Le London Stock Exchange prêt à rivaliser avec Bloomberg en rachetant le roi de la data Refinitiv
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TOBY MELVILLE
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[Article mis à jour le 1/08 à 14h30]
"Data is just the beginning" (en français "les données ne sont que le commencement"): tel est le slogan de Refinitiv, l'ex-division Financial & Risk de Thomson Reuters spécialisée dans l'information financière, rachetée en octobre 2018 dans le cadre de l'un des plus gros LBO (leverage-buy-out, rachat par endettement) depuis la crise financière, pour 20 milliards de dollars, par un consortium mené par le fonds d'investissement Blackstone, avec le fonds souverain singapourien GIC et le fonds de pension canadien CPIB. Refinitiv, dont Thomson Reuters a conservé 45% du capital, va à nouveau changer de mains : le London Stock Exchange Group, opérateur notamment de la Bourse de Londres, a confirmé ce week-end qu'il envisageait de réaliser l'acquisition du fournisseur d'informations financières pour une valeur de 27 milliards de dollars (dette comprise, environ 24,2 milliards d'euros), en action et non en cash.
La nouvelle a fait bondir de plus de 14% l'action LSEG ce lundi 29 juillet à la Bourse de Londres. Le groupe britannique capitalise près de 20 milliards de livres (22 milliards d'euros).
Trois jours plus tard, jeudi 1er août, le LSEG a officialisé son projet d'acquisition de Refinitiv, selon les modalités déjà annoncées. Les actionnaires de Refinitiv auront moins de 30% des droits de vote du LSE. Thomson Reuters a précisé qu'il détiendrait in fine 15% du LSE.
Audacieuse, l'acquisition de Refinitiv, qui prendrait en fait la forme d'une fusion, serait stratégique pour le LSE, dans un univers financier où les données vont jouer un rôle de plus en plus éminent. Elle permettra notamment d'étoffer l'offre du LSE sur les transactions OTC (de gré à gré), grâce à la plate-forme FXALL de Refinitiv.
Le LSE évalue à 350 millions de livres les synergies de coûts annuels de fonctionnement pour le nouvel ensemble qui réaliserait un chiffre d'affaires de plus de 6 milliards de livres.
Le rival Bloomberg n'est pas coté en Bourse. Les terminaux Eikon de Refinitiv sont des concurrents directs des fameux terminaux Bloomberg réputés coûteux (24.000 dollars par an), également attaqués sur l'axe de la messagerie par la Fintech Symphony.
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L'opération, qui sera soumise au vote des actionnaires du LSE au quatrième trimestre de 2019, sera sans doute examinée par les autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis. Si la transaction aboutit, Blackstone aura presque doublé la valeur de son investissement initial en moins d'un an.
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