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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Qui est le nouveau patron du gendarme boursier américain ?

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 05 mai 2017 à 13:43 - Mis à jour le 05 mai 2017 à 14:12

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Jay Clayton, qui vient d'être confirmé par les sénateurs américains à la tête de la Securities and Exchange Commission (SEC), aura la lourde tâche de suivre la feuille de route de Donald Trump sur la finance. Le président américain souhaite faire appliquer une réglementation qui puisse "garantir la prospérité des institutions financières".

Le Sénat américain a confirmé Jay Clayton par 61 voix contre 37 en tant que président du gendarme boursier américain (SEC) mardi dernier. Dans un communiqué, Donald Trump qui l'a fortement soutenu a expliqué que cet avocat d'affaires est "un expert hautement talentueux sur de nombreux aspects du droit financier et réglementaire et il garantira que nos institutions financières puissent prospérer et créer des emplois tout en respectant les règles dans le même temps".

Instaurée en 1934, à la suite du krach de 1929, la SEC joue un rôle majeur dans la réglementation de l'industrie financière américaine. Elle traque les délits d'initiés et les violations des règles bancaires et peut prononcer de fortes pénalités ou amendes.

Un spécialiste des fusions acquisitions

Avocat spécialisé dans les fusions-acquisitions, Jay Clinton a fait la majorité de sa carrière à New York pour les grandes banques de Wall Street. Lors de la crise financière en 2008, il a été particulièrement actif dans certaines opérations. C'est par exemple lui qui a conseillé la banque Bear Stearns proche de la faillite et qui a été rachetée par JPMorgan Chase. Il a également été mis à contribution pour tenter de sauver Lehman Brothers avant sa faillite.

    | Lire aussi Les derniers jours de Lehman Brothers

Il a également été appelé quelques semaines plus tard pour aider Goldman Sachs "à sécuriser un apport de 5 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros) de la part du milliardaire Warren Buffett", rapporte Le Monde. Par ailleurs, son épouse Gretchen Butler Clayton travaille encore pour la grande banque d'affaires en tant que conseillère.

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Jay Clayton a également été conseiller en investissement pour plusieurs grandes fortunes familiales au sein du cabinet Sullivan & Cromwell. Sur le site de la firme, toutes les indications biographiques et les opérations-acquisitions auxquelles il a participé ont été supprimées. Le Huffington Post a publié sur son site l'ensemble des éléments qui avaient disparu et la liste des opérations est très longue.

Des soupçons de conflits d'intérêts

Lors de son audition au Sénat au mois de mars dernier, Jay Clayton s'est défendu  sur le fait que sa carrière à Wall Street puisse interférer avec ses futurs devoirs. Devant la commission des élus, l'ancien conseiller de Barclays ou encore Deutsche Bank a promis une "tolérance zéro" envers les malversations financières qui pourraient survenir sur les marchés américains.

"Je le dis non seulement ici mais je le dirai au personnel de la SEC.[...] Je vous promets, ainsi qu'au peuple américain, de ne montrer aucun favoritisme envers personne", a-il affirmé dans des propos rapportés par l'AFP.

Au cours du mandat de Donald Trump, l'administration de la Maison Blanche a l'intention de revenir sur plusieurs dispositions de la loi dite "Dodd-Frank". Ce texte a été adoptée après la crise financière de 2008 pour encadrer la finance et les banques. Lors de son audition, Jay Clayton avait déclaré qu'il n'avait pas "de plan précis" pour remettre en cause la loi Dodd-Frank. Il a expliqué qu'il soutenait un examen des règles existantes pour évaluer leur efficacité.

Malgré ces propos, la sénatrice démocrate Elizabeth Warren n'a pas manqué de réagir. Très active sur les questions relatives à la régulation financière, l'élue a souligné que Jay Clayton allait devoir se récuser régulièrement des affaires traitées par le gendarme de la Bourse, soulignant au passage que "toute compagnie un peu raisonnable stratégiquement qui voudrait éviter une mesure coercitive devra simplement engager le cabinet Sullivan and Cromwell et vous ne serez pas en mesure de voter pour cette mesure".

     | PORTRAIT Elizabeth Warren, la sénatrice "shérif" de la finance américaine

"Si le président Trump voulait s'assurer que la SEC ait des difficultés à s'en prendre à ses amis de Wall Street, vous seriez le parfait candidat" à la présidence de la SEC, a ironisé la sénatrice du Massachussets.

Une proximité traditionnelle des États-Unis

L'avocat n'est pas le seul de l'administration américaine a entretenir des liens de proximité avec Goldman Sachs. Parmi les plus connus, on peut citer le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin qui est resté pendant 17 ans au sein de ce grand établissement bancaire ou le sulfureux conseiller Steven Bannon qui a été banquier spécialisé dans les investissements au début de sa carrière.

     | Lire aussi Steven Bannon, le conseiller et idéologue trop gênant de Trump

À lire également

  • Le gendarme boursier américain verse 30 millions de dollars à un informateur
  • Trump nomme un avocat pro-business à la tête du gendarme de Wall Street

Au sein même de la SEC, son futur patron n'est pas non plus le premier dirigeant de l'institution à se retrouver dans une situation où les soupçons de conflits d'intérêt pèsent sur son mandat. L'ancienne présidente de la commission Mary Jo White avait elle aussi subi de violentes critiques. Étant passée par le le grand cabinet d'avocats Debevoise & Plimpton, cette ancienne procureure avait été obligée de se mettre en retrait de plusieurs dossiers concernant des anciens clients. De même, sous le mandat de George W.Bush, le président de la SEC Harvey Pitt a été poussé à la démission en raison de sa forte proximité avec des cabinets d'audit américains.

Grégoire Normand

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