Le London Stock Exchange prêt à rivaliser avec Bloomberg en rachetant le roi de la data Refinitiv

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(Crédits : TOBY MELVILLE)
L'opérateur de la Bourse de Londres a officialisé le 1er août son projet d'acquisition à 27 milliards de dollars de l'ancienne activité de Thomson Reuters dans l'information financière, qui lui permettra de rivaliser avec Bloomberg.

[Article mis à jour le 1/08 à 14h30]

"Data is just the beginning" (en français "les données ne sont que le commencement"): tel est le slogan de Refinitiv, l'ex-division Financial & Risk de Thomson Reuters spécialisée dans l'information financière, rachetée en octobre 2018 dans le cadre de l'un des plus gros LBO (leverage-buy-out, rachat par endettement) depuis la crise financière, pour 20 milliards de dollars, par un consortium mené par le fonds d'investissement Blackstone, avec le fonds souverain singapourien GIC et le fonds de pension canadien CPIB. Refinitiv, dont Thomson Reuters a conservé 45% du capital, va à nouveau changer de mains : le London Stock Exchange Group, opérateur notamment de la Bourse de Londres, a confirmé ce week-end qu'il envisageait de réaliser l'acquisition du fournisseur d'informations financières pour une valeur de 27 milliards de dollars (dette comprise, environ 24,2 milliards d'euros), en action et non en cash.

"Les parties prévoient que l'opération conduira les actionnaires de Refinitiv à détenir une participation d'environ 37% dans le groupe élargi et moins de 30% du total des droits de vote de LSEG" indique le London Stock Exchange Group dans son communiqué, réagissant à une .

La nouvelle a fait bondir de plus de 14% l'action LSEG ce lundi 29 juillet à la Bourse de Londres. Le groupe britannique capitalise près de 20 milliards de livres (22 milliards d'euros).

Trois jours plus tard, jeudi 1er août, le LSEG a officialisé son projet d'acquisition de Refinitiv, selon les modalités déjà annoncées. Les actionnaires de Refinitiv auront moins de 30% des droits de vote du LSE. Thomson Reuters a précisé qu'il détiendrait in fine 15% du LSE.

Acquisition stratégique

Audacieuse, l'acquisition de Refinitiv, qui prendrait en fait la forme d'une fusion, serait stratégique pour le LSE, dans un univers financier où les données vont jouer un rôle de plus en plus éminent. Elle permettra notamment d'étoffer l'offre du LSE sur les transactions OTC (de gré à gré), grâce à la plate-forme FXALL de Refinitiv.

"La transformation numérique du paysage des infrastructures de marchés financiers, conjuguée au potentiel d'innovation accru, suscite la demande des clients pour un contenu de données sophistiqué et des analyses fournies sur des plateformes flexibles et ouvertes. Dans ce contexte, le conseil [du LSE] est convaincu qu'un fournisseur d'infrastructure de premier plan sur les marchés financiers doit opérer à l'échelle mondiale et sur toutes les classes d'actifs, avec des capacités de gestion, d'analyse et de distribution des données pouvant servir les clients de différentes classes d'actifs et zones géographiques" fait valoir le groupe boursier.

Le LSE évalue à 350 millions de livres les synergies de coûts annuels de fonctionnement pour le nouvel ensemble qui réaliserait un chiffre d'affaires de plus de 6 milliards de livres.

"Ensemble, LSEG et Refinitiv seraient le plus grand fournisseur mondial d'infrastructures boursières coté en Bourse, en termes de revenus"

Le rival Bloomberg n'est pas coté en Bourse. Les terminaux Eikon de Refinitiv sont des concurrents directs des fameux terminaux Bloomberg réputés coûteux (24.000 dollars par an), également attaqués sur l'axe de la messagerie par la Fintech Symphony.

L'opération, qui sera soumise au vote des actionnaires du LSE au quatrième trimestre de 2019, sera sans doute examinée par les autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis. Si la transaction aboutit, Blackstone aura presque doublé la valeur de son investissement initial en moins d'un an.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2019 à 13:39 :
"le nouvel ensemble qui réaliserait un chiffre d'affaires de plus de 6 milliards de livres"

27 milliards pour moins de 6 milliards de CA ?

Là les gars il nous manque des données dans cette information expliquant un tel prix... même si on sait que le domaine de l'information est primordiale, enfin de l'information précise pas celle biaisée des médias de masse bien entendu.

L'utilisation qui en est faite, les débouchés d'une telle économie, les clients... Parce que 27 milliards me paraissent disproportionnés même si en effet dans la finance tout est disproportionné.

"où les données vont jouer un rôle de plus en plus éminent"

Somme nousdonc dans un business de données, bien souvent datées et erronées où plutôt dans celui du renseignement ?

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