Epargne en ligne : le français Yomoni a triplé ses encours

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Yomoni, qui a pour ambition d'aider les Français souvent réfractaires à la prise de risque « à mieux gérer leur argent », a indiqué avoir enregistré, au 1er octobre 2018, 103 millions d'euros d'encours sous gestion, contre 35 millions d'euros en 2017.
Yomoni, qui a pour ambition d'aider les Français souvent réfractaires à la prise de risque « à mieux gérer leur argent », a indiqué avoir enregistré, au 1er octobre 2018, 103 millions d'euros d'encours sous gestion, contre 35 millions d'euros en 2017. (Crédits : Yomoni)
Le robot-conseiller Yomoni, qui fête ses trois ans d'existence, a dépassé les 100 millions d'euros d'actifs sous gestion. Mais le spécialiste de l'épargne digitale va devoir redoubler d'efforts pour atteindre les 350 millions d'euros d'encours qui lui permettraient d'être rentable.

On les appelle "robo-advisor" ou robot-conseiller : une nouvelle génération de société de gestion d'épargne jouant la carte du 100% digital et du conseil en investissement automatisé. Le parisien Yomoni, qui fête ses trois ans d'existence, a récemment passé le cap des 10.000 clients. Un seuil symbolique qui permet au spécialiste de la gestion d'épargne en ligne « d'émerger comme un acteur dans la gestion de l'épargne privée », a estimé Sébastien d'Ornano, son président exécutif et cofondateur, lors d'une présentation à la presse ce mercredi 17 octobre. La Fintech parisienne a pour ambition d'aider les Français, peu portés sur la prise de risque, « à mieux gérer leur argent ». Au 1er octobre 2018, ses encours sous gestion s'élèvent à 103 millions d'euros, contre 50 millions d'euros fin janvier.

« Nous sommes une société de gestion qui a su démontrer sa capacité à générer de la performance face aux acteurs traditionnels », a affirmé Sébastien d'Ornano.

Yomoni, qui emploie 27 personnes, dit miser sur la simplicité, la transparence et surtout des frais de gestion ne dépassent pas 1,6 % par an.

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Yomoni

[Yomoni a enregistré 10.075 mandats signés et 103 millions d'euros d'encours sous gestion en 2018. Crédits : Yomoni]

Des réticences sur le Livret A

Il reste tout de même du chemin à faire avant d'être rentable. Il y a un an, le dirigeant de la plateforme automatisée de conseil en investissement indiquait que la rentabilité serait atteinte une fois franchi le cap des 350 millions d'euros d'encours. La startup espérait initialement proposer aux épargnants des produits en complément des placements classiques comme le Livret A.

Mais elle s'est confrontée à la difficulté de faire changer les mentalités des Français qui privilégient généralement les placements peu risqués. La popularité du Livret A ne se dément pas. En août, l'encours Livret A avait atteint 283 milliards d'euros, selon les données de la Caisse des Dépôts. Le « robo-advisor » permet de placer son argent dans un compte titres, un PEA ou une assurance-vie, dont les unités de compte sont intégralement investies en fonds indiciels cotés (ETF ou trackers).

Objectif d'un milliard d'euros d'encours en 2020

Yomoni compte sur le bouche à oreille, affirmant que « 35% des nouveaux clients viennent par recommandation ». La société a étoffé son offre avec le lancement de Yomoni Kids (une assurance vie pour les enfants) et de Yomoni Society (clientèle patrimoniale, entrepreneurs) en juin dernier, pour concurrencer la gestion privée.

« Avec une offre enrichie, des clients au rendez-vous et des performances solides, nous visons désormais un milliard d'euros d'encours sous gestion d'ici à 2020, soit une multiplication par 10 », a déclaré Sébastien d'Ornano, qui assure que Yomoni « a vocation à rester indépendant ».

Pour atteindre cet objectif, la jeune pousse se diversifie dans l'épargne salariale à destination des TPE et PME, surfant sur la loi Pacte, qui comprend une série de mesures visant notamment à dynamiser l'épargne salariale. Depuis quelques années, de nombreuses startup et Fintech se sont positionnées sur le marché des robo-advisors, Nalo, Marie Quantier, Advize, WeSave, en France, et de gros acteurs ont émergé en Europe (Nutmeg outre-manche et Scalable en Allemagne. L'an dernier, BNP Paribas AM a pris une participation majoritaire dans le belge Gambit.

Pour autant, la notoriété de ces robots-conseiller reste à prouver, du moins en France. D'après un sondage Ifop, seulement un Français sur deux a déjà entendu parler des robo-advisors (42% voient ce dont il s'agit, dont seulement 22% de manière précise).

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