Natixis se rate en Asie et dévisse, malgré le dividende

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La baisse de revenus annoncée par Natixis au quatrième trimestre ne remet nullement en cause les objectifs du plan stratégique New Dimension a insisté la filiale de BPCE, dirigée depuis juin par François Riahi.
La baisse de revenus annoncée par Natixis au quatrième trimestre "ne remet nullement en cause les objectifs du plan stratégique New Dimension" a insisté la filiale de BPCE, dirigée depuis juin par François Riahi. (Crédits : DR)
La filiale cotée en Bourse de BPCE a prévenu qu'une perte sur les dérivés en Asie amputerait de 100 millions d'euros son produit net bancaire du quatrième trimestre et qu'elle passerait une provision de 160 millions d'euros en plus. Natixis a aussi annoncé un dividende exceptionnel de 1,5 milliard d'euros, en l'absence d'acquisition, après l'arrêt des discussions avec Ingenico. L'action a chuté de 6% ce mercredi.

[Article mis à jour à 19h50]

Un raté inattendu pour le bon élève du secteur bancaire, qui bat quasiment chaque trimestre le consensus. Natixis, la filiale cotée en Bourse du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne), a surpris en lançant mardi 18 décembre en soirée, une heure après la clôture, un avertissement sur ses résultats du dernier trimestre, évoquant des « éléments non récurrents négatifs ». La banque de marchés a indiqué que son produit net bancaire serait amputé de 100 millions d'euros au quatrième trimestre, en raison de pertes dans son portefeuille de dérivés actions sur les marchés asiatiques. Une provision de 160 millions sera en outre passée ce trimestre afin de couvrir la gestion de ce stock de produits.

« Cet élément de nature exceptionnelle est lié à la dégradation des marchés asiatiques, dont il avait déjà été indiqué lors de la présentation des résultats du deuxième et du troisième trimestre qu'elle pesait négativement sur les activités de dérivés actions. Il est apparu au quatrième trimestre que sur certains produits spécifiques traités avec des clients en Asie, le modèle de gestion utilisé a conduit à mettre en place une stratégie de couverture qui s'avère déficiente dans les conditions de marché actuelles », a précisé la banque dans le communiqué.

Les places financières asiatiques ont enregistré parmi les pires performances des Bourses mondiales cette année, sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et de craintes de ralentissement de la croissance mondiale : Shanghaï a chuté de 22% depuis janvier, Séoul de 16% et Hong Kong de 13%. Selon Reuters, les pertes de Natixis seraient surtout liées au portefeuille de dérivés actions en Corée du Sud.

« Si l'environnement de marché a été particulièrement difficile au quatrième trimestre, l'ampleur des pertes de couverture suscite des interrogations sur la gestion du risque », ont commenté les analystes de JP Morgan.

Le produit net bancaire de la banque devrait afficher un recul de l'ordre de 10% sur le trimestre par rapport à l'an dernier, à environ 2 milliards d'euros. En 2017, Natixis a réalisé un produit net bancaire de 9,4 milliards d'euros et un bénéfice net part du groupe de 1,66 milliard.

Dividende exceptionnel de 1,5 milliard d'euros

Son périmètre va toutefois être profondément bouleversé à l'issue d'une vaste opération de transfert d'activités (affacturage, crédit conso, crédit-bail, cautions et garanties, conservation de titres), pour 2,7 milliards d'euros, vers la maison-mère BPCE. Cette opération, qui doit être clôturée au premier trimestre 2019, va permette à Natixis d'alléger son bilan et de se recentrer sur la gestion d'actifs et de fortune, l'assurance, la banque de financement et d'investissement, ainsi que les paiements.

A l'annonce de l'opération en septembre, le groupe et sa maison-mère avait indiqué que les actionnaires de Natixis (au premier chef BPCE, qui détient 70,7% du capital) recevraient un dividende exceptionnel pouvant atteindre 1,5 milliard d'euros, « sauf projet d'acquisition importante d'ici à la clôture de la transaction ». Or les discussions en vue d'un rapprochement avec Ingenico sont terminées, le leader des terminaux de paiement ayant annoncé lundi ne pas donner suite aux approches préliminaires dont il a fait l'objet, officiellement de Natixis.

Lire aussi : Ingenico éconduit Natixis et écarte toute fusion

Comme pour faire passer la pilule du profit warning, Natixis a annoncé au passage dans le communiqué, sans autre forme de détail, sans mentionner la fin des discussions avec Ingenico ni l'absence de cible alternative, qu'il distribuerait ce cash aux actionnaires.

« Par ailleurs, le dividende ordinaire sera complété par un dividende exceptionnel de 1,5 milliard d'euros issu de la cession des activités de banque de détail à BPCE S.A., qui sera versé dès complétude de l'opération » a indiqué le groupe.

Il a annoncé mercredi en fin de journée la prise de contrôle à 100% de Titres Cadeaux (marques Cado Chèque, Cado Carte et E-Cado), quatrième acteur de l'activité de cartes cadeau avec un volume d'émission de 123 millions d'euros en 2017, en rachetant les parts de 50% détenues par La Banque Postale, pour un montant non précisé.

La filiale de BPCE insiste sur le fait que le produit net bancaire des métiers « sera en ligne avec celui de l'an dernier sur le trimestre, malgré le contexte de marché moins favorable, ce qui démontre la résilience et la robustesse du business model de Natixis. » Elle assure que cet accroc dans sa trajectoire « ne remet donc nullement en cause les objectifs du plan stratégique New Dimension tels que présentés le 12 septembre 2018 qui sont donc tous maintenus, y compris un payout ratio [taux de distribution] minimum de 60% en ce qui concerne le dividende ordinaire. »

L'action Natixis a chuté de plus de 6% ce mercredi, signant la deuxième plus forte baisse du SBF120. Elle a perdu plus de 36% de sa valeur depuis le début de l'année.

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Commentaires
a écrit le 20/12/2018 à 15:30 :
ca leur fera un pretexte pour pas verser la prime macron defiscalisée aux salariés mal payés de natixis ( je parle pas des grands et des traiders mais bien de la petite main qui fait tout le job...)
a écrit le 19/12/2018 à 14:24 :
Cela fait un moment que tout le monde sait que la direction des risques de marchés là-bas est un joli foutoir. Le turn-over et la pression aux résultats en sont des causes parmi d'autres. Là évidemment des têtes sont tombées mais pas les bonnes
a écrit le 19/12/2018 à 13:24 :
Les dirigeants se succèdent et sont tous aussi incompétents (sauf pour se remplir les poches);cette action a été vendue voici une bonne dizaine d'année avec le symbole "de placement bon père de famille"au prix de plus de 19 euros;quel résultat aujourd'hui,une ARNAQUE,mais comme chaque année avant l'assemblée générale,pour éviter ce qu'on appellerait aujourd'hui le syndrome gilet jaune;on inonde les actionnaires de résultats mirobolants;du baratin pour calmer le jeu;mais on ne peut pas se F....du monde sans réactions,la preuve depuis un mois!
a écrit le 19/12/2018 à 6:35 :
Les banque qui joue én bourse doivent assumé leur dette , personnellement si se n'est pas la France ou les francais qui regle les prête se n'est pas notre probleme....
Dàns cette histoire de spéculation ils y des perdant et des gagniant sur les marché , et la chance n'est pas toujours de notre Côté ....
Réponse de le 19/12/2018 à 12:07 :
L'orthographe des 5 premiers mots de votre commentaire est tellement catastrophique que j'ai arrêté la lecture immédiatement après la lecture de ces 5 mots

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