Pour Morry Taylor, trublion patron de Titan, Montebourg est un "charmant jeune homme"

Maurice "the Grizz" Taylor a encore frappé. La CGT étant prête à "discuter", il pourrait reprendre l'usine Goodyear d'Amiens. Quelques mois après avoir échangé des lettres acerbes avec le ministre du Redressement national, il lui adresse aujourd'hui des compliments... tout en maintenant ses propos sur l'oisiveté française.
Maurice Taylor, le patron de Titan international, potentiel repreneur de l'usine de pneus Goodyear à Amiens, a tendu la main à la CGT qui, l'a acceptée non sans réticences.
Maurice Taylor, le patron de Titan international, potentiel repreneur de l'usine de pneus Goodyear à Amiens, a tendu la main à la CGT qui, l'a acceptée non sans réticences. (Crédits : DR)

Le "Grizzly" rentre les crocs. Maurice Taylor, le patron de Titan international, potentiel repreneur de l'usine de pneus Goodyear à Amiens, a tendu la main à la CGT qui, l'a acceptée non sans réticences. L'homme d'affaires américain a confirmé s'être entretenu avec Arnaud Montebourg, le  ministre du Redressement productif. Il lui a d'ailleurs adressé d'étranges éloges, le qualifiant par exemple de "charmant jeune homme" dans une interview au Wall Street Journal publiée le 23 octobre au soir. 

"Je lui ai dit que s'il était allé à l'école aux Etats-Unis, il aurait pu être célèbre, soit en tant que basketteur soit en tant que receveur dans une équipe de football" américain, a rapporté Maurice Taylor. 

Un petit verre de vin rouge avec Arnaud Montebourg

L'homme dit avoir au moins un point commun avec Arnaud Montebourg: tous deux se sont lancés dans une campagne présidentielle. Et tous deux ont échoué.

Toutefois, à part le "verre de vin rouge" qu'il serait "honoré" de partager avec le ministre français si l'affaire est conclue, les témoignages de sympathie se sont arrêtés là. 

Travailler en France? C'est un peu comme "être dans un institut de beauté"

Sur la France, et surtout sa vision des Français au travail, il ne s'est pas montré plus tendre qu'au mois de février, quand il échangeait des lettres au vitriol avec Arnaud Montebourg:

 "Vous avez sept heures pour venir travailler, vous êtes payé une heure pour manger, prendre une pause. Vous travaillez vraiment dur pendant trois heures, mais les trois autres vous flânez, c'est un peu comme être dans un institut de beauté"

Preuve que le "Grizzly" n'a pas l'intention d'en finir avec les coups d'éclat."Je ne me soucie pas, à mon âge, d'être politiquement correct", justifie d'ailleurs Morry Taylor, bientôt septuagénaire. 

Pourtant, même plus jeune, cet ingénieur de formation passé du statut de petit fabricant de pneus dans l'Illinois a celui de patron de multinationale ne mâchait déjà pas ses mots. Ce qui lui a d'ailleurs valu son surnom. 

Taylor s'offre une campagne présidentielle

En 1996, il se lance dans les primaires républicaines. Dans son clip de campagne, il affirme que la Maison Blanche a besoin d'un "homme d'action" pas d'un avocat ou d'un politicien et propose de supprimer un tiers des postes de bureaucrates afin de faire des économies. 

 "Les politiciens veulent que tout le monde les aime. Je me fiche que les gens m'aiment. Je veux juste qu'ils disent 'je respecte ce type, parce qu'il a fait le boulot", explique-t-il au New York Times. Pour sa campagne, il a dépensé 6 millions de dollars de sa poche, mais a récolté moins de 1% des voix. 

Un béret sur un cow-boy

Un peu plus tard, en 2008, dans une publicité pour son groupe, il défend ses pneus "made in America", face à ceux de Michelin en raillant: "mettre des pneus [français] sur un tracteur, c'est comme mettre un "béret sur la tête d'un cow-boy"

Obama: "Il sait sourire, mais pas gouverner"

En 2011, alors que, déjà, l'administration Obama se débat avec le casse-tête de la dette, Maurice Taylor ne peut s'empêcher de participer au débat. A propos du chef d'État américain, il déclare par exemple : "Il sait sourire, il sait parler, il a une belle famille (...) mais il n'a pas la moindre idée de la manière de diriger un gouvernement fédéral". Aux yeux de ce républicain, les personnes nommées par l'hôte de la Maison Blanche aux postes à responsabilité sont "beaucoup trop à gauche". 

L'homme d'affaires a engrangé plus de 16,8 millions de dollars de revenus lors de l'année fiscale 2012, selon l'Index Bloomberg (dont 1 million de salaire et 3 million de bonus, soit une prime de 1,2 million sur sa rémunération par rapport à 2011). 

Une négociation qui s'annonce musclée

 C'est avec lui que les représentants des salariés français de l'usine d'Amiens nord vont devoir discuter. Pour mémoire, parmi eux, Michaël Wamen, à la CGT, avait qualifié l'homme de "déficient mental". La négociation pour sauver un peu plus que les 330 emplois pour l'instant sur la table risque d'être musclée... 

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Commentaires 3
à écrit le 25/10/2013 à 11:45
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Nos hommes politiques n'ont aucune vision économique ils utilisent des schémas remontant au marxime (qui en fait n'a jamais écrit cela) ou un faux libéralisme (qu'a la france a faire avec un ministére de l'industrie ( oui peut etre en 1945 1946/// o...

à écrit le 24/10/2013 à 17:19
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Cela me rappel une chanson de jacques Brel , a propos de Montebourg qui n'était pas né a l?époque , la chanson de Jacky. http://www.youtube.com/watch?v=BS3pQWA2P30&feature=player_embedded

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