L'Américain Stripe double sa valorisation à 20 milliards de dollars

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Agé de 30 ans, l'Irlandais Patrick Collison a cofondé, avec son frère cadet John, Stripe en 2010. Ils vivent tous deux à San Francisco.
Agé de 30 ans, l'Irlandais Patrick Collison a cofondé, avec son frère cadet John, Stripe en 2010. Ils vivent tous deux à San Francisco. (Crédits : Stripe)
L'entreprise de paiement californienne vient de lever 245 millions de dollars auprès de Tiger Global, Sequoia et DST Global. Un tour de table qui le valorise presque autant que la Fintech néerlandaise Adyen, entrée en Bourse en juin.

Il n'y a pas qu'une nouvelle star dans le monde bouillonnant des paiements. Si le néerlandais Adyen a créé la surprise en juin avec une introduction en Bourse retentissante, son concurrent américain Stripe montre qu'il est toujours bien dans la course. L'entreprise fondée en 2010 par deux frères irlandais, Patrick et John Collison, installés à San Francisco, a annoncé mercredi soir un nouveau tour de table de 245 millions de dollars (environ 208 millions d'euros), mené par le hedge fund new-yorkais Tiger Global Management, suivi du fonds du milliardaire russe Youri Milner, DST Global, et du fonds californien Sequoia Capital, qui était déjà au capital. La levée de fonds valorise Stripe 20 milliards de dollars (l'équivalent de 17 milliards d'euros), indique l'entreprise elle-même dans un communiqué.

C'est un montant assez proche de l'actuelle capitalisation boursière d'Adyen (19,5 milliards d'euros) et qui la fait entrer dans le club des "décacornes" (entreprises valorisées plus de 10 milliards de dollars, quand les "licornes" en valent un seul). En novembre 2016, son précédent tour de table avait établi sa valeur à plus de 9 milliards.

Stripe se présente comme "une infrastructure de paiement", dans le cloud, et "la boîte à outils des entreprises Internet" : elle a développé toute une série de modules logiciels permettant notamment aux startups d'accepter les paiements en carte bancaire sur leur site en quelques heures. Elle a ajouté de nouveaux services, comme le transfert d'argent, la détection de fraude et récemment l'émission de cartes de paiement pour les employés (aux Etats-Unis).

Cap sur l'Asie et les grands comptes

Cet apport d'argent frais financera principalement sa croissance internationale, en particulier en Asie : Stripe va créer un "hub" d'ingénieurs à Singapour pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients asiatiques, comme l'entreprise de VTC singapourienne Grab et le chinois Mobike (vélos partagés).

Employant 1.300 personnes, Stripe revendique "des millions d'entreprises, de la startup aux sociétés cotées en Bourse" clientes dans 25 pays.

"Améliorer l'infrastructure mondiale des paiements, c'est accroître la production économique, encourager l'esprit d'entreprise et aider les nouveaux entrants à concurrencer les acteurs établis. En proposant l'infrastructure Stripe dans un plus grand nombre de marchés et en renforçant nos capacités pour les entreprises de toutes tailles, nous espérons accélérer l'innovation dans le monde entier" a déclaré Patrick Collison, le directeur général de Stripe, cité dans le communiqué.

Stripe observe que "seulement 3% du commerce mondial a lieu en ligne aujourd'hui. Ce marché devrait atteindre 4.000 milliards de dollars d'ici 2020 notamment porté par l'afflux de plus de 500 millions de consommateurs en Asie du Sud-Est et en Inde qui accéderont à Internet au cours des trois prochaines années".

Outre le cap sur l'Asie, l'entreprise californienne veut davantage développer son offre "à destination des grands comptes, au fur et à mesure que les grandes entreprises migrent vers Stripe". Parmi les clients récemment conquis, elle cite Google, Booking.com Spotify et Uber (qui sont par ailleurs aussi clients d'Adyen pour la plupart).

"Alors que les entreprises cherchent à se réinventer rapidement par le biais d'initiatives de transformation numérique, et que les entreprises technologiques en forte croissance deviennent de grandes entreprises à part entière, Stripe commence à s'adresser à un public plus établi" fait valoir la société dans son communiqué.

Par exemple, elle va bientôt lancer une offre de support Premium pour ces clients plus exigeants. Si elle a longtemps capitalisé sur sa proximité avec l'univers des startups et des développeurs, Stripe est bien décidée à ne pas se cantonner au segment des indépendants, TPE et PME à la mortalité élevée mais à s'ouvrir de plus en plus aux grands groupes aux poches profondes, dont certains se mettent eux aussi à l'e-commerce. Quitte à venir jouer sur le terrain d'Adyen, spécialisée sur les grands "retailers". 

Curieusement, l'entreprise refuse toujours de communiquer le volume de transactions traitées, ni encore moins ses revenus, ce qui rend les comparaisons et l'appréciation de sa trajectoire difficiles.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2018 à 17:58 :
Valorisé à 20 milliards $ , alors que,
"l'entreprise refuse toujours de communiquer le volume de transactions traitées, ni encore moins ses revenus"
Espérons que les investisseurs ont les VRAI chiffres dans les mains !
a écrit le 27/09/2018 à 9:55 :
Internet est une véritable révolution mais ceux qui réussissent dedans ne se consacrent qu'aux moyens de paiement où à la finance indirectement.

Bref une économie à deux sous à l'image de ses propriétaires de capitaux et d'outils de production.

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