Scandale Wirecard : l'ancien PDG Markus Braun sera jugé pour fraude

L'ancien PDG de Wirecard qui avait renfloué et développé la startup jusqu'à en faire un fleuron de la finance allemande sera jugé pour fraude en bande organisée avec deux ex-dirigeants. La date du procès sera connue dans les prochaines semaines. La faillite surprise de Wirecard avait eu un retentissement jusque dans la classe politique allemande et même à l'étranger où se sont réfugiés d'anciens dirigeants de Wirecard.
L'ancien PDG de Wirecard Markus Braun.
L'ancien PDG de Wirecard Markus Braun. (Crédits : Reuters)

L'ancien PDG de la fintech Wirecard Markus Braun a été renvoyé en procès pénal par le tribunal de Munich, qui enquête sur la faillite spectaculaire de l'ancienne pépite de la finance outre-Rhin. Actuellement emprisonné, Markus Braun sera jugé pour fraude aux côtés de deux ex-cadres de la société de paiement.

Les trois anciens dirigeants devront répondre de plusieurs délits qui pourraient leur valoir un séjour en prison. Parmi les chefs d'inculpation figurent celui de fraude en bande organisée pour un présumé maquillage des comptes de l'entreprise et une présumée manipulation du cours de Bourse, selon le communiqué du tribunal munichois qui devrait fixer la date du sommet dans plusieurs semaines.

En 2020, l'effondrement brutal de Wirecard avait eu un retentissement colossal dans la finance européenne et allemande, dont elle était un fleuron. Les comptes de l'entreprise avaient en effet été falsifiés à hauteur de 25% du bilan, ce qui représente une fraude de l'ordre d'1,9 milliard d'euros. Après des mois d'investigations et de révélations du quotidien Financial Times, et une enquête tardive du gendarme financier allemand BaFin, Wirecard avait révélé en quelques jours une perte d'1,9 milliard d'euros, perdu plus de 70% de sa capitalisation et était sorti du DAX, l'indice de la Bourse allemande.

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Retentissement colossal dans la politique et la finance allemande

Alors que la fintech était promise a un bel avenir, sa disparition brutale et frauduleuse a éclaboussé nombre de dirigeants politiques et économiques en Allemagne, en plus des clients et des actionnaires lésés. Incapable de déceler la fraude dans les comptes de Wirecard qu'il auditait, le cabinet EY a vu sa réputation ternie. Acculée, l'autorité des marchés financiers allemande s'est excusée de n'avoir « pas su empêcher » ce « désastre complet » après avoir soutenu le cours de Bourse de Wirecard lors des premières révélations du Financial Times. Son dirigeant avait fini par quitter ses fonctions.

Du côté du gouvernement d'Angela Merkel, il a admis un « scandale sans équivalent dans le monde de la finance » qui constituait « un signal d'alarme montrant que nous avons besoin de davantage de contrôle ». Le ministre des Finances de l'époque, un certain Olaf Scholz devenu aujourd'hui chancelier fédéral, avait été mis en cause par l'opposition pour avoir eu vent des enquêtes en cours contre Wirecard mais n'avoir pas réagi plus tôt. Quant à Angela Merkel, deux de ses proches conseillers avaient été convoqué par le Bundestag pour venir s'expliquer sur les protections politiques dont auraient pu jouir Wirecard.

S'ouvre désormais le temps du procès, mais certains accusés ne se présenteront pas devant la justice. L'ancien directeur général adjoint Jan Marsalek s'est évaporé, probablement en Russie selon le média national Deutsche Welle. Quant à Christopher Bauer, proche de Marsalek et patron de PayEasy, l'un des principaux clients de Wirecard qui opérait dans les casinos, les jeux en ligne et la pornographie, il a été retrouvé mort aux Philippines.

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