En mars, près de la moitié des salariés se sont déclarés en situation de détresse psychologique, révèle une enquête Opinionway. Mais la crise les a surtout impactés dans leur cadre professionnel, en raison notamment des nouveaux rythmes imposés par le télétravail. Dans leur vie personnelle, la plupart d'entre eux arrivent toujours à vivre des « émotions positives » dans des « temps de ressourcement ».« Lassitude », « absence de lien social », « épuisement »... Après un an de crise, la santé mentale des salariés continue de se dégrader. En trois mois, le taux de dépression nécessitant un traitement a même bondi de 15 points : 36% d'entre eux sont concernés alors qu'ils n'étaient que 21% en décembre, d'après une enquête réalisée en mars dernier par Opinionway pour Empreinte humaine sur l'« impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés ». En cause : entre les amplitudes horaires et le télétravail, leur moral est particulièrement mis à mal au travail. Ainsi, 45% des salariés s'estiment en situation de détresse psychologique, ajoute l'étude réalisée auprès de 2.004 salariés.
Pourtant, à côté de cette anxiété professionnelle, d'autres assurent qu'ils arrivent quand même à vivre des émotions positives « le soir ou le week-end après le travail », souligne l'étude. Avec la crise sanitaire, les « temps de ressourcement » sont devenus des moments clés pour la santé mentale des salariés.
Un cadre professionnel dégradé
Le résultat de l'étude est sans appel : le travail est devenu une source majeure de stress pour les salariés. « Au début de la crise, l'anxiété était liée à la peur du virus en lui-même », notent Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d'Empreinte Humaine, et Jean-Pierre Brun, co-fondateur de ce cabinet privé. Mais depuis, la dégradation de la « qualité de vie au travail » a entrainé « une dégradation » de leur « santé mentale ».
La preuve : la majorité d'entre eux déplorent la détérioration de leur cadre professionnel. 60% des salariés estiment qu'ils ont trop de travail et la moitié déclarent commencer plus tôt le matin et finir plus tard le soir, rapporte l'enquête. Dès lors, les « fortes amplitudes horaires », en plus « d'une trop grand nombre de visioconférences », ont créé un sentiment de « lassitude ». En effet, « à distance, chaque échange devient une prise de rendez-vous et les salariés finissent par passer des heures en ligne. Ils s'épuisent et deviennent moins productifs », décrit aussi Cyril Beurier, Modern Workplace Lead chez Avanade qui accompagne l'expérience virtuelle des salariés dans 33 pays. Et les conséquences sur leur moral des salariés sont sans appel : à l'échelle d'un an, le nombre de dépressions sévères a doublé, s'alarme l'enquête.