Le cash-back pourrait être limité à 150 euros

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La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) avait estimé qu'un montant de 100 euros correspondrait aux besoins des consommateurs.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) avait estimé qu'un montant de 100 euros correspondrait aux besoins des consommateurs. (Crédits : CC0 Creative Commons/Pixabay.)
Le retrait d'espèces auprès d'un commerçant, autorisé par la nouvelle directive européenne sur les services de paiement (DSP2), sera encadré en France par des seuils assez bas pour éviter la fraude et le blanchiment d'argent, a expliqué ce mercredi un responsable du Trésor lors d'une audition au Sénat.

[Article mis à jour à 14h]

Il sera bientôt possible de retirer de l'argent liquide en effectuant un paiement chez un commerçant : cette pratique du cash-back, très répandue dans d'autres pays, notamment en Allemagne, va être autorisée en France avec la transposition de la nouvelle directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Elle était en réalité jusqu'ici "interdite en France" du fait d'une astuce juridique la considérant comme un service de paiement, a analysé Jérôme Reboul, le sous-directeur des banques et des financements d'intérêt général à la direction générale du Trésor, lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat, ce mercredi. Un décret viendra l'encadrer précisément, en particulier en fixant un montant maximum.

"Nous avons prévu la mise en place par décret de seuils pour éviter que le montant retiré ne soit totalement disproportionné avec les transactions réelles. Le cash-back apporte un vrai service aux consommateurs dans le contexte de réflexion des banques sur leur réseau qui peut entraîner un éloignement des distributeurs de billets", a-t-il déclaré devant les sénateurs.

La France dispose actuellement d'environ 57.000 distributeurs automatiques. Les banques ont multiplié les fermetures ou regroupements d'agences ces dernières années et ont prévu de poursuivre cette réduction de leur parc (100 fermetures cette année à la Société Générale par exemple), dans le cadre de programmes de réduction de coûts et face à la baisse de la fréquentation.

| Lire aussi : Paiement : la directive DSP2 entre en vigueur, c'est quoi ?

Pour rappel, le cash-back dont il est question n'est pas la technique commerciale du même nom visant à récompenser la fidélité des clients en remboursant un pourcentage du montant dépensé lors d'un achat, pratiquée par certains commerçants (en ligne notamment) ou éditeurs de cartes bancaires.

Risque de blanchiment et de fraude

La fixation de seuils doit permettre de réduire deux types de risques importants, faciliter le blanchiment et la fraude d'une part, et la circulation des faux billets d'autre part. Il faudra que les commerçants distinguent bien dans leur comptabilité ce qui ressort de leur chiffre d'affaires et ce qui tient à un retrait d'espèces.

"Nous envisageons des seuils suffisamment bas pour écarter les grosses coupures, qui sont les plus sujettes à falsification", a précisé Jérôme Reboul. "Le montant moyen d'un retrait au distributeur en France est de l'ordre de 80 euros. Chez nos voisins européens, il est possible de retirer en cash-back jusqu'à 150 euros. Ce sera sans doute quelque chose comme cela", a ajouté le représentant du Trésor.

Il a notamment cité l'exemple des Allemands (parmi les plus gros utilisateurs d'argent liquide en Europe), qui, "typiquement font le plein à la station-service et repartent avec une centaine d'euros".

| Lire aussi : Carte, virement, chèque ou cash : comment paie-t-on en Europe ?

Il n'a pas été précisé si ce montant maximum ne s'appliquerait qu'à des paiements au moins équivalents, autrement dit qu'il ne serait pas possible de retirer en cash-back plus que ce que l'on a payé. Des plafonds inférieurs (60 euros notamment) avaient été évoqués par des acteurs du secteur. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) avait estimé qu'un montant de 100 euros correspondrait aux besoins des consommateurs.

Interrogé par les sénateurs sur les problèmes de sécurité que pouvait poser une plus grande circulation d'argent liquide, notamment pour les commerçants, et le risque de recrudescence de braquages, il a rappelé que seuls les volontaires proposeront ce service.

"Les commerçants intéressés sont ceux qui ont structurellement un gros fonds de caisse et le cash-back va leur permettre de l'optimiser à la baisse", a-t-il relevé.

Il ne s'agit donc pas forcément du petit commerçant espérant attirer plus de clientèle dans sa boutique mais plutôt d'enseignes ayant déjà une forte fréquentation et cherchant à se délester de leur surplus de pièces et billets.

Quant à savoir si les pouvoirs publics ne devraient pas plutôt encourager l'arrêt de l'utilisation des espèces, le représentant du Trésor a noté que "le besoin de cash dans l'économie ne diminue pas. Notamment pour les petits montants. [Le cash-back] répond à un besoin".

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 20:27 :
150 euros ??? Mais c'est trooooooop !!! je dirais même Ostentatoire.

Il faut vite légiférer.
a écrit le 15/02/2018 à 20:26 :
150 euros ??? Mais c'est trooooooop !!! je dirais même Ostentatoire.

Il faut vite légiférer.
a écrit le 15/02/2018 à 11:36 :
J'ai de moins en moins envie d'être "client" ,(entre ""car je me sens de +en+en cashcow), d'une banque.
Ce sont des brigands à l'abrit de la loi.
Toute cette affaire tourne de plus en plus en controle ci controle ça, ras le bol.
a écrit le 15/02/2018 à 6:37 :
Une fois de plus la France se distingue. Nous sommes déjà les plus gros utilisateurs de chèque, nous serons, par un besoin de l'état de tout contrôler, limité dans le retrait de liquide. le paiement au delà de 1000 € en liquide est déjà interdit, les billets de 500 € supprimés etc etc. Cela a t il empêché les trafics en France. Il suffit d'aller en ville pour voir les trafic de cigarettes et de drogues. Il n'y a, bien évidement plus de travail au black, de nourrice ou femme de ménage non déclaré.
Toutes les mesures prisent par nos fonctionnaires n'ont jamais ralenti les trafics!!!!
Réponse de le 20/02/2018 à 23:04 :
Pour information, aucun employeur ne peut refuser un acompte tout les mois, ensuite demander la seconde partie du salaire en liquide (possible sous 1500 NET)
vous gardez sur le compte que le nécessaire pour les prélèvements et loyers, et le reste vous le planquez en liquide au lieu d'engraisser les banques
au moins quand l'euro se cassera la figure, il sera plus simple d'échanger des billets que d'être empêcher de retirer son argent en banque

Le premier pays à quitter l'Euro, et l'UE, s'en sortira le mieux
a écrit le 14/02/2018 à 20:23 :
Les banques doivent s assurer que les versements d especes effectués par les commerçants sont cohérents par rapport à leur activité , elles devront à l avenir s assurer que les encaissements de cash back le sont également.
Alors que tout est fait pour réduire les paiements en espèces ( le developpement du paiement sans contact en est l exemple) , des politiques encouragent le contraire.... comprenne qui pourra.
a écrit le 14/02/2018 à 15:59 :
8h05 : boulanger 150 euros
8h10 : café 150 euros
8h15 : boucherie 150 euros
8h20: fruits/legumes 150 euros
.....
l´argument du blanchiment pour limiter les montants est totalement hors sol comme toujours avec les fonctionnaires et politiciens .

si les gens qui veulent vraiment blanchir enverront toute la famille faire la meme chose à des heures différentes...

mais entre nous, ce n´est meme pas logique leur raisonnement. le but du blanchiment est d´avoir du liquide et de l´échanger contre des biens

quel intéret de déposer de l´argent à blanchir dans une banque, utiliser sa carte chez un commercant pour retirer du liquide. ce n´est pas du blanchiment puisque l´argent a été déposé en banque.
ne comprends pas leur logique de fonctionnaires
Réponse de le 14/02/2018 à 16:15 :
100% c'est tellement évident !
Réponse de le 14/02/2018 à 18:26 :
Ne prenez pas les fonctionnaires pour des andouilles, et réfléchissez 5 secondes... Le sujet du blanchiment, ce n'est pas celui du client mais du commerçant.
a écrit le 14/02/2018 à 14:13 :
"la fraude et le blanchiment d'argent" hahahahaha la rigolade ! Pays complètement largué avec des croûtons.

"cette pratique du cash-back, très répandue dans d'autres pays" tiens mais alors il n'y a pas de fraude depuis 20 des années dans ces pays !!!!??
Allez un petit décret au chocolat nos spécialités locales :-)))))) Il suffit de faire 2 achats hahahahaha n'importe quoi !
a écrit le 14/02/2018 à 13:57 :
Mais quel intérêt pour un commerçant alors même que les banques dont c'est le métier ne donnent plus d'espèces au guichet ?
ESt ce que les bureaux de tabac ou la grande distribution accepteront de manipuler des espèces pour rien ?
Réponse de le 14/02/2018 à 14:48 :
"Pour rien".

Pas forcément pour rien justement...

Quelqu'un qui voudrait retirer 50 € mais qui ne trouve pas de DAB, pourrait très bien aller dans un petit commerce, ou en découvrir un, retirer son argent, possiblement acheter un truc. Ou revenir plus tard car il a vu des biens ou services qui pourraient l'intéresser.

Autrement dit, une forme de publicité gratuite, sauf que le potentiel client vient jusqu'à ton commerce, jusqu'à la caisse, près à consommer.

C'est aussi l'intérêt des points relais.

Perso, j'ai découvert quelques boutiques, disons que j'ai ça en mémoire. Par exemple, si j'ai besoin d'un cordonnier, je penserai à celui où j'ai récupéré un colis il y a 2 ou 3 semaines...
Réponse de le 14/02/2018 à 18:30 :
Si les 150 caisses d'un hypermarché arrivent à écouler 1000 euros en Cash back dans la journée, cela fait 150 k€ qui ne partiront pas dans le fourgon blindé, qui ne seront pas comptés etc...
Les commerçant manipulent aujourd'hui déjà bcp d'espèce pour rien, et sont obligés de TOUTE les ramener à la banque. Le cashback leur permet de limiter les flux vers les banques. (Et de rendre service à leurs clients, cela fidélise)
Réponse de le 14/02/2018 à 18:34 :
Bonny pour retirer il faut commencer par acheter , exemple un paquet de cigarettes à 7 € vous faites un paiement carte bleue de 20€ et le buraliste vous rend 13 € en espèces .
Quant aux relais bon nombre de commerçants vous avoueront que cela ne leur apporte aucun chiffres d'affaires supplémentaires.

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