujours...et l'on s'aperçoit que les faucons de BUSH, va t'en guerre contre Sadam HUSSEIN et ses "armes massives"sont aussi des" raiders" qui dans l'ombre travaillent pour l'autre banque major de Wall street Goldman Sachs .
PAULSON secrétaire d'Etat au Trésor de l'époque étair un ex de Goldman Sachs, DRAGHI actuel patron de la BCE aussi....En Italie le premier minsitre qui à imposé la cure d'austérité aussi....La pieuvre GS aurait elle fabriqué cette crise et pour quels intérêts ? L'histoire nous le dira un jour
a écrit le 29/05/2015 à 9:16 :
pathétique...
à peu près dans la même phrase ce brave monsieur explique que sa gestion était parfaite, la maîtrise des risques au top mais qu'il a fait une soit disant faillite forcée parce qu'il était en cessation de paiement !
en revanche révéler la vérité qui fait mal, c'est à dire que son "non sauvetage" a été piloté par GS et la FED (dont le patron n'est qu'un apôtre), ça bizarrement, il n'en parle pas ... trop d'intérêt à ne pas le faire ?
Réponse de le 29/05/2015 à 10:03 :
Si mes souvenirs sont exacts, il était en cessation de paiement à cause d'un prêt fait à Goldman Sachs qu'ils ne voulaient pas rembourser...
Réponse de le 29/05/2015 à 12:20 :
bonjour "Icitoyen" c'et unpeu plus cmplexe que cela, et cea à eu leu dans ce aue l'on nomme "a Chambre de compensations" Ce jour là les "credits default swaps" ont atteint un pic vertigineux et le Trésor sous la direction de Paulson ex de GS, à refusé de compenserle "trou"car GS à fai valoir des roits au recourement "anticipès" Une mise à mort orchestrée

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