Total taille dans ses effectifs et ses investissements pour retrouver sa rentabilité

 |   |  413  mots
Pour faire face à l'effondrement des cours de l'or noir, Total prévoit d'abaisser le prix du baril au niveau du seuil de rentabilité du groupe.
Pour faire face à l'effondrement des cours de l'or noir, Total prévoit d'abaisser le prix du baril au niveau du seuil de rentabilité du groupe. (Crédits : © Stephen Hird / Reuters)
Le groupe pétrolier français a vu son résultat net reculer de 62% alors que les cours du pétrole dégringolent depuis plus de six mois. Une hausse de la production est cependant attendue pour 2015.

Total a annoncé jeudi une coupe drastique de ses coûts et investissements cette année après une forte baisse de ses résultats en 2014, pénalisés par la dégringolade des cours du pétrole, et des dépréciations massives d'actifs. L'entreprise va réduire ses effectifs de 2.000 personnes en 2015 notamment via un gel des embauches, assure son directeur général, Patrick Pouyanné.

Bénéfice ajusté en recul de 10%

Le géant pétrolier français a vu son résultat net chuter de 62% à 4,24 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires en repli de 6% à 236,12 milliards. Très suivi par le marché, le bénéfice net ajusté, qui exclut des éléments volatils comme l'effet stock, a lui reculé de 10% à 12,84 milliards de dollars.

Lourdes dépréciations d'actifs

Le groupe a déprécié pour 7,1 milliards de dollars d'actifs dans les sables bitumineux au Canada, le gaz de schiste aux Etats-Unis et le raffinage européen, qui fera l'objet d'une restructuration prochaine. Pour le quatrième trimestre 2014, le groupe a notamment annoncé 6,5 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.

Réduction des coûts et des investissements

Comme les autres majors du secteur, l'entreprise fait face à une conjoncture très dégradée, du fait de l'effondrement des cours de l'or noir, qui ont dégringolé de plus de 50% depuis juin en raison d'une offre surabondante et d'une demande peu vigoureuse.

Pour faire face à cette situation, Total prévoit de réduire de plus de 10% ses investissements, qui devraient atteindre 23 à 24 milliards de dollars, en levant le pied sur des gisements matures de mer du Nord et en Afrique de l'Ouest, mais aussi des projets d'hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis. Le budget d'exploration sera lui coupé de 30% à 1,9 milliard de dollars, tandis que les réductions de coûts sont renforcées et portées à 1,2 milliard de dollars, contre 800 millions prévu précédemment.

Ces mesures doivent permettre d'abaisser de 40 dollars le baril, à environ 70 dollars, le "point mort" (seuil de rentabilité) du groupe, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Hausse de la production en 2015

Le groupe continue toutefois à tabler sur une hausse de sa production cette année: il vise un peu plus de 2,3 millions de barils par jour (mbj), contre 2,15 en 2014, grâce au démarrage de grands projets et au renouvellement d'une énorme concession pétrolière à Abou Dhabi.

>> Lire aussi : Philippe Boisseau "Le solaire en France est deux fois plus cher qu'en Allemagne"

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/02/2015 à 10:54 :
Moi j'ai que du Total et je prends ente 5 et 6, je leur dis merci, beau résultats, bien géré, français, faut en acheter..!! Je peux payer les études de ma petite fille.
a écrit le 12/02/2015 à 10:16 :
Bénéfice net: 12,84 milliards de dollars
Effectivement les temps sont dur, la restructuration est la solution de la dernière chance face au marasme...
Réponse de le 12/02/2015 à 16:52 :
Il faudrait apprendre à lire.
Le bénéfice net est de 4,24 Milliards.
Et comparé au CA, c'est faible.
a écrit le 12/02/2015 à 10:12 :
Quand le pétrole a baissé autour de 50$, le prix du SP95 chez Total access est passé de grosso modo 1.50 à 1.20, soit moins 30 cents....depuis la baisse de l'euro de 10% et la hausse du pétrole à 55$, les prix sont remontées de 1.20 à plus de 1.33.....étrange....donc les prix augmentent plus vite et plus fort que les baisses ne sont répercutées? Nous le savions déjà...non?
Réponse de le 12/02/2015 à 10:34 :
il n'y a rien de bizarre, le prix de l'essence est composé de 66% de taxes qui sont pour certaines variables et pour d'autres fixes, du cout du raffinage, du pétrole et enfin de la distribution. Les taxes sont maximisées.
a écrit le 12/02/2015 à 9:35 :
Ai-je bien compris ?
"Ces mesures doivent permettre d'abaisser de 40 dollars le baril, à environ 70 dollars, le "point mort" (seuil de rentabilité) du groupe"
Le "point mort" est-il aujourd'hui à 40+70= 110 USD le baril ?? grave !
Ou bien la phrase veut-elle dire:
"Ces mesures doivent permettre d'abaisser à environ 40 dollars le baril le "point mort" qui est aujourd'hui de 70 dollars le baril...(???)
Réponse de le 12/02/2015 à 10:58 :
Le seuil de rentabilité d'un bon brut facile d'extraction est aux environs de 50 dollars le baril, le plus c'est dur, le plus les prix s'envolent pour dépasser 100 sur un gaz de schiste.. C'est ce que j'entendais dans mon groupe pétrolette!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :