Pétrole : les britanniques BP et BG réduisent aussi leurs investissements

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BP a passé une charge nette après impôts de 3,6 milliards de dollars liée à des dépréciations d'actifs sur ses activités amont, en Mer du Nord et en Angola (le Premier ministre britannique David Cameron en visite sur une plateforme BP en Mer du Nord, le 24 février 2014)
BP a passé une charge nette après impôts de 3,6 milliards de dollars liée à des dépréciations d'actifs sur ses activités amont, en Mer du Nord et en Angola (le Premier ministre britannique David Cameron en visite sur une plateforme BP en Mer du Nord, le 24 février 2014) (Crédits : Reuters)
Au Royaume-Uni, les groupes pétroliers continuent à réduire la voilure. Après Shell, c'est au tour de BP et British Gas de baisser leurs investissements 2015, respectivement de 13% et de 30%.

Les groupes pétroliers britanniques semblent s'être donné le mot. Après le numéro un Shell, les numéros deux et trois de l'énergie au Royaume-Uni, BP et British Gas (BG Group), ont annoncé mardi 3 février une sévère baisse de leurs investissements motivée par la récente chute des prix de l'or noir.

3,6 milliards de dollars de charge nette passée sur les comptes 2014

BP a ainsi réduit de 13% ses investissements 2015, pour les ramener à environ 20 milliards de dollars, contre 22,9 milliards en 2014. Pour refléter l'impact à court terme de cette baisse du cours du pétrole, le groupe pétrolier a aussi passé une charge nette après impôts de 3,6 milliards de dollars (3,18 milliards d'euros), soit 7,4 milliards de dollars (6,5 milliards d'euros) avant impôts, cette charge étant principalement liée à des dépréciations d'actifs sur ses activités amont, en Mer du Nord et en Angola.

Le directeur général, Bob Dudley, a expliqué:

"Nous sommes entrés dans une phase nouvelle et difficile de bas prix du pétrole à court et moyen terme. Notre attention doit désormais porter sur le recalibrage de BP."

Investissements en recul, mais production en hausse

Le groupe a néanmoins précisé que, en dépit des projets de réduction des dépenses d'exploration et du report de projets marginaux, sa production 2015 devrait être supérieure à celle de 2014.

Son compatriote BG Group a passé une charge de dépréciation d'actifs de près de six milliards de dollars (5,3 milliards d'euros) dans ses comptes 2014, lui aussi pour prendre en compte la chute des cours du pétrole.

British Gaz, réduit ses investissements de 30%

Après des années d'investissements élevés, notamment dans de nouveaux projets en Australie et au Brésil, le numéro trois de l'énergie au Royaume-Uni a également annoncé, mardi, une baisse de 30% de ses investissements en 2015:  il prévoit de ramener son enveloppe dans un intervalle compris entre 6 et 7 milliards de dollars (entre 5,3 et 6,2 milliards d'euros) en 2015, contre 9,4 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros) en 2014.

Cette réduction sera accompagnée d'une baisse prévue de 10% de ses dépenses opérationnelles, y compris des suppressions de postes, a indiqué BG, qui avait déjà réduit ses effectifs d'environ 15% l'an dernier.

Andrew Gould, président exécutif de BG, s'est néanmoins montré optimiste:

"Dans ce nouvel environnement, nous sommes bien placés pour gérer ce retournement de cycle étant donné que nous atteignons la fin d'une période d'investissements élevés et que nous continuerons à augmenter notre production en 2015 grâce à l'Australie et au Brésil".

L'exemple de Shell

D'autres groupes concurrents ont réagi à la chute de près de 60% des cours du pétrole depuis le mois de juin en réduisant leurs dépenses d'investissement pour plusieurs années.

Le numéro un britannique du secteur, Shell, a notamment annoncé son intention de réduire ses investissements de 15 milliards de dollars sur les trois prochaines années.

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Commentaires
a écrit le 04/02/2015 à 14:04 :
Tout le monde pétrolier sait bien que Schiste ou non il faut se préparer à une baise de la ressource. Il s' y préparer. Mais les gouvernements inconséquents et court-termites ne profitent pas de cette baisse pour investir massivement dans les modes de transports peu énergiviores, le train en priorité. mettre la voiture électrique en avant nous envoie dans le mur. Elle a besoin d'autant d'énergie que la thermique. On finance comment les centrales nucléaires supplémentaires sachant qu'il faut renouveler les existantes et les démanteler ? sans parler des déchets radioactifs.
La priorité doit être donnée aux modes les moins consommateurs et c'est bien le train qui remportent la mise. Alors rehaussons la TIPP, moitié de la baisse par exemple, pour remettre vite le réseau ferroviaire en état de fonctionnement.
a écrit le 04/02/2015 à 9:53 :
On va pas pleurer pour les pétroliers. Le fond du problème ce sont les réserves de pétrole exploitables de façon rentable, à 60 dollars le baril, seuls les pétroles conventionnels sont rentables. Mais ces réserves s'épuisent et ont déjà dépassé le Peak-oil, avec les conséquences qu'on connaît. Les pétroliers font profil bas pour mieux rebondir lorsque la reprise mondiale sera confirmée et qu'il sera nécessaire d'approvisionner avec des pétroles aux coûts d'extraction élevés. Le prix du pétrole n'est pas destiné à rester bas, lorsqu'il rebondira, ce sera sans commune mesure avec ce que nous avons connu, et nous plongerons alors dans une crise plus terrible encore que celles que nous avons pu connaître. La malédiction du pétrole ne se terminera qu'avec la fin du pétrole, dans la barbarie.Les pétroliers et le complexe-militaro-industriel vont gagner beaucoup d'argent.

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