Santander en pleine forme grâce au Brésil

La banque espagnole, première de la zone euro en matière de capitalisation boursière, bénéficie de son modèle diversifié et plus particulièrement de la reprise brésilienne.
Delphine Cuny
La banque espagnole est dirigée depuis septembre 2014 par Ana Botin, la fille d'Emilio Botin, représentante de la quatrième génération de cette famille de banquiers cantabriques. Ici à la présentation des résultats annuels de Santander en janvier dernier.
La banque espagnole est dirigée depuis septembre 2014 par Ana Botin, la fille d'Emilio Botin, représentante de la quatrième génération de cette famille de banquiers cantabriques. Ici à la présentation des résultats annuels de Santander en janvier dernier. (Crédits : Reuters)

C'est un géant bancaire discret : Banco Santander est la première banque de la zone euro, devant BNP Paribas, en matière de capitalisation boursière (88 milliards d'euros, plus du double de la Société Générale). Dirigée depuis un peu plus de deux ans par une femme, Ana Botin (56 ans), représentante de la quatrième génération d'une grande famille de banquiers de la ville portuaire du nord de l'Espagne, la banque cantabrique s'est déployée à l'international en se concentrant sur des régions en croissance, notamment l'Amérique du Sud, dont le Brésil, devenu son premier marché, devant le Royaume-Uni et l'Espagne.

Un modèle diversifié dont elle récolte les fruits : après un début d'année 2016 compliqué dans un contexte de marchés tendu sur fond de Brexit et de taux d'intérêt très bas en Europe, Santander a atteint ses objectifs et commence l'année 2017 en pleine forme. Au premier trimestre, le bénéfice net du groupe a progressé de 14% à 1,8 milliard d'euros, plus qu'anticipé par les analystes, pour un produit net bancaire de 12 milliards d'euros (+6%). « Des chiffres solides », commente le courtier Jefferies.

« L'environnement continue de présenter des défis au secteur financier mais les perspectives de Santander sont positives. Les économies de tous nos principaux marchés sont attendues en croissance cette année », fait valoir la directrice générale dans un communiqué.

Merci le Brésil !

La banque peut dire merci au Brésil, où elle génère plus du quart de ses profits : le résultat est en forte hausse pour le cinquième trimestre consécutif, de 76,8%, grâce à un effet de change favorable du réal mais aussi de solides performances commerciales. Un pari de long terme, qui, après la sortie de la récession, s'avère payant. En Espagne aussi, les résultats sont supérieurs aux attentes (+17,7%). En revanche, au Royaume-Uni, la dépréciation de la livre a impacté ses résultats, en repli de 8,1% (+2,6% hors effet de change). En Europe, seule la Pologne est en recul, même en excluant les effets devises.

Santander profit par pays

[Répartition des profits de Santander par pays au premier trimestre 2017 et du portefeuille de prêts par activité immobilier, crédit conso, PME, grandes entreprises, institutions financières]

Santander, qui compte 128 millions de clients dans le monde, indique avoir conquis 1,5 million de clients "fidèles" en plus (la considérant comme banque principale, en hausse de 10%). Elle se félicite d'avoir désormais 22,1 millions de clients "digitaux" (+24%), en particulier au Brésil et au Mexique, le nombre de connexions numériques ayant augmenté de 34% en un an. En Espagne, elle revendique plus d'un million de clients adeptes de la banque sur mobile.

La banque, qui emploie plus de 188.000 personnes dans le monde, avait lancé un plan de restructuration en Europe, comprenant un plan de départs volontaires de 1.200 employés et la fermeture de 450 agences. Selon le journal espagnol Confidencial, Santander serait la mieux placée pour reprendre la banque Unicaja, la caisse d'épargne andalouse restructurée et renflouée par l'Etat si son projet d'introduction en Bourse (prévue dans le cadre de l'approbation par Bruxelles du plan d'aide publique), ne pouvait aller à son terme.

Le groupe a confirmé ses objectifs pour 2018, notamment un ratio de fonds propres de plus de 11% (contre 10,66% à la fin du premier trimestre et 13% en 2015), abaissé à l'automne.

L'action Santander subit des prises de bénéfices ce mercredi (-0,5%) : depuis janvier, elle a gagné 21%, l'une des meilleures performances des valeurs bancaires en Europe (l'indice Stoxx Banks est en hausse de 8% depuis le début de l'année).

Delphine Cuny

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