Concurrents sur le terrain, les trois principaux groupes bancaires mutualistes, le Crédit Agricole, BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne) et le Crédit Mutuel, parlent d'une seule voix ce lundi pour dénoncer la "surtaxe" que le gouvernement a ajoutée dans le projet de loi de finances rectificative. Cette "contribution exceptionnelle" doit rapporter 5,4 milliards d'euros afin de compenser (partiellement) l'annulation par le Conseil constitutionnel de la taxe sur les dividendes que l'Etat devra rembourser aux grandes entreprises (soit 10 milliards) : 320 groupes réalisant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires seront concernés et verront leur taux d'impôt sur les sociétés passer de 33,3% à 38,3% et même à 43,3% pour la moitié d'entre eux, dont les facturations dépassent les 3 milliards d'euros. Notamment les banques.
Les banques mutualistes, qui ne versent pas (ou peu) de dividendes, s'estiment lésées :
Le Crédit Agricole S.A., l'entité cotée en Bourse de la Banque verte, verse bien un dividende (1,7 milliard d'euros en 2016), dont plus de la moitié reversée aux caisses régionales. La filiale de marchés de BPCE, Natixis, cotée, a versé 1,1 milliard d'euros de dividende dont 71% revenant à sa maison-mère.
Les dirigeants s'insurgent contre "cette injustice" faite à des groupes "de l'économie sociale" et demandent au Parlement d'adopter "une solution plus juste et solidaire", donc de les exonérer de la surtaxe "en excluant les groupes d'intégration fiscale mutualistes du champ de la taxe exceptionnelle".
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