E-commerce : la Fintech Alma veut démocratiser le paiement en plusieurs fois
Juliette Raynal

La Fintech Alma permet aux petits et moyens e-commerçants de proposer un paiement en plusieurs fois à leurs clients.
Alma
Juliette Raynal

La Fintech Alma permet aux petits et moyens e-commerçants de proposer un paiement en plusieurs fois à leurs clients.
Alma
En France, le marché du paiement fractionné, c'est-à-dire étalé sur plusieurs mois, était estimé à 5 milliards d'euros en 2018, selon Banque Casino, un poids lourd du secteur. Alma, une jeune startup de la finance, est bien décidée à prendre une part de ce joli gâteau. La Fintech compte démocratiser le paiement en plusieurs fois auprès des petits et moyens e-commerçants.
Créée en 2018 par Louis Chatriot, ancien directeur général de Stripe en Italie, aux côtés de Guillaume Desloges, la Fintech vient d'officialiser une levée de fonds de 3,3 millions d'euros auprès des fonds Isai, IDinvest, Kima Ventures et La Financière Saint James, détenue par un des cofondateurs de Vente Privée Michaël Benabou, ainsi que plusieurs business angels issus du monde du e-commerce comme Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings de PriceMinister, Guillaume Clavel, fondateur de MisterGoodDeal, ainsi que Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.
La Fintech commercialise une solution en ligne qui permet aux startups et PME de proposer à leurs clients de payer en ligne en 3 ou 4 fois et ainsi d'augmenter leur taux de conversion et, donc, leur chiffre d'affaires. Si les internautes ont la possibilité d'étaler leurs paiements sur plusieurs mois (avec ou sans frais), les e-commerçants, eux, reçoivent la totalité du paiement directement. C'est, en effet, Alma qui rachète les créances des e-commerçants et porte le risque du défaut de paiement en s'appuyant sur l'assureur La Parisienne. En parallèle de sa première augmentation de capital, Alma a aussi levé 4 millions d'euros en dette afin de pouvoir financer ses e-commerçants clients.
L'idée d'Alma germe alors que Louis Chatriot travaille encore chez Stripe (une entreprise américaine qui développe des logiciels permettant notamment aux startups d'accepter les paiements en carte bancaire sur leur site) où il réalise qu'il ne peut pas proposer des fonctionnalités de facilités de paiement à ses entreprises clientes, car les géants du paiement fractionné, comme Banque Casino, Oney, Cetelem ou encore Cofidis et Cofinoga, ne servent pas le marché des TPE/PME.
Pour autant, l'évaluation de la solvabilité des acheteurs n'est pas oubliée. "Nous réalisons notre scoring à partir des données de transactions et si nous estimons qu'il y a un risque nous demandons l'accès aux données bancaires du client via Budget Insight", explique Louis Chatriot.
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Lancée en début d'année, la solution a déjà été adoptée par une petite centaine de PME. Ces dernières ne payent pas de frais d'installation, ni d'abonnement mais versent une commission, de tout de même 3,8%, à chaque transaction réalisée via Alma.
Les fonds levés serviront à étoffer les équipes pour arriver à une vingtaine de personnes au début de l'année prochaine, contre une dizaine actuellement. "Nous voulons nous imposer sur le long terme. Selon moi, cela passe par une culture d'entreprise forte. Nous ne voulons donc pas recruter trop vite", explique Louis Chatriot.
La Fintech entend également prendre le temps nécessaire pour obtenir le statut d'établissement de paiement auprès de l'ACPR, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France. A moyen terme, Alma prévoit d'étoffer son offre en proposant des services de trésorerie et de prêts. "Mais nous voulons d'abord être les meilleurs sur le paiement en plusieurs fois pour les PME", insiste Louis Chatriot. En France, le financement des PME attire de plus en plus de startups. La jeune pousse Finexkap s'est spécialisée dans l'affacturage tandis que Rollingfunds leur propose du prêt de trésorerie.
En parallèle, Alma planche également sur une offre de paiement en plusieurs fois pour les boutiques physiques de ces mêmes PME. Un créneau où s'est déjà positionnée Oney, ancienne filiale bancaire d'Auchan rachetée en février dernier par le groupe BPCE. "Oney propose ce service via une carte de crédit, ce qui n'est pas adapté aux PME. Notre solution, en cours de test dans quelques boutiques, repose sur le paiement mobile", précise l'entrepreneur.
Quant à un développement à l'international, l'entrepreneur y songe, mais seulement dans un second temps.
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En Europe, la licorne (entreprise non cotée en Bourse, valorisée plus d'un milliard de dollars) suédoise Klarna, spécialisée dans les services de paiement en ligne, connaît une très forte croissance. Elle emploie 2.500 personnes et revendique plus de 130.000 e-commerçants clients dans 14 pays. Alma, elle, préfère cultiver son mantra : Hâte toi lentement.
Juliette Raynal