Le suédois Klarna devient la Fintech la plus valorisée d'Europe

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Créée en 2005 à Stockholm, la Fintech Klarna s'est spécialisée dans les paiements en ligne et détient une licence bancaire.
Créée en 2005 à Stockholm, la Fintech Klarna s'est spécialisée dans les paiements en ligne et détient une licence bancaire. (Crédits : Klarna)
Le spécialiste suédois des paiements en ligne Klarna, dont le service “Achetez maintenant, payez plus tard” est plébiscité par une soixantaine de millions de consommateurs, vient de lever 460 millions de dollars. Sa valorisation atteint désormais 5,5 milliards de dollars, soit la plus élevée du secteur des Fintech en Europe.

Les méga-levées de fonds dans l'industrie de la Fintech, ces startups qui veulent bousculer le monde de la finance, se succèdent. Après la levée de fonds de 400 millions de dollars de la néobanque brésilienne Nubank, la propulsant sur la première marche des startups les plus valorisées du continent sud-américain, c'est au tour de la Fintech suédoise Klarna, spécialiste de solutions de paiement innovantes, d'annoncer un tour de table XXL de 460 millions de dollars, soit environ 411 millions d'euros.

En réalisant cette opération, Klarna, spécialisée dans les paiements en ligne, détrône la Fintech britannique OakNorth qui, en début d'année, avait annoncé avoir réalisé la plus grosse levée de fonds dans le secteur de la Fintech européenne en levant 440 millions de dollars, soit environ 388 millions d'euros.

Une valorisation record de 5,5 milliards de dollars

Surtout, la pépite scandinave devient la Fintech du Vieux Continent la plus valorisée en atteignant les 5,5 milliards de dollars. C'est bien plus que OakNorth, valorisée 2,8 milliards de dollars, ou même que la néobanque allemande N26, qui a levé 470 millions de dollars en deux temps depuis janvier, désormais valorisée 3,5 milliards de dollars.

En revanche, la valorisation de Klarna reste inférieure à celle d'autres Fintech du continent américain, comme Stripe, qui vaut plus de 22 milliards de dollarsRobinhood, qui réinvente le boursicotage, valorisée 7,6 milliards de dollars, ou encore Nubank qui a décroché à la fin du mois de juillet le statut de "décacorne" (entreprises non cotées en Bourse valorisées plus de 10 milliards de dollars, quand les "licornes" en valent un seul). À l'échelle mondiale, Klarna se hisse ainsi à la sixième position des startups de la Fintech les plus valorisées.

Le nouveau tour de table de Klarna a été mené par Dragoneer Investment Group, une société de capital-investissement basée à San Francisco. Commonwealth Bank of Australia, la plus grande banque de détail d'Australie, Merian Chrysalis Investment Company et BlackRock figurent parmi les autres investisseurs de ce tour de table. Sequoia Capital, DST Global, Visa, Bestseller Group, Atomico ou encore le rappeur américain Snoop Dogg comptent parmi les actionnaires historiques de la société.

Accélérer aux États-Unis

Fondée en 2005, la jeune entreprise de Stockholm, qui emploie 2.500 personnes dans 14 pays et détient une licence bancaire, a réussi à imposer sa solution de paiement innovante (le client ne paie qu'après la réception de la commande, Klarna avançant les frais et assumant les risques de fraudes) en Scandinavie, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, en Belgique et au Royaume-Uni, mais aussi outre-Atlantique. En plus de son service "Shop now, pay later" ("Achetez maintenant, payez plus tard"), Klarna propose également des solutions de paiements fractionnés.

"Ce financement aidera Klarna à poursuivre sa croissance rapide sur le marché américain, où elle croît actuellement à un rythme annuel de 6 millions de nouveaux consommateurs américains", explique l'entreprise dans un communiqué.

Outre-Atlantique, ses solutions de paiement ont été adoptées par 3.000 marchands, dont rue21, ASOS ou encore Superdry et Sonos. "Les marques mondiales H&M, Abercrombie & Fitch et Boohoo Group vont bientôt mettre en place Klarna", précise l'entreprise suédoise.

En passe de réaliser plus de 1 milliard de dollars de revenus

Au total, la Fintech dit compter quelque 60 millions de consommateurs clients à travers 130.000 marchands partenaires, dont Adidas, Zara, TopShop, Samsung, Ikea ou encore Etsy, Sephora, Spotify et Lufthansa. Klarna revendique 1 million de transactions quotidiennes et vise un chiffre d'affaires annuel de 1 milliard de dollars. Pour se rémunérer, elle prélève des frais auprès des marchands partenaires (qui, eux, ont la possibilité d'augmenter leur taux de conversion et le montant moyen des paniers d'achat) ainsi qu'auprès des consommateurs qui ne paient pas en temps et en heure. Son résultat opérationnel est ressorti en 2018 à 15 millions d'euros.

Sebastian Siemiatkowski, cofondateur et directeur général de Klarna, avait confié en avril dernier à Reuters que sa société s'approchait d'une situation où une introduction en Bourse était possible, tout en ajoutant alors qu'aucune décision n'avait été prise en la matière. Selon Reuters, cette position serait toujours d'actualité. En 2018, une autre pépite suédoise de la Fintech, iZettle, envisageait une introduction en Bourse. Elle a finalement été rachetée par Paypal 2,2 milliards de dollars, la plus grosse acquisition jamais réalisée par le géant américain des paiements.

(Avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/08/2019 à 9:21 :
Je vois vraiment pas ce qu'on trouve a klarna. Ils ont rien inventé de spectaculaire. Leur principe est vraiment nul. Ici en Suède on a pas le choix d'utiliser klarna a chaque paiement. Résultat faut payer en plein de petites fois dans plusieurs mois donc en gros on oublie de payer et on se prend des relances avec des majorations. C'est ça leur business model : que les clients oublient pour leur facturer des frais avec impossibilité de payer tout maintenant. Une arnaque cette solution.

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