Usine du futur : les collectivités se mobilisent

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Usine Airbus-Daher à Saint-Nazaire
Usine Airbus-Daher à Saint-Nazaire (Crédits : Région des Pays de la Loire - Nicolas Dumez.jpg)
Nouvelles technologies et performance durable, voilà sans doute le binôme gagnant pour le renouveau de l’industrie en France. Une mutation dans laquelle les collectivités ont également leur rôle à jouer comme l’explique Christophe Clergeau - 1er Vice-président de la Région des Pays de la Loire (PS) - dans une tribune exclusive.

1 576 usines ont fermé depuis 2009 en France. Ce chiffre alimente largement  le débat sur la désindustrialisation de notre pays et son impact en termes de destruction d'emplois.  Pourtant,  pas moins de 1000 autres ont été créées pendant cette même période, notamment par des ETI et PME qui font toujours le choix d'investir, pour maintenir,  créer et pérenniser des emplois en France.  Cette nouvelle France industrielle qui se dessine est la réponse de l'industrie française au défi de la transition écologique et énergétique.

Usine du futur : quels enjeux ?

Première, deuxième et aujourd'hui troisième révolution, l'industrie a toujours été en mouvement et a fait la preuve de sa résilience dans un environnement en mutation.  Loin d'être le fruit du hasard, la renaissance à laquelle on assiste en France depuis plusieurs années est issue d'une double stratégie de repositionnement de notre industrie : d'abord l'évolution de l'appareil productif vers une industrie high-tech à faible impact environnemental, ensuite, le verdissement des filières industrielles traditionnelles et l'émergence de filières durables. C'est la fameuse « troisième révolution industrielle » chère à l'économiste américain Jeremy Rifkin. A l'impératif de compétitivité vient désormais s'ajouter celui du développement durable, à travers des usines numériques et flexibles, économes en énergie et en matière première, soucieuses de leur environnement et au sein desquelles les hommes peuvent s'épanouir.

Les Pays de la Loire, laboratoire de l'industrie du futur

Avec 108 nouveaux sites ouverts depuis 2009, c'est en Pays de la Loire que l'on trouve le plus grand nombre d'implantations d'usines et de relocalisations d'activités. Nous y avons fait le pari collectif des technologies avancées de production car elles sont transversales et diffusantes. C'est le projet de la Jules Verne Manufacturing Valley.  Au-delà de l'aspect décisif d'une nouvelle approche du management qui replace l'humain au cœur, nous voulons inventer les procédés de fabrication de demain pour irriguer toutes nos filières industrielles.  Nous construisons d'abord des usines virtuelles avant de lancer un chantier comme l'entreprise AIMM à Changé. Nous développons un navire virtuel avant même de le vendre, comme STX à St-Nazaire. Nous économisons le foncier et l'énergie en optimisant la logistique grâce aux outils de simulation des flux avec la PME nazairienne Productys. Nous développons des solutions novatrices de contrôle non destructif grâce à l'acoustique, avec le Technocampus Acoustique au Mans ou avec le robot révolutionnaire LUCIE qui recoure aux ultrasons laser sans contact, mis au point par Airbus et EADS au Technocampus Composites de Bouguenais. En Pays de la Loire, l'industrie fait également le choix de l'économie circulaire avec Atlantic Recycl Auto à St-Nicolas-de-Redon qui récupère, dépollue, déconstruit les voitures en fin de vie et revend les pièces réutilisables à bas coût, tout en recyclant le reste des composants. Ce sont tous ces projets, toutes ces nouvelles conceptions de l'économie productive qui me font dire que l'industrie du futur est déjà une réalité pour de nombreuses entreprises de mon territoire.

La transition énergétique offre également de nouvelles opportunités de marchés aux filières industrielles historiques. Dans ce cas, ce ne sont pas tant les process qui sont verts, que les nouveaux produits, d'où l'importance de la R&D que la Région promeut et soutient. Citons-ici virage écologique pris par des filières traditionnelles comme le transport maritime. En Pays de la Loire, les chantiers STX travaillent sur une propulsion au GNL et le zéro rejet, tandis que DCNS travaille sur un bloc de propulsion à  l'hydrogène pour les navires de pêche. On assiste à  l'émergence de ce que j'appelle une nouvelle économie maritime, qui s'appuie aussi  sur l'émergence de filières industrielles complètement nouvelles comme les énergies marines renouvelables (EMR). Les Pays de la Loire sont devenus en quelques années le 1er pôle industriel français du secteur avec 1000 emplois directs créés avec la perspective de 2000 emplois supplémentaires.

Un rôle majeur pour les collectivités

L'impérieuse transition énergétique et écologique ne se fera pas aux dépens de la compétitivité et de l'emploi mais est au contraire leur meilleur allié. Pour autant, cette 3ème révolution industrielle ne fera pas l'économie d'investissements productifs majeurs. Le rôle des autorités publiques consiste alors à accompagner cette mutation profonde qui nécessite des investissements importants pour soutenir la R&D, la modernisation de notre tissu industriel, en particulier celui des PME, et la montée en compétences des salariés. C'est aussi de leur responsabilité d'aider les acteurs de cette nouvelle industrie à se rencontrer et à échanger. C'est tout l'esprit de la Greenweek Nantes - Pays de la Loire, évènement inédit en France, qui débute aujourd'hui sur nos territoires : une semaine de rencontres autour des enjeux du Green dans une région où foisonnent les initiatives et les défricheurs des solutions de demain pour montrer les solutions locales qui marchent le mieux et les partager.

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Rendez-vous

Greenweek Nantes - Pays de la Loire - du 19 au 23 octobre 2015

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Bio express de l'auteur

Christophe Clergeau est le 1er Vice-président de la Région des Pays de la Loire (PS). Il est Président de la Commission Economie, Innovation, Enseignement supérieur, Recherche.

Cleantech Republic

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