Épuisement des ressources : "Il n'y a pas de plan B" (Thomas Pesquet)

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De gauche à droite, Nicolas Hazard, fondateur d'INCO et Thomas Pesquet, spationaute.
De gauche à droite, Nicolas Hazard, fondateur d'INCO et Thomas Pesquet, spationaute. (Crédits : DR)
Comment lutter contre l'épuisement programmé des ressources naturelles ? La Tribune a interrogé Thomas Pesquet, spationaute, et Nicolas Hazard, fondateur d'INCO, sur cette question cruciale.

LA TRIBUNE - Vous avez-vu la Terre depuis l'espace. Quel est votre constat sur son état ?

THOMAS PESQUET - La Terre est un vaisseau spatial avec 7 milliards d'habitants lancé dans le vide de l'espace avec des ressources limitées. On constate depuis la Station Spatiale les effets néfastes de l'activité humaine : pollution des mers, coupes dans les forêts, pollution de l'air au-dessus des grandes villes. On s'aperçoit vite que la Terre est très fragile.

Comment empêcher l'épuisement des ressources et l'aggravation des catastrophes naturelles ?

T.P. - Les agences spatiales organisent beaucoup de missions pour étudier la Terre, le climat, les océans, la biomasse, la composition gazeuse de l'atmosphère, afin de mieux comprendre les effets du réchauffement climatique. Leur rôle est d'être un fournisseur de données et de poser le diagnostic. D'ici dix ans, nous pourrons aussi vérifier depuis l'espace si les États respectent leurs engagements en faveur de l'écologie.

NICOLAS HAZARD - La biosphère est de plus en plus fragile. Nous sommes 7 milliards aujourd'hui et 10 milliards demain. Or, nous avons toujours besoin de plus de ressources pour assurer cette croissance perpétuelle imposée par le modèle capitaliste. Il nous faut réinventer notre manière de produire et de consommer. Les deux pistes intéressantes sont l'économie circulaire, pour transformer les déchets en ressources, et l'utilisation des énergies renouvelables : solaire, éolien, géothermie. Il faut aussi réorienter la manière de se servir des outils technologiques pour créer un cercle vertueux.

L'espace peut-il devenir un "plan B" pour l'humanité ?

T.P. - Non. L'idée du "plan B" me dérange, car elle nous enlève une part de responsabilité. Nous espérons emmener des hommes et des femmes vers Mars, mais dans un but d'étude, pas de colonisation. Cela nous permettra de comprendre comment la vie peut naître et disparaître. Et il faudra établir un cadre légal si nous allons chercher des ressources sur la Lune ou plus loin dans la ceinture d'astéroïdes.

N.H. - Non, pas du tout. Il n'y a pas de planète B. L'espace permet surtout de prendre du recul sur ce qui se passe, car c'est de là-bas que l'on se rend compte le mieux à quel point nous sommes petits et fragiles. Affirmer que nous pouvons coloniser Mars, comme le fait Elon Musk, c'est être coupable de susciter un espoir impossible à concrétiser. En tous cas pas pour 10 milliards d'individus, mais pour une poignée de gens riches et puissants, ceux-là même qui ont fait le monde d'aujourd'hui.

Propos recueillis par Patrick Cappelli

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a écrit le 07/04/2018 à 23:48 :
Les prédicateurs d'apocalypse existent de puis des millénaires, et à chaque fois ils se sont trompés car ils étaient incapables d'imaginer le monde futur. L'homme est capable d'inventer une agriculture avec très peu de sol, d'irriguer les déserts, de fabriquer des aliments de synthèse. Les possibilités d'aquaculture sur les mers sont immenses. A l'époque de Napoléon par exemple, la seule source d'énergie connue était le bois de chauffage et personne n'aurait pu imaginer les hydrocarbures, l'énergie solaire ou le nucléaire. L'homme est aussi capable de limiter sa croissance démographique comme en Europe ou au Japon, d'ailleurs la croissance de la population mondiale a commencé à s'infléchir.

La biologie fait des pas de géant. Il y a 150 ans, on ne savait pas ce qu'était un microbe, la médecine était inexistante et on mourait autour de 50 ans si on avait échappé aux maladies infantiles. Alors il ne faut pas imaginer le siècles qui viennent avec les solutions d'aujourd'hui. De nouvelles inventions viendront tout bouleverser.

Parmi les révolutions à venir, il y a la génétique: elle permettra de doubler ou de tripler l'espérance de vie. Ce sera alors un monde complètement nouveau, avec des problèmes complètement nouveaux.
Réponse de le 11/04/2018 à 0:33 :
La transition énergétique est une impossibilité physique. A chaque commentaire sur l’énergie je dois revenir sur les fondamentaux (Carnot) loi de la conservation d’énergie (on ne peut pas créer, ni détruire l’énergie) de la même manière que vous ne fabriquerez pas un électron, une molécule ou du minerai de fer, vous ne fabriquerez pas d’énergie. Toutes les énergies utiles à l’homme viennent de transformation d’énergies primaires présentent sur notre planète. (lumière, chaleur, vent, pluie, vagues, marées, courants, géothermie, nucléaire, pétrole, charbon, gaz et la biomasse) Pas de nouvelles énergies!!! Tous les modes de transformation sont dépendants du pétrole, vous devriez savoir qu’il n’y pas de transformation sans énergie, ni énergie sans transformation!!! et toutes les énergies sont dépendantes du pétrole pour leur fabrication, installation et maintenance (matières premières, transport etc.) avec la fin de l’accès au pétrole vous n’aurez plus d’énergies disponibles que ce soit du nucléaire ou des renouvelables, indépendamment de la technologie.
Au Brésil la mine de Carajas produit 120 millions de T de minerai de fer, utilise des milliers de tonnes d’explosif, la pelleteuse et le camion CAT de 250 tonnes fonctionneront avec un moteur à eau ? transporté par chemin de fer (900kms - 4 locos, 330 wagons – 40.000 tonnes), exporté par minéralier de 400.000t en Chine (150litres/Km de fioul lourd). Comment le faire sans pétrole ? En agriculture par exemple vous remplacez l’énergie des machines agricoles par quelle autre énergie, sachant qu’aujourd’hui il vous faut en moyenne 100l/ha de diesel, et des phosphates irremplaçables dont le pic est prévue dans une vingtaine d’années? Juste un exemple pour les éoliennes, complétement durable et soutenable ?
https://www.youtube.com/watch?v=NtIgcNR5ulc
a écrit le 06/04/2018 à 17:44 :
tres bonne analise de l etat de la terre est de sont avenir tous les intervenants ont malheureusement raison; mais comme toute les civilisations trop nombreuse on finiras comme beaucoup de scientifique l on prevues ET IL NI A PAS DE PLAN B ??? /// LA RACINE DE TOUS LES MAUX L EGOISME /// GANDHI ///
a écrit le 06/04/2018 à 14:50 :
Propos irresponsables. Évidemment que Mars et toute la galaxie sont à coloniser ! L'homme est désormais à l'étroit sur sa planète.
a écrit le 05/04/2018 à 14:49 :
L’épuisement des ressources est voulu :

Pas de respect
Pas de conscience
Pas de partage équitable
...

Le phénomène de pillage vient du concept matérialiste : toujours plus et plus pour les mêmes (qui se croient ) privilégié sur terre et partout ailleurs...
a écrit le 04/04/2018 à 18:51 :
La terre n'est pas faite pour 7 milliards d'habitants.
Jusqu'à 4 milliards pas de vrais problèmes. Un barometre pour cela les ressources en poissons, afin que tous ceux qui veulent en manger puissent en avoir. Au sénégal il n'y a plus de tioffs pour la population.
Avec les nouvelles énergies renouvelables qui peuvent devenir à court terme beaucoup plus efficaces et moins cheres que le nucleaire et les énergies fossiles, de nombreuses nouvelles opportunités pour extraire et recycler les materiaux les plus précieux.
Réponse de le 05/04/2018 à 13:47 :
L’évolution de la science permet presque toutes les naissances

Par exemple l’exemple de la chine
Ou un moment c’était interdit d’avoir plus de deux enfants par rapport à l’économie de la Chine

Aujourd’hui si une personne en Chine n’a pas de frère ou de sœur , il a droit d’avoir 2 enfants.

La Chine anticipe tous les paramètres.
a écrit le 04/04/2018 à 18:33 :
Personnellement, je fait parti des septique sur ce point. Je ne crois pas qu'on arrive à changer les choses. Juste un exemple éloquent: le dieselgate.
a écrit le 04/04/2018 à 18:19 :
Nous devons tous manger beaucoup moins de viande. Nous sommes tous bien excessivement gourmand en viande.

Lisez “Redefining agricultural yields: from tonnes to people nourished per hectare” publié en 2013

75% de la superficie de toutes les terres agricoles dans le monde sont consacré a l’elevage des bêtes.

36% des calories des cultures cultivés sont destinés a alimenter ces bêtes. 12% de ce 36% finit comme viande consammable.

Donc 32% de toutes les cultures ne servent a rien (en termes absolues) pour nourrir les etres humains.

Aux Etats Unis c’est bien pire. 80% de la proteine de ses cultures cultivées est destiné a alimenter les bêtes. Sauf être consommé directement par les etres humains. Mais leur « droit » de « bouffer » des bifteks a 500g ne peut pas se remettre en cause.

Donc en fin de compte, seulement 25% des terres agricoles servent a nourrir quelquechose et de cela, un tiers ou 32% des ces cultures sont jeté dans la poubelle – pour nourrir les bêtes qui occupent les autres 75% des terres agricoles.

6% par poids de toutes les cultures globales sont maintenant destines au biocarburant.

Donc nous sommes a presque 40% de toutes les cultures dans la poubelle. En chiffres ronds, on approche une situation ou seulement 15% des terres agricoles sur la Terre servent a nourrir la population humaine.

Qui – ou quoi – a concu une telle système si incroyablement – bête ?
a écrit le 04/04/2018 à 17:22 :
En limitant la population mondiale....cele sera fait de gré ou de force.....c'est inéluctable....😎
a écrit le 04/04/2018 à 15:11 :
Le seul plan B susceptible de réduire les prélèvements, la pollution, le béton, la déforestation, l'épuisement des ressources est de diminuer de 50% la population de la terre.
a écrit le 04/04/2018 à 13:13 :
''ceux-là même qui ont fait le monde d'aujourd'hui''. Je doute que les riches partent sur mars, vivre dans un scaphandre, cultiver trois choses ou deux, bouffer de la purée et boire une urine recyclée. Je doute aussi que ce soit juste 1% de gens qui mettent a eux seuls la planete en danger, c'est deresponsabiliser les 7 milliards de personnes. Il suffit de voir l'état des bords de route en France, je doute que ce soient les milliardaires qui jetent tous ces déchets.
a écrit le 04/04/2018 à 9:16 :
C’est vrai il n’y a pas de plan B
Pire si nous ne prenons pas soin de la terre et de l’espace dans sa globalité il y aura plus de galaxie un jour.
... les fameux trous noirs et les expériences scientifiques qui ne respectent pas les lois de la nature....
a écrit le 04/04/2018 à 9:08 :
"Affirmer que nous pouvons coloniser Mars, comme le fait Elon Musk, c'est être coupable de susciter un espoir impossible à concrétiser. En tous cas pas pour 10 milliards d'individus, mais pour une poignée de gens riches et puissants, ceux-là même qui ont fait le monde d'aujourd'hui."

Les mêmes, tellement vaniteux, qui veulent vivre éternellement. Il est évident qu'avec des décideurs de la sorte nous sommes très mal partis.

Merci pour cet entretien, on a vraiment besoin de toutes les bonnes volontés pour contrer le fléau néolibéral.

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