Le géant Amundi s’offre la Fintech WeSave dans l'épargne digitale

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(Crédits : WeSave)
Le gestionnaire d'actifs français rachète la totalité du capital du robot-conseiller WeSave, dont il était déjà actionnaire à 49%, pour élargir sa gamme de services en ligne. Le cofondateur et président de WeSave Jonathan Herscovici quitte l'entreprise pour monter une startup dans l'univers de la Blockchain.

Manoeuvre sur le marché des robot-conseillers, ces sites de gestion d'épargne automatisée. La Fintech parisienne Anatec, plus connue pour son site WeSave, va passer dans le giron d'Amundi, géant français de la gestion d'actifs avec plus de 1.400 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé. La filiale de gestion d'actifs du Crédit Agricole, cotée en Bourse depuis 2015, détenait déjà 49% du capital de la startup depuis un tour de table réalisé en 2016.

« Cette acquisition élargit notre offre digitale en nous appuyant sur une technologie performante et une équipe jeune et agile », explique Valérie Baudson, membre du comité exécutif d'Amundi.

Créée en 2012, Anatec a lancé quatre ans plus tard WeSave qui propose un contrat d'assurance vie sous mandat de gestion en fonction de dix profils de risque, définis à partir d'algorithmes maison. La Fintech y a greffé un agrégateur de comptes d'épargne. Elle s'était fixée en 2016 l'objectif d'atteindre 20.000 clients d'ici à 2020 avec un encours moyen de 50.000 euros, soit un milliard d'euros d'actifs, mais elle ne communique pas ses chiffres.

"WeSave vient renforcer les services existants et les enrichir. Son offre comprend un système d'agrégation de comptes permettant de visualiser l'épargne d'un client chez l'ensemble de ses banques et assureurs. En fonction des besoins des clients d'Amundi, la meilleure offre sera proposée", explique le géant de la gestion d'actifs, précisant que la marque WeSave sera maintenue.

Autonomie opérationnelle préservée

La startup parisienne emploie une vingtaine de collaborateurs notamment dans les métiers d'analyse de données, d'ingénierie informatique et d'expérience utilisateur, mais également de la gestion de portefeuilles et du conseil en gestion de patrimoine. Tous resteront dans les nouveaux locaux que vient d'investir la Fintech dans le quartier du Marais à Paris. S'adosser à Amundi lui "permettra de soutenir sa croissance rapide en France et d'amorcer une nouvelle phase de croissance à l'international", notamment de développer ses services B2B dans plusieurs pays européens.

"A l'issue de l'opération, Anatec conserve son autonomie opérationnelle et commerciale et sera dirigée par Zakaria Laguel, cofondateur, et Gaëtan Hoquidant, précédemment directeur des opérations chez Fund Channel, joint-venture entre Amundi et BNP Paribas Asset Management à Luxembourg", précise Amundi dans un communiqué de presse.

Départ du président cofondateur

Jonathan Herscovici, le président et cofondateur d'Anatec, a pour sa part choisi de quitter l'aventure. Dans un post de blog publié sur Medium, il explique vouloir rejoindre la "révolution blockchain".

"Je souhaite contribuer [au] développement [de la technologie blockchain, ndlr], à son expansion et à sa vulgarisation. Je ne pouvais donc pas laisser filer cette révolution devant mes yeux sans m'engager. Cet univers tellement passionnant m'a pas mal accaparé ces derniers temps et c'est logiquement que la vente de la société s'est organisée afin de me permettre de m'investir pleinement dans cette révolution", écrit-il.

Et de conclure : "Je me donne 24 mois pour créer ma deuxième startup dans ce secteur qui va inévitablement bouleverser nos vies. En parallèle, j'investirai dans des startups sur des tours de seed [des tours d'amorçage, ndlr] ou de serie A et conseillerai des grands groupes dans leur transformation digitale".

Les robo-advisors : un marché encombré

Depuis quelques années, de nombreuses jeunes pousses se sont positionnées sur le marché des robot-conseillers (ou robo-advisors en anglais). Parmi les acteurs tricolores : Marie Quantier, Advize, la startup Grisbee et son cabinet de gestion de patrimoine en ligne, ou encore Nalo, qui a levé 2 millions d'euros en décembre dernier, et son concurrent Yomoni, qui a annoncé avoir dépassé 100 millions d'euros d'actifs sous gestion en octobre dernier. La mutuelle Groupe Apicil a de son côté investi dans FundShop qui conçoit des robots-conseillers sous marque blanche pour les institutions financières, banques, assurances, courtiers, etc. Ailleurs en Europe, des acteurs plus importants se sont imposés (Nutmeg outre-manche et Scalable en Allemagne). En Belgique, la startup Gambit s'est faite avalée par BNP Paribas Asset Management et d'autres établissements bancaires manifestent de plus en plus d'intérêt pour ces nouveaux outils digitaux.

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