La règle Volcker contre la spéculation bancaire aux États-Unis va être assouplie

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Randal Quarles, en charge de la régulation financière.
Randal Quarles, en charge de la régulation financière. (Crédits : JOSHUA ROBERTS)
Les régulateurs bancaires américains ont présenté mercredi une refonte de la règle Volcker, un volet de la loi Dodd-Frank qui limite la spéculation bancaire, particulièrement contestée par les banques et l'administration Trump.

Adoptée en 2013 après la crise financière de 2008, cette règle, qui porte le nom de l'ancien banquier central et conseiller du président Obama, Paul Volcker, vise à empêcher les banques de prendre des positions risquées alors que leurs dépôts sont assurés par l'État. L'assouplissement envisagé donnera plus de  marges de manoeuvre aux banques pour spéculer pour leur propre compte.

La règle Volcker interdit normalement de faire du négoce à court terme de titres, de produits dérivés et de contrats sur les matières premières pour leur propre compte, ainsi que de participer à des fonds spéculatifs. Des exceptions ont permis toutefois aux institutions de faire des opérations de couverture justifiées et d'investir au nom de clients.

La règle Volcker, qui porte le nom de son auteur Paul Volcker, l'ancien banquier central puis conseiller économique de Barack Obama, est dans le collimateur de l'administration Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

Elle a été adoptée en 2013 comme le dernier volet de la loi Dodd-Frank de 2010. Très complexe, cette règle encadre les activités spéculatives des banques dont les investissements massifs dans des produits dérivés risqués ont conduit à la faillite de Lehman Brothers en 2008 puis à la pire crise financière depuis 1929.

La règle Volcker "ne marchait pas"

Un gouverneur de la banque centrale américaine (Fed), Randal Quarles, en charge de la régulation financière, a estimé mardi que la règle Volcker "ne marchait pas" et qu'il fallait en changer l'application. Lors d'une audition devant une commission de la Chambre des représentants, le gouverneur a affirmé que la règle adoptée après la crise financière limitant la capacité des banques à spéculer pour leur propre compte, ne "marchait pas bien".

"Je pense qu'elle constitue un fardeau excessif, crée de l'incertitude et coûte cher", a affirmé ce responsable, nommé par Donald Trump en tant que premier vice-président de la banque centrale en charge de la régulation financière.

Répondant à une question, il a affirmé qu'il n'y avait "pas de doute" sur le fait que la règle Volcker avait, selon lui, un effet "préjudiciable" sur les marchés des capitaux.

En tant que régulateur, la Fed ne peut pas révoquer la règle Volcker, qui est un volet de la loi Dodd-Frank de règlementation des marchés financiers.

"Nous ne pouvons pas abroger la règle Volcker et il y a des limites à notre capacité à faire les changements qu'on aurait aimé faire", avait ajouté Quarles.

Une volonté de simplification

Les grandes institutions financières, notamment les banques d'affaires comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, dont les activités spéculatives représentent souvent près de la moitié des revenus, sont les plus affectées par cette règle.

Mais par sa complexité et le coût qu'elle impose notamment aux banques de taille modeste, la règle Volcker qui compte plus de 900 pages a semblé faire l'unanimité contre elle.

Sous la houlette de la Réserve fédérale (Fed), les cinq régulateurs américains des marchés entendent par cette modification "simplifier et adapter la règle Volcker à la lumière de notre expérience depuis sa mise en pratique", a affirmé dans une intervention devant le conseil d'administration de la banque centrale mercredi, Randal Quarles, gouverneur de la Fed en charge de la régulation.

La nouvelle proposition va apporter une solution "aux incertitudes et à la complexité qui rendent difficiles aux groupes bancaires de savoir comment se plier" à la règle Volcker, a affirmé Jerome Powell le président de la banque centrale.

Globalement, les régulateurs ont dressé trois niveaux de régulation suivant que les banques ont des opérations de négoce supérieures à 10 milliards de dollars (18 banques dont la moitié sont des banques internationales) ou un milliard de dollars (80 établissements) ou en dessous de ce seuil.

La nouvelle règle est soumise aux commentaires de la profession pour une période de 60 jours.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 01/06/2018 à 15:19 :
dans la surévaluation de valeurs il y a toujours des «  victimes » : les populations.
a écrit le 31/05/2018 à 9:46 :
La contre-partie du risque, c'est la profitabilité. Une fois que l'on a compris cela se pose la question du positionnement du curseur (la "régulation"). Force est de constater que nos Européens jouent maintenant tous en deuxième division, et ont été contraints d'abandonner (aux américains) les segments les plus (potentiellement) profitables (sans même parler des dépenses liées à ces nouvelles contraintes). Le poids des contraintes va tuer toutes nos entreprises européennes (finances, distribution, médias-situation de Canal)...). The winners take all!
a écrit le 31/05/2018 à 9:16 :
La dérégulation bancaire c'est le jack-pot et l'assurance que quelqu'un paiera en cas de problème: Le con-tribuable.
a écrit le 31/05/2018 à 9:10 :
La finance américaine domine le monde il est évident que de déréguler celle-ci ne peut qu'augmenter encore plus sa puissance.

Trump fait ce pour quoi il a été élu par le peuple pendant que nos élus européens eux font ceux pourquoi les marchés financiers les ont acheté. Cette dans cette nuance que se trouve la puissance imbattable américaine.

Quand est-ce qu'on joue enfin un jeu avec des règles qui ne sont pas celles américaines ? Quoi que encore faudrait il que nos possédants européens ne se soient pas déjà vendu, il n'y en a plus beaucoup...

Vite un frexit.
Réponse de le 31/05/2018 à 9:28 :
... et aussi un correcteur de grammaire et d'orthographe... juste pour écrire en français, selon les règles édictées à la communale à la bonne époque....
Réponse de le 31/05/2018 à 9:55 :
Bonjour,

Ah belle contradiction mon cher CB.
D'un côté vous "vantez" les mérites d'un Trump qui soutient les lobbies financiers (soit dit en passant, même si cela faisait partie de son programme, ce n'est pas pour cela que les américains l'ont élu, il a d'ailleurs perdu le vote des Etats côtiers ou l'industrie financière est très présente, et accessoirement les inégalités ne font que s'accroître !), et d'un autre côté vous fustigez Bruxelles qui serait vendue aux banques alors qu'elle tente d'appliquer une certaine régulation à celles-ci.

Alors que fait-on ? On "Trumpise" et on dérégule ? Ou encore mieux: on prend notre indépendance de l'UE et on fait notre business à notre sauce (quand je vois comment dans ce jeu de dupe, les USA et la Chine se rendent coup pour coup, j'imagine bien notre petite France au milieu - attachez vos ceintures !)

Marrant ...
Réponse de le 31/05/2018 à 10:38 :
@ multipseudos:

Quelles contradictions ? Ne faisant partie d'aucune chapelle je n'ai aucune idéologie, j'analyse seulement, Arrêtez de prêter vos ressentiments aux autres, assumez pour une fois dans votre vie.

Le plaisir de réfléchir, je ne vous demande même pas d'essayer de le comprendre mais au moins de le respecter.

Votre trollage, puisque commentaire ne disant rien au final car ne se reposant que sur un fantasme, est signalé.
Réponse de le 31/05/2018 à 11:54 :
@ multipseudos

"... et aussi un correcteur de grammaire et d'orthographe... juste pour écrire en français, selon les règles édictées à la communale à la bonne époque...."

Je lis vite, je pense vite et j'écris vite il est obligé qu'il y ai des dégâts. Essayez donc pour voir...

Si vous soignez le fond de vos commentaires je vous promet de soigner la forme des miens.

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