Pour Cédric Villani, "le bitcoin est plutôt effrayant qu'enthousiasmant"

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L'avenir de la monnaie sera-t-il numérique, le bitcoin est-il l'avenir de la monnaie ? Toutes ces questions passionnantes étaient débattues jeudi soir à la Banque de France lors d'une soirée d'échanges dans le cadre de la Nuit des idées. Au programme, l'histoire et les fondements de la monnaie, les monnaies locales complémentaires comme le Sardex en Sardaigne ou l'eusko au Pays basque, et bien sûr le bitcoin et les « cryptomonnaies » ou plutôt « les crypto-actifs, qui ne sont pas de la monnaie » a insisté Emmanuelle Assouan, directrice du service des systèmes de paiement et des infrastructures de marché à la Banque de France.
Invité surprise, le mathématicien et député LREM Cédric Villani est venu livrer quelques réflexions. Le lauréat de la médaille Fields en 2010, chargé par le Premier ministre d'une mission sur l'intelligence artificielle (IA), a fait le parallèle entre l'IA et la Blockchain, la technologie de « chaine de blocs », sous-jacente du bitcoin.
Cédric Villani a relevé que « la technologie Blockchain va bien au-delà des transactions financières et des monnaies digitales, on pourra enregistrer des actes de notariat, on peut imaginer de nombreux cas d'usage, à petite et grande échelle ». Cependant, il a émis de sérieuses réserves sur le bitcoin :
Le scientifique a également soulevé le problème de la consommation énergétique du bitcoin, qui fait l'objet de nombreuses controverses dans la communauté des crypto-experts.
Alexandre Stachtchenko cofondateur du cabinet de conseil Blockchain Partners et président de l'association La Chaintech, a objecté après le départ de Cédric Villani :
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Emmanuelle Assouan, de la Banque de France, lui a répondu que « le coût de fabrication d'un billet se situe entre 5 et 10 centimes d'euro. Une validation d'une transaction bitcoin c'est 215 kilowatt-heure. Grosso modo, c'est six mois de travail sur un ordinateur allumé jour et nuit, c'est 600 km avec une Smart électrique ! »
Cette évaluation, qui date de novembre et a fait l'objet de nombreux débats, a été revue à la hausse depuis par la plateforme Digiconomist, qui a conçu un indice de la consommation d'énergie de bitcoin et estime à 215kg de CO2 l'empreinte carbone d'une transaction bitcoin (soit l'équivalent d'un téléviseur allumé 53 jours sans interruption) : une seule transaction bitcoin consommerait aujourd'hui 440 kWh, autant qu'un foyer américain en 14 jours.
Mais quelle est l'empreinte carbone de toute la filière de fabrication, gestion et circulation des billets et des pièces ? Une idée de débat peut-être pour l'année prochaine.
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Conversation avec Cédric Villani, mathématicien français, directeur de l'Institut Henri-Poincaré. Animé par Michel Bera, professeur du Cnam.