Retrait d'espèces en magasin : le cash-back débarque en France

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Un décret d'application viendra fixer le montant maximal du retrait d'argent liquide autorisé auprès d'un commerçant lors du règlement d'un achat par carte.
Un décret d'application viendra fixer le montant maximal du retrait d'argent liquide autorisé auprès d'un commerçant lors du règlement d'un achat par carte. (Crédits : Eric Gaillard)
Dans le cadre de la transposition de la nouvelle directive européenne sur les paiements DSP2, un amendement à l'Assemblée nationale encadre cette pratique donnant la possibilité de récupérer de la monnaie en payant par carte chez un commerçant. Répandue dans certains pays comme l'Allemagne, la pratique se fera sur la base du volontariat des commerçants.

La France va se mettre au cash-back, cette pratique répandue dans certains pays européens, notamment l'Allemagne, qui permet de retirer de l'argent liquide chez un commerçant lors d'un paiement. La commission des finances de l'Assemblée nationale a examiné ce jeudi des amendements au projet de loi ratifiant l'ordonnance du 9 août 2017 qui transpose la nouvelle directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Parmi ces amendements, l'un prévoit l'encadrement du cash-back, déjà autorisé en théorie mais encore peu pratiqué en France.

La pratique se fera sur la base du volontariat des commerçants et un décret d'application viendra fixer le montant maximal du retrait.

Les commerçants "pourront ainsi proposer un nouveau service à leurs clients" et "attirer davantage de clientèle en magasin", a fait valoir la secrétaire d'Etat à l'Economie, Delphine Gény-Stéphann. La mesure est présentée comme un moyen "de répondre à l'isolement des territoires les plus reculés, dont les relais d'accès aux espèces sont souvent trop limités ou reculés".

Lire aussi : Paiement : la directive DSP2 entre en vigueur, c'est quoi ?

Plus de 57.000 distributeurs automatiques

La France dispose de plus de 57.000 distributeurs automatiques de billets (DAB), selon le Groupement Cartes Bancaires, soit environ 850 par million d'habitants, mais pas forcément bien répartis sur tout le territoire. Cela se situe plutôt dans la fourchette haute en Europe, où le parc de DAB oscille entre plus de 1.000 par million d'habitants en Espagne, au Luxembourg, en Autriche et au Portugal, et environ 400 en Lituanie, aux Pays-Bas et en Finlande, selon les statistiques de la Banque centrale européenne (BCE).

Ce qui n'empêche pas que certains villages ou petites villes de l'Hexagone manquent cruellement de points de retrait, à mesure que les banques accélèrent les fermetures d'agences, dont la fréquentation baisse.

Les Français ont tendance à retirer moins souvent d'argent liquide mais davantage. Ils ne sont que 3% à juger "difficile" l'accès à un distributeur selon l'enquête de la BCE.

distributeur billets cash europe BCE

[L'accès à un distributeur jugé facile en Europe. Crédits : BCE]

Avec le cash-back, il sera "possible pour un client de payer par carte de paiement un bien chez un commerçant plus cher que sa valeur initiale, afin que ce dernier lui rende la monnaie en espèces", a expliqué la rapporteure Nadia Hai (députée LREM des Yvelines), ancienne cadre bancaire chez HSBC et la Barclays, citée par l'AFP.

La porte ouverte aux néobanques sans agence ?

Le député LR de Moselle Fabien Di Filippo a mis en garde contre les "dangers" de la généralisation de cette pratique qui pourrait selon lui "accélérer" la disparition des agences bancaires mais aussi poser des problèmes de sécurité pour les petits commerçants, qui seraient amenés à conserver plus d'argent liquide à disposition dans leurs caisses.

Répandu outre-Rhin, en Belgique, en Irlande, en Italie et en Espagne, le cash-back représente cependant une faible part des montants retirés en Europe, moins de 2% selon la BCE, et en moyenne de l'ordre de 15 euros.

Ce système peut aussi servir de marche-pied aux nouveaux entrants de la Fintech. En Allemagne, la néobanque mobile sans agence N26 s'est alliée au réseau de supermarchés Rewe pour permettre à ses clients de retirer de l'argent sans frais. Indispensable dans un pays gros consommateur de cash comme l'Allemagne.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2018 à 18:39 :
C'est étrange....il est prevu de supprimer le cash au niveau européen pour lutter contre la fraude... 😁
a écrit le 09/02/2018 à 14:40 :
Quel commerçant stupide accepterait de rendre la monnaie sur 20€ pour un paquet de cigarette à 7 € , quand il s'agit d'espèces d'accord mais sur un paiement carte bancaire qui est sensé faire l'appoint ?
Réponse de le 09/02/2018 à 22:01 :
Le paquet coûte 7 euros vous payez 27 euros par carte et vous récupérez 20 euros en espèces
a écrit le 09/02/2018 à 13:59 :
Cash back et cash advance n’ont rien à voir !!!
a écrit le 09/02/2018 à 13:52 :
Qu'en sera t-il de la fausse monnaie? Un client paye avec de la fausse monnaie. le commerçant s'en débarrasse en le refourguant à un autre client. Ce système est très inquiétant, puisqu'il n'y a pas de contrôle des banques. L'argent faux va tourner en cercle fermé hors du contrôle des banques. Les faux monnayeurs sont déjà en train d'affuter leurs machines. Mais peut être est-ce le but de l'état pour arriver à 0% d'argent liquide!
Réponse de le 10/02/2018 à 13:29 :
Que croyez vous que les commerçants font quand ils détectent un faux billet?

Si possible, ils le refilent à un client pour ne pas se le voir refuser par la banque à l'encaissement et en être de leur poche. Donc le cash back ne change rien de ce point de vue.
a écrit le 09/02/2018 à 13:44 :
Chez les verts le service est en nature .
a écrit le 09/02/2018 à 13:11 :
Ça n'a absolument aucun intérêt pour le commerçant... ce procédé existe depuis des décennies dans les pays anglo-saxons. Mais la France sent le besoin irrépressible depuis 15 ans de mettre en place, systématiquement, des façons de faire qui viennent d'ailleurs pour se donner la ''french touch'' du progrès, un parfum de modernité, mais tout ça n'est que pure illusion et un brin ridicule.

Ce sont ce genre de choses qui rendent la France si caricaturale à l'étranger. Et ça continue à plomber encore plus une réputation méritée de copieur et de suiveur.
Réponse de le 15/02/2018 à 22:55 :
Le système se pratique largement aux États-Unis, et depuis longtemps, mais je l’ai vu surtout dans des chaines de supermarchés. L’intérêt ? Aucun si vous êtes un citadin entouré de DAB ou un accro de la carte bancaire. Mais, dans les zones rurales où le premier DAB est parfois à 10 km, pouvoir faire débiter sa carte de 50 Euros chez le boucher chez lequel on vient d’acheter pour 30 € de nourriture et récupérer 20 € en cash permettra ensuite d’aller payer son pain en liquide chez le boulanger qui n’accepte la carte de paiement qu’à compter de 10€ et refuse – il a bien raison – le porte-monnaie électronique sur lequel les banques prélèvent des pourcentages indécents. Bien plus pratique que tous les autres systèmes.
Pour le consommateur, le risque de se voir refiler un faux billet n’est pas plus grand que s’il payait avec une coupure un peu grosse. Le seul risque peut être pour le commerçant tenté de gagner un peu trop de liquide mais rien ne l’oblige.
a écrit le 09/02/2018 à 11:11 :
quel interet pour le commercant? risques,frais bancaires,complication comptable,blanchiment...
Réponse de le 09/02/2018 à 12:28 :
personne n'oblige le commercant a proposer le service...
Réponse de le 09/02/2018 à 16:22 :
Si j'étais commerçant, j'aimerais beaucoup me débarrasser de mes billets en caisse et de les inscrire au fur et à mesure sur mon compte. Je n'accepterais pas de retrait de monnaie, juste des billets. Résultat ; moins de billets dans le tiroir caisse pour les loubards en cas de malheur, moins à trimballer le soir après la fermeture du rideau pour aller le déposer à la banque avec les risques d'agression qu'il y a. Moins il y en a, mieux c'est.
Réponse de le 10/02/2018 à 13:35 :
Didier a très bien résumé la plupart des bonnes raisons que le commerçant aurait à pratiquer le cash back.

En transformant son cash en monnaie numérique il réduit ses risques de perte et de vol. Il se débarrasse des billets douteux contre un paiement garanti (celui des cartes bleues), et ça lui permet de faire rentrer dans son magasins quelques clients en quête de cash et qui seront obligés de passer par la caisse avec des achats.
a écrit le 09/02/2018 à 11:11 :
quel interet pour le commercant? risques,frais bancaires,complication comtable,blanchiment...
a écrit le 09/02/2018 à 10:42 :
Transposition des directives de Bruxelles! Vous pensiez avoir le choix? Oui! D'obéir ou d'être sanctionné pécuniairement et.. elles sont très lourdes! Déficitaire du fait de notre appartenance a l'UE et a l'euro, la France ne peut qu'obéir!
Réponse de le 09/02/2018 à 23:47 :
Et alors , c'est une liberté supplémentaire.
Personne n'oblige le commerçant ni le client a l'adopter.
Qui êtes-vous pour nous empêcher de bénéficier de cette liberté ?
a écrit le 09/02/2018 à 9:50 :
je trouve ceci à contre courant car il faut limiter la monnaie au profit des transaction électronique type CB. moins de black, luttre contre le blanchiment et moins de cout
Réponse de le 09/02/2018 à 12:00 :
Le combat pour les libertés est permanent. Les transactions électroniques, ne vous en déplaise, n'apporte ni liberté ni sécurité contrairement à tout ce que les marketeux veulent vous faire croire. Réfléchissez y : quelles sont les conditions nécessaires pour effectuer un paiement quand vous avez votre argent dans votre poche et quelles sont celles pour un paiement électronique sécurisé (encore plus flagrant maintenant avec le "sans contact").
a écrit le 09/02/2018 à 9:48 :
C'était pas la fin du cash qui était prévu dès 2018 ?
a écrit le 09/02/2018 à 9:32 :
C'est étrange d'utiliser le terme anglais "cash-back" pour désigner quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec la pratique du "cashback" dans les pays anglo-saxons (à savoir les programmes de "récompense" gérés par les compagnies de cartes de crédit qui reversent aux porteurs de cartes un pourcentage du montant de leurs dépenses).
Réponse de le 09/02/2018 à 11:38 :
Non, c'est bien ce que les britanniques appellent le "cash-back". Chez Tesco est autres supermarchés, cela fait 20 ans qu'ils te demandent à la caisse si tu veux du cash-back...

Effectivement, je n'ai jamais entendu les ricains en parler, mais si je ne me trompe pas cela n'existe pas là bas (d'un autre côté ils n'auraient pas des distributeurs de biller à l'entrée de tous les magasins et autres bars...). Donc, il est fort possible qu'ils utilisent le terme dans un autre sens.
Réponse de le 09/02/2018 à 11:39 :
Non, c'est bien ce que les britanniques appellent le "cash-back". Chez Tesco est autres supermarchés, cela fait 20 ans qu'ils te demandent à la caisse si tu veux du cash-back...

Effectivement, je n'ai jamais entendu les ricains en parler, mais si je ne me trompe pas cela n'existe pas là bas (d'un autre côté ils n'auraient pas des distributeurs de biller à l'entrée de tous les magasins et autres bars...). Donc, il est fort possible qu'ils utilisent le terme dans un autre sens.
Réponse de le 09/02/2018 à 12:30 :
Cash back a 2 sens au UK: soit un % sur vos achats qui vous revient (cash back) soit qq billets que vous demandez en faisant vos courses chez tesco. C'est pratique et utile pour les consommateurs
Réponse de le 09/02/2018 à 12:30 :
Cash back a 2 sens au UK: soit un % sur vos achats qui vous revient (cash back) soit qq billets que vous demandez en faisant vos courses chez tesco. C'est pratique et utile pour les consommateurs
Réponse de le 09/02/2018 à 13:01 :
Merci toto et John pour la correction. Je ne connaissais que le sens "% sur vos achats qui vous revient" utilisé pour les cartes de crédit US et pas la pratique UK.
Réponse de le 09/02/2018 à 22:32 :
Je peux vous confirmer par expérience personnelle que le cash-back existe aux USA depuis au moins 15 ans.

A l'époque, cela qui m'a valu un grand moment de solitude et d’incompréhension à une caisse de supermarché du Texas, quand l’hôtesse m'a demandé si je voulais du cash-back....
En bon français ordonné dans sa tête qui prenait son liquide au distributeur bancaire, il ne m'était pas venu à l'esprit qu'on pût en prendre aussi au supermarché avec sa carte.

Mon collègue britannique par contre était mort de rire.

A la réflexion, le système n'est pas idiot mais s'il se généralise, on doit s'attendre à une réduction drastique des distributeurs accessibles 7/7 24/24... On ne peut pas tout avoir.
Réponse de le 10/02/2018 à 9:01 :
... cette pratique très courante s'intitule plus clairement: cash out.
a écrit le 09/02/2018 à 9:24 :
Tiens c'est marrant je l'ai utilisé hier pour la première fois mais avec un chèque, c'est pratique mais cela impose encore une fois, comme le dit pertinemment l'élu LR, aux petits commerçants de se retrouver avec du cash d'avance et ainsi d'être une cible de plus en plus grande pour les voleurs en tout genre.

Je pense notamment à ceux qui en plus ont un débit de tabac et qui ont donc du investir massivement alors qu'ayant peu de moyens, dans des systèmes de sécurité étant donné que par chez nous les vols de tabac se sont nettement multipliés et maintenant on leur impose d'avoir du cash sur eux et donc d'être encore plus exposés aux vols.

Et tout ça pour gagner que dalle et être endetté, ces multiservices sont une véritable exploitation humaine, 12h par jour pour 700 euros par mois au mieux c'est scandaleux de laisser les gens s'embourber jusqu'à la faillite.

Oui il est évident que les gens qui élaborent ce genre de grandes idées au demeurant pratiques ne sont plus capables d'en analyser les conséquences sur la population réelle car trop déconnectés de la vie réelle.
Réponse de le 09/02/2018 à 11:29 :
Sauf quand il s'avère que le chèque est sans provision où celui qui vous l'a refourgué se retrouve avec la marchandise et les espèces !!! ( vécu)
Réponse de le 09/02/2018 à 12:10 :
Dans une petite commune tout le monde se connait donc le commerçant ne craint rien, il faut sortir de la vie parisienne un peu...

Par ailleurs vous parlez pour les chèques, étant donné que les cartes bleues payent directes et doivent être de loin les p us concernées.
Réponse de le 09/02/2018 à 12:52 :
"dans les petites communes tout le monde se connait " la bonne blague !! et le client de passage qui s'arrête à la station service buvette , qui paie en chèque et repart avec la monnaie.
Réponse de le 09/02/2018 à 14:39 :
"la bonne blague !! et le client de passage qui s'arrête à la station service buvette "

Et bien le commerçant s'il ne peut pas en être sûr ne prend pas son chèque tout simplement.

Mais vous vivez où bon sang ?
Réponse de le 09/02/2018 à 14:40 :
"la bonne blague !! et le client de passage qui s'arrête à la station service buvette "

Et bien le commerçant s'il ne peut pas en être sûr ne prend pas son chèque tout simplement.

Mais vous vivez où bon sang ?
a écrit le 09/02/2018 à 9:10 :
a cote de chaque Kaufland ou Edeka, y a un Geldautomat ( cashpoint)........ les commercants n'ont pas forcement envie de gerer ca !

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