Comment les entreprises françaises tentent de pallier l'effet des droits de douane américains

Hermès a annoncé ce jeudi une augmentation de ses prix aux États-Unis pour compenser les 10 % de droits de douane américains.
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Hermès a annoncé ce jeudi une augmentation de ses prix aux États-Unis pour compenser les 10 % de droits de douane américains.
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La première option pour les entreprises françaises touchées par les 10 % droits de douane américains consiste à en répercuter le coût sur leurs clients. Hermès a ainsi annoncé ce jeudi 17 avril une augmentation de ses prix aux États-Unis « dès le 1er mai et sur l'ensemble des métiers », sans en préciser le montant.
Le groupe Interparfums augmentera lui ses prix de « 6 à 7 % à partir du 1er août » aux États-Unis, a annoncé ce jeudi son PDG Philippe Benacin. « On n'a pas encore fait les calculs du fait que toutes ces décisions ont été prises il y a 48-72 heures mais je pense qu'on devrait finir avec 5 ou 6 millions d'euros de charges en plus sur l'année », a-t-il dit.
Dans l'automobile, l'équipementier français Forvia a lui aussi annoncé ce jeudi une répercussion partielle sur les prix. De même pour Airbus qui a indiqué, mardi, par la voix de son PDG Guillaume Faury que c'est aux clients qui importent des avions de payer le surcoût lié aux droits de douane.
Du côté de l'agroalimentaire, la fromagerie Onetik, à Macaye (Pyrénées-Atlantiques), confiait début avril à TF1 qu'elle prévoyait d'augmenter de 20 euros ses tomes d'Ossau-Iraty, vendues 300 euros aux clients américains et alors taxées à hauteur de 20 %.
Autre option : diversifier ses marchés au-delà des États-Unis. C'est ce que prévoit Fabrice Joyeux, vigneron du domaine Belambrée à Puyricard (Bouches-du-Rhône), interrogé par TF1 début avril. « Il va falloir ne pas rester dans l'incertitude du marché américain, se retrousser les manches et trouver d'autres marchés sur d'autres pays, sur d'autres territoires, et travailler, aller de l'avant », a-t-il déclaré.
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Marie-Cécile Tardieu, directrice générale déléguée de Business France, l'organisme public chargé d'aider les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) à mieux se projeter à l'international, conseillait d'ailleurs le 9 avril sur Franceinfo de « ne pas renoncer à exporter vers le marché américain » et « à diversifier ses exportations ». Forvia a également indiqué ce jeudi que le groupe serait plus ouvert sur l'Asie et plus particulièrement « le marché chinois ».
La troisième possibilité pour les entreprises est de mettre le frein sur les embauches et investissements. En plus de répercuter les droits de douane sur les prix et de s'ouvrir à de nouveaux marchés, Forvia a ainsi annoncé ce jeudi un « gel d'embauche global », selon les mots du directeur financier du groupe, Olivier Durand.
L'équipementier automobile prévoit aussi de réduire ses dépenses d'investissement « de plus de 100 millions d'euros en 2025 par rapport en 2024 ». Forvia a, par ailleurs, annoncé la restriction des voyages et l'annulation de la participation à plusieurs salons internationaux (Munich, Las Vegas). « On s'assure de réduire toutes les dépenses discrétionnaires », a souligné Olivier Durand.
Pour compenser les droits de douane qui pèsent sur les avions Airbus importés par les États-Unis, le patron de l'avionneur européen, Guillaume Faury, a affirmé lors de l'assemblée générale du groupe mardi que le constructeur aéronautique « évalu[ait] actuellement cette complexité pour comprendre ce qui est touché, puis examiner les potentielles atténuations, réorganiser nos flux, ce que nous livrons, à qui et quand ».
En effet, les incertitudes liées aux conflits commerciaux pèsent sur une chaîne d'approvisionnement mondialisée et ont déjà un impact sur le secteur aéronautique. « Il y a 3 millions de pièces par avion, les avions et les marchandises circulent des deux côtés de l'Atlantique et avec d'autres pays », a souligné Guillaume Faury.
Dernière possibilité : installer sa production aux États-Unis pour échapper aux droits de douane. C'est ce que pourrait faire L'Oréal. Le géant français des cosmétiques pourrait, « selon ce qui sera décidé » sur les droits de douane, « prendre les mesures de relocalisation nécessaire », a déclaré jeudi son directeur général Nicolas Hieronimus.
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« Nous pouvons relocaliser une partie de notre production », a affirmé le directeur général du groupe lors d'un échange avec des analystes en marge de la présentation de ses résultats du premier trimestre. « Mais nous ne voulons pas prendre de mesures précipitées pour quelque chose qui pourrait être temporaire », a-t-il tempéré. « Nous observons attentivement la situation et essayons de comprendre quelle sera l'issue. Et selon ce qui sera décidé, nous pourrons prendre les mesures de relocalisation nécessaires », a précisé le dirigeant.
(Avec AFP)