Guyane : Total autorisé à chercher du pétrole dans les eaux territoriales

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Total pourra forer dans les eaux territoriales guyanaises grâce à l'arrêté préfectorale délivré par la Préfecture de Guyane.
Total pourra forer dans les eaux territoriales guyanaises grâce à l'arrêté préfectorale délivré par la Préfecture de Guyane. (Crédits : Charles Platiau)
Le groupe Total a obtenu le document préfectoral lui octroyant le droit de débuter ses explorations dans les eaux territoriales de la Guyane, s'est réjouit dans un communiqué la collectivité territoriale de Guyane (CTG). Un projet validé en dépit d'une enquête publique aux résultats défavorables.

C'est désormais officiel. Total pourra mener une campagne d'exploration pétrolière en Guyane. L'entreprise française a obtenu de la part de la Préfecture de Cayenne (Guyane) l'arrêté lui permettant d'entamer ses explorations dans les eaux territoriales de la Guyane. "L'arrêté a été pris et signifié à Total", a confirmé mardi 23 octobre, la direction générale des services de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), une émanation fuit de la fusion, depuis décembre 2015, de la région et du département.

"Nous sommes aujourd'hui mobilisés pour préparer la campagne de forage que nous souhaitons démarrer d'ici à la fin de l'année à partir de la base logistique de Cayenne", a indiqué une porte-parole du groupe pétrolier ce mercredi. Selon sa demande, la société Total Exploration & Production Guyane française SAS vise dans un premier temps le forage d'un puits d'exploration dans la partie centrale du permis Guyane Maritime à partir de fin 2018 début 2019 et sur une période de 4 mois.​

Un projet validé en dépit d'une enquête publique défavorable

Cinq forages ont déjà été réalisés entre 2012 et 2013 dans la partie Sud-Est de ce permis sans être couronnés de succès.​ Dans la partie Nord-Ouest du périmètre, "la zone centrale n'a jamais, elle, été forée", a noté fin septembre le rapport de la commission d'enquête publique relative à cette nouvelle demande d'ouverture de travaux miniers offshore.​ "Les études menées par Total entre 2014 et 2015, intégrant toutes les données recueillies, permettent de mettre en évidence un potentiel d'exploration intéressant dans la zone centrale du permis", avait encore rappelé le rapport de la commission.​

Au cours de l'enquête conduite entre les 16 juillet et 23 août derniers, sur 7.183 avis, "un record en matière d'enquête publique en Guyane" selon la commission, 7.173 avis étaient défavorables à ces forages en mer, 8 avis non définis et 2 favorables.​ Pourtant, pour sa part, la commission d'enquête avait émis un avis favorable à cette demande de campagne de forages le 24 septembre avec trois recommandations : "remettre en activité la Commission de Suivi et de Concertation (CSC) sur le pétrole en Guyane", "établir un cahier des charges spécifique sur les procédures de rejet des boues dans l'océan et le traitement des boues toxiques" et "mettre en œuvre un contrôle effectif par l'autorité publique de ces rejets et traitements des boues toxiques".​

Une défaite pour les défenseurs de l'environnement

La CTG, favorable aux travaux, a souligné mardi soir que la signature de cet arrêté permettait de concrétiser un accord de partenariat avec "le groupe pétrolier qui fixe la mobilisation de 10 millions d'euros par ce dernier au profit de l'économie locale", accord qui était subordonné "à l'autorisation du projet de forage".​

Lire aussi : Au Brésil, le projet de forage de Total à l'embouchure de l'Amazone une nouvelle fois bloqué

L'ONG Greenpeace s'est dite en revanche "atterrée", dans un communiqué. Elle fait valoir que les forages se trouveraient à proximité d'un récif corallien unique découvert au large de l'embouchure du fleuve Amazone. Elle rappelle l'opposition exprimée lors de l'enquête publique et souligne la contradiction à autoriser une exploration pétrolière "moins d'un mois après la publication du rapport du GIEC" recommandant une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre, issues aujourd'hui pour les trois quarts des énergies fossiles, pour éviter un emballement climatique.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2018 à 9:23 :
Il suffit d'un petit we de grève du carburant et ne pas aller faire ses courses chez Leclerc, vous verrez les taxes baisser immédiatement pour ré-appater le client !
C'est quand même pas inhumain à faire...
a écrit le 24/10/2018 à 22:06 :
Il y a moins d'un an le gouvernement a fait voter une loi qui vise à interdire tout forage pétrolier sur le territoire français à partir de 2040 et d'ici à cette date, aucun nouveau permis de recherche, aucune concession et aucune autorisation de forage ne devait plus être délivrée, sauf dans le cadre des concessions existantes.

L'autorisation de procéder, par Total, a des forages d'exploration en Guyane ne peut avoir qu'une signification: MACRON VA REVENIR SUR CETTE LOI.

Dans le cas contraire Total n'engagerait pas des campagnes de forage sous-marin en eau profonde (+/- 60 millions €/puit) s'il n'avait la quasi certitude de pouvoir exploiter par la suite (là encore la mise en production en deep offshore est une opération à plus d'un milliard € d'investissement).

La facture pétrolière de la France représente +/- 60 Mds € de déficit commercial pur, si l'on pouvait importer le pétrole... de France, cela réduirait d'autant le déficit de la balance extérieure et renforcerait notre indépendance... Mais il ne faut pas rêver, Macron est accroc aux taxes pétrolières et il ne connaît que la matraque fiscale en guise de politique écologique, donc pour le quidam ça ne changerait rien, et pour la planète non plus. Que le pétrole soi français ou pas, il n'est pas décarboné.
a écrit le 24/10/2018 à 19:25 :
"Une défaite pour les défenseurs de l'environnement"

Oh, vous pouvez enlever "défenseurs"...

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