C'est la plus forte hausse du CAC 40 ce mercredi matin : l'action du Crédit Agricole S.A. grimpe de plus de 4%, les investisseurs applaudissant les résultats annuels solides et supérieurs au consensus des analystes publiés ce matin par l'entité cotée du groupe bancaire mutualiste. "De la qualité et du style" résument les experts de Jefferies qui relèvent que les chiffres dépassent "dans toutes les divisions" et que la performance est bonne à la fois "sur le plan commercial et en termes d'efficacité", notamment le contrôle des coûts.
Le bénéfice net part du groupe de Crédit Agricole S.A. a bondi de 52,6% au quatrième trimestre à 904 millions d'euros hors éléments exceptionnels (d'une part, une charge de 161 millions d'ajustement des impôts différés en raison de la baisse du taux d'IS à partir de 2020 décidé dans la dernière loi de finances, d'autre part une dépréciation de 491 millions de l'écart d'acquisition de LCL).
Sur l'année, le résultat net atteint 3,1 milliards, en hausse de 22,8%, hors éléments non récurrents, essentiellement la plus-value sur la cession des titres Visa Europe et celle sur l'opération de simplification du capital Eurêka : les 39 caisses régionales ont racheté la part de 25% que CASA détenait dans leur capital, une opération à 18 milliards d'euros. Des éléments rendant les résultats difficilement comparables en données publiées.
[Résultats 2016 hors activités hors métiers]
Le directeur général de Crédit Agricole SA Philippe Brassac s'est montré rassurant sur la situation de la filiale LCL, dont la valeur a été partiellement dépréciée dans les comptes (l'écart d'acquisition restant de l'ex-Crédit Lyonnais racheté pour 19,5 milliards d'euros en 2003 est désormais de 4,8 milliards), mais qui a résisté dans un environnement de taux ultra-bas qui pince les marges d'intérêt.
Il s'est félicité d'avoir vu LCL augmenter ses encours de 4,8% sur un an pour les crédits à l'habitat et de 15,3% pour les dépôts à vue. "LCL a maintenu son agressivité commerciale et prend des parts de marché" a fait valoir Philippe Brassac. Alors que la fréquentation des agences bancaires baisse, LCL a prévu de fermer 250 agences sur les 1.900 de son réseau pour les regrouper en zones urbaines. La banque va aussi supprimer entre 750 et 850 postes d'ici à 2018, au siège et en back-office.
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Le directeur général de CASA en a profité pour dresser un premier bilan du plan Ambition stratégique 2020, notamment sur le volet de la transformation numérique. A la fin de 2016, "54% des parcours clients des caisses régionales ont été digitalisés" : ils le seront à 78% en fin d'année et à près de 100% fin 2019. La signature électronique en agence sur tablette atteint "des volumes considérables : 1,5 million par semaine dans les caisses régionales". Autre motif de fierté :
Les usages progressent dans tous les domaines. Chez LCL, 20% des ventes sont réalisées à distance contre 13% fin 2015, l'objectif étant d'atteindre 50% à la fin du plan moyen terme, soit 2020. Plus de 3 millions de produits d'épargne bancaires ont été souscrits en ligne l'an dernier.
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Par ailleurs, si les activités de marchés ont profité du contexte porteur de fin d'année, la filiale de gestion d'actifs Amundi s'est particulièrement distinguée : le leader européen, né de la fusion en 2010 de Crédit Agricole Asset Management et de Société Générale AM, a signé l'accord en vue de l'acquisition de l'italien Pioneer Investments pour 3,5 milliards d'euros. Dans le cadre de l'augmentation de capital qui sera lancée pour financer cette opération, le groupe Crédit Agricole a prévu d'y participer tout en diminuant légèrement sa participation, de 75,7% actuellement (dont 74,1% via CASA) à 70%, afin d'élargir le capital flottant à la demande des minoritaires.
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