Le télétravail, un « crash test » pour le management de l'entreprise
Fanny Guinochet
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Cette crise est un véritable « crash test » pour l'encadrement. « On savait déjà les chefs de services et cadres intermédiaires entre le marteau et l'enclume, mais là, c'est très violent pour eux », insiste Emmanuel Charlot, administrateur de la Fédération des Intervenants en Risques psychosociaux, la FIRPS. « La plupart trouvent dur de manager à distance, usant et peu valorisant. » Entre coaching individuels et actions de formations collectives, les entreprises tentent de les accompagner via des cabinets extérieurs. « Attention à bien penser aux gestes de reconnaissance, à ne pas négliger les déroulés de carrière, les promotions », rappelle encore Jean Pralong, psychologue.
Et le professeur en gestion des ressources humaines à l'EM Normandie de préciser : « et on le sait, le télétravail fait la part belle, non pas aux plus compétents, mais à ceux qui savent se mettre en avant... il faut donc intégrer de nouveaux critères d'évaluation ».
Autre conseil d'Emmanuel Charlot de la FIRPS :
Une gageure quand certains brouillent les pistes et font mine d'aller bien. Par honte de montrer des signes de faiblesses, par peur aussi de perdre leur emploi. Dans quelques cas, plus rares, ils disparaissent, ne répondent plus aux mails. Il ne faut pas hésiter alors à recourir à des médiateurs professionnels.
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Etant donné la hausse des addictions constatées dans cette période, les entreprises ne peuvent plus se contenter, comme avant de quelques modules de sensibilisation : à la déconnexion, à la consommation d'alcool ou de stupéfiants.... « Surtout qu'il y a un risque juridique de l'entreprise », rappelle Alexandre Peschard, président de GAE conseils - pour gestion des addictions en entreprises-. « A charge pour elles de préserver la santé des salariés même quand il n'est pas en présentiel ». En la matière, les dispositifs - webinar, ateliers etc - ont fait leur preuve.
L'instauration d'une ligne d'écoute téléphonique peut aussi être d'un grand secours, pour que les salariés atteints de ces troubles s'y manifestent anonymement. La plupart des grandes entreprises du CAC 40 l'ont d'ailleurs mis en place. Mi-novembre, pour les TPE et PME qui n'ont pas les moyens de s'offrir ce service, le ministère du Travail a lancé un numéro vert et gratuit pour les salariés en détresse. « Même si elles ne sont pas toujours utilisées, la seule présence de ces lignes rassure », plaide Jean Pralong, psychologue du travail.
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Fanny Guinochet