La Caisse d’Epargne mise sur le capital-investissement pour conquérir les PME

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La Caisse d'Epargne vise une part de marché de 15% sur la clientèle des entreprises d'ici à 2017, contre 14% aujourd'hui.
La Caisse d'Epargne vise une part de marché de 15% sur la clientèle des entreprises d'ici à 2017, contre 14% aujourd'hui. (Crédits : Décideurs en région)
L'Ecureuil vient de lancer Caisse d'Epargne Développement, une société de capital-investissement qui cible des entreprises réalisant entre 10 millions et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Le moral des patrons français commence enfin à remonter, d'après les derniers chiffres de l'Insee. Difficile de savoir quand ce léger regain d'optimisme se matérialisera en reprise des investissements, mais les banques demeurent l'arme au pied.

C'est justement pour ne pas être en reste au moment du redémarrage des demandes de crédits que la Caisse d'Epargne (groupe BPCE) accélère son développement sur le marché des entreprises, depuis six ans environ. Son taux de pénétration sur ce segment, qui n'excédait pas 5% en 2008, est ainsi passé à 10% en 2013, pour atteindre 14% aujourd'hui, quelque 2.000 entreprises rejoignant chaque année les rangs de la clientèle de la Caisse d'Epargne. Laquelle s'est fixé pour objectif de porter sa part de marché à 15% d'ici à 2017.

Pour ce faire, l'Ecureuil met les bouchées doubles dans le capital-investissement, ce métier qui consiste à apporter des capitaux propres aux PME non cotées en Bourse pour les aider à financer leur développement. "Il est important de pouvoir proposer aux entreprises non seulement une expertise bancaire classique, avec la distribution de crédits, mais également une offre de financement en fonds propres", explique Laurent Roubin, président du directoire de la Caisse d'Epargne de Picardie. "Nous voulons être le banquier à part entière des entreprises", renchérit Cédric Mignon, directeur du développement de la Caisse d'Epargne.

Un accent mis sur les ETI

Le groupe bancaire vient ainsi de lancer Caisse d'Epargne Développement, une société de capital-investissement nationale qui, comme son nom l'indique, financera l'internationalisation, la croissance externe et autres projets de développement de PME et d'ETI.

Dotée de 100 millions d'euros, apportés par les 17 Caisses d'Epargne régionales, par Natixis - la banque d'investissement de BPCE - et par le fonds Caisse d'Epargne Capital, la nouvelle société de capital-investissement prendra des tickets unitaires de 1 million à 10 millions d'euros dans des entreprises réalisant entre 10 millions et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une prédilection pour la tranche de 50 millions à 100 millions.

Caisse d'Epargne Développement, qui ne prendra que des participations minoritaires, a déjà plusieurs dossiers à l'étude, notamment dans les secteurs de la logistique et des sondages de sols préalables à la construction de bâtiments.

"Il s'agit là du deuxième étage de la fusée, le premier étage, c'est-à-dire les tickets jusqu'à 1 million d'euros, étant déjà couvert par nos structures de capital-investissement de proximité", précise Laurent Roubin. Le patron de la Caisse d'Epargne de Picardie est bien placé pour évoquer ce sujet, "sa" Caisse ayant lancé il y a dix-huit mois la première des six structures de capital-investissement régionales que l'Ecureuil a prévu de créer d'ici à 2017. CEPIC Participations, c'est son nom, investit des montants unitaires de 150.000 à 1 million d'euros dans des PME régionales, dont le chiffre d'affaires oscille entre 2 et 50 millions d'euros.

Un marché très concurrentiel

Depuis son lancement en octobre 2013, CEPIC Participations a été rejointe par trois autres structures de capital-développement de proximité, dans le Nord de la France, en Alsace et en Ile-de-France, chacune dépendant de la Caisse d'Epargne locale. "Nous sommes en cours de signature avec la Caisse de Loire-Centre et une sixième structure est à l'étude avec la Caisse de Normandie", indique Laurent Roubin.

Six nouveaux véhicules d'investissement, donc, qui viennent s'ajouter à ceux hérités du passé des Caisses d'Epargne, comme Galia à Bordeaux, Midi Capital à Toulouse ou encore Sodero à Nantes.

Au total, sur les 17 Caisses d'Epargne régionales, 13 sont aujourd'hui dotées de structures de capital-investissement de proximité, lesquelles gèrent un total de 1 milliard d'euros d'actifs. Une proximité territoriale sur laquelle mise l'Ecureuil pour se différencier de ses concurrents, qui se renforcent eux aussi dans le capital-investissement afin de conquérir la clientèle des PME et des ETI. L'an dernier, LCL, filiale du Crédit agricole, avait ainsi annoncé le lancement de deux fonds de capital-investissement à destination des PME et des ETI, dotés chacun de 40 millions d'euros.

De son côté, BNP Paribas Développement avait décidé il y a trois ans d'augmenter la taille de ses tickets unitaires, entre 500.000 et 10 millions d'euros, au lieu d'une fourchette initiale de 200.000 à 5 millions d'euros.

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