11-Novembre : "On ne meurt que pour son copain de chambrée et par sens de l'honneur"

 |  | 2197 mots
Lecture 11 min.
Vu de l'extérieur de l'armée, le soldat meurt pour le drapeau. En réalité, chacun sait au sein d'une unité qu'on ne meurt aujourd'hui que pour son copain de chambrée, comme hier pour son camarade de tranchée. Mais c'est aussi par sens de l'honneur, par fierté d'appartenir à une unité prestigieuse et de se montrer digne des anciens dont la gloire passée rejaillit sur l'uniforme que je porte aujourd'hui (Le groupe de réflexions Mars)
"Vu de l'extérieur de l'armée, le soldat meurt pour le drapeau. En réalité, chacun sait au sein d'une unité qu'on ne meurt aujourd'hui que pour son copain de chambrée, comme hier pour son camarade de tranchée. Mais c'est aussi par sens de l'honneur, par fierté d'appartenir à une unité prestigieuse et de se montrer digne des anciens dont la gloire passée rejaillit sur l'uniforme que je porte aujourd'hui" (Le groupe de réflexions Mars) (Crédits : Ministère des Armées)
OPINION. Après avoir publié une série de douze tribunes au printemps dans le quotidien La Tribune, le groupe Mars* propose tous les mardis de commenter périodiquement l'actualité de défense, en essayant "d'apporter un éclairage original et un peu de recul par rapport à la grande presse et à la communication institutionnelle". Ce groupe de réflexion informel composé d'une trentaine de personnes s'est donné pour objectif de partager leurs réflexions sur l'avenir de la défense de la France et de l'Europe en vue des échéances électorales de 2022. "Il ne s'agit pas de défendre la candidature de telle ou telle personnalité politique, mais de proposer, en toute liberté, une vision de la politique de défense que pourrait porter un chef des armées inspiré par les valeurs de la gauche républicaine", explique le groupe Mars.

Cette année, la cérémonie du 11-Novembre marquera le 100e anniversaire de la sélection du Soldat inconnu, avant son entrée au Panthéon puis son inhumation sous l'Arc de Triomphe quelques mois plus tard. Le président de la République présidera en outre en fin de journée une cérémonie au cours de laquelle Maurice Genevoix entrera au Panthéon.

1,6 à 1,7 million de soldats morts pour la France entre 1914 et 1964

Le 11-Novembre, la République commémore l'armistice de 1918 et rend hommage à tous les morts pour la France. Ce qui est célébré, c'est bien la fin des combats, sonnée dans toutes les tranchées à 11h11 en ce 11/11 1918, et non une victoire militaire qui, pour être réelle, n'en est pas moins fragile et trop chèrement acquise. La date du 11 novembre n'est pas non plus choisie par hasard par le général Foch, généralissime des armées alliées sur le front ouest. En bon Catholique, Ferdinand Foch sait qu'à cette date est fêté St Martin. Légionnaire romain originaire du nord-ouest des Balkans (Pannonie, actuelle Croatie), Martin, célèbre pour avoir donné la moitié de son manteau à un mendiant, est l'un des plus populaires saints patrons de la France, qui y a laissé son nom à un grand nombre de villages et de familles.

En 2018, le choix de cette date symbolique pour célébrer la victoire de la République et de la démocratie sur le militarisme prussien et ses alliés autocrates vise certainement à conforter l'unité nationale forgée dans le sang versé pour la patrie. Mais, encore une fois, c'est moins la victoire militaire et politique que la fin du sacrifice qui est ainsi commémoré depuis un siècle. C'est aussi à cette date que la République rend hommage à tous les morts pour la France, et singulièrement à tous ceux qui sont tombés au champ d'honneur depuis le 11 novembre 1918, notamment les plus récents. C'est pourquoi sont rappelés chaque 11 novembre les noms des morts pour la France au cours de l'année écoulée. Le site officiel Mémoire des hommes nous rappelle que 1,6 à 1,7 million de soldats sont morts pour la France entre 1914 et 1964 ; dans les 55 ans qui ont suivi, 650 soldats sont morts pour la France en OPEX. Miracle de la dissuasion nucléaire ou simple hasard ?

Faire mémoire une fois par an de tous les morts pour la France, pas seulement Français, pas seulement sous l'uniforme, procède d'une "piété civique" qui plonge ses racines dans la république romaine. C'est ce qu'écrit Victor Hugo dans son célèbre poème.

"Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie

"Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.

"Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.

"Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;

"Et, comme ferait une mère,

"La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau ! "

Les morts appartiennent à la patrie

Les morts pour la patrie peuvent avoir une religion, mais ils n'appartiennent à aucune religion, ils appartiennent à la patrie. Les monuments aux morts sont des lieux de mémoire laïcs. Les morts pour la patrie sont en quelque sorte des martyrs de la patrie. Ils ont consenti à la possibilité du sacrifice suprême par leur seule qualité de citoyen mobilisé pour la défense de la patrie. La palme qui orne la tombe des anciens combattants n'est autre que la palme du martyre. Il s'agit bien là de symboles religieux, héritage de la religion civique des anciens Romains.

Ce rappel de l'héritage antique de la République doit guider notre compréhension de la laïcité, qui n'est ni une religion de substitution, ni une idéologie antireligieuse, mais une sorte d'architecture civique qui transcende toutes les appartenances partisanes ou religieuses en créant la communauté nationale. Au contraire de la plupart des Etats-nations, la nation française ne se définit en effet ni par référence à un peuple ou une ethnie, ni même à une langue ou une culture, et encore moins une religion. La France est une idée, a écrit De Gaulle dans ses Mémoires.

Ernest Renan a écrit à ce sujet des pages définitives qu'il convient de se remémorer dans les circonstances que nous connaissons. Seulement, ce « plébiscite », cette adhésion spirituelle de chaque jour qu'évoque Renan, a besoin d'un État pour l'organiser et l'orienter au service de la patrie et de la communauté nationale, la seule que la République reconnaisse. La forme républicaine de gouvernement est bien celle qui convient à notre pays et à notre temps, après qu'ont échoué toutes les formes testées au XIXe siècle, de la Monarchie de droit divin de Charles X à la Commune de Paris, via la république consulaire et l'empire bonapartiste ou la monarchie constitutionnelle et libérale. Parce qu'il scelle la réconciliation de tous les Français avec la République, le 11-Novembre est une date sacrée et intangible. De tous les Français, quelle que soit leur religion.

Catholiques et musulmans : leur sang versé pour la France

Il suffit de se rendre à Ste Anne d'Auray pour prendre conscience du sacrifice de milliers et de milliers de Catholiques lors de la Grande guerre. Mais des milliers de Musulmans aussi ont versé leur sang pour la France et pour la République. La plupart des spahis, goumiers et tirailleurs nord-africains (mais non les zouaves recrutés parmi les Français d'Algérie, chrétiens et juifs) et la majorité des "tirailleurs sénégalais" mobilisés par la France dès la guerre de 1870-1871, pendant les deux guerres mondiales, mais aussi en Indochine et au début de la guerre d'Algérie, étaient de religion musulmane. Ils sont morts pour la France, mais certainement pas pour les caricatures de Mahomet.

Au cours de la Grande guerre, près d'un demi-million de combattants ont ainsi été enrôlés en Afrique, soit 5,6 % des 8,5 millions d'hommes incorporés. Soixante-quinze mille sont morts pour la France, soit 5,3 % des 1,4 million de tués. Le respect du sacrifice de ces milliers de Musulmans morts pour la France est une question de "piété républicaine", non de soumission à un quelconque groupe de pression.

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles

(Louis Aragon)

Commémorer, c'est rendre présent le passé

Souder la communauté autour du sacrifice des anciens procède du rôle traditionnel du chef. Le génie national ne se résume pas à des bouffonneries de pamphlétaires. Défendre la liberté d'expression est une chose, tomber dans le piège de la provocation en est une autre. Le bouffon joue historiquement un rôle essentiel dans une société saine, jusqu'à rappeler au roi ce que les courtisans n'osent pas dire. Le malheur, c'est Charles VI le Fol, quand le roi lui-même devient fou. Car alors, c'est la France et les Français qui paient au prix fort le manque de discernement du monarque.

Difficile dans ces conditions pour un professeur d'histoire de parler librement de liberté d'expression quand les dimensions culturelles du fait religieux et la dimension sacrée de la "piété civique" sont elles-mêmes ignorées. C'est à cette défaillance de l'instruction obligatoire que devrait pallier le devoir de mémoire. Qu'est-ce que la Mémoire ? Que signifie faire mémoire, commémorer ? Est-ce simplement se rappeler une date dans le calendrier, comme tous les amateurs de football en France qui ont en mémoire le 12 juillet 1998 ?

Bien davantage, commémorer, c'est rendre présent le passé, et plus précisément les sacrifices passés. De même que nous ne sommes pas nés dans des roses ou des choux, le peuple français de 2020 n'est pas issu d'un processus de génération spontanée. Nous ne serions pas les mêmes si nos ancêtres n'avaient pas donné leur sueur, leur sang et leurs larmes pour construire et défendre notre nation.

Trop de commémorations ?

A ce titre, la recherche historique est utile pour vider les abcès d'une histoire qui n'est ni à adorer ni à abhorrer, mais simplement à accepter telle qu'elle fut, afin de tirer les leçons de ses erreurs et de ses échecs, mais aussi de s'inspirer de ses grandeurs. La mémoire nationale ne se confond pas avec l'histoire en tant que science ou méthode. La mémoire se construit autour d'un récit national, unique et partagé. A l'inverse, la multiplication des commémorations particulières nuit à la cohérence de la mémoire nationale.

Sur la douzaine de journées dédiées aux commémorations nationales prévues par les textes qui s'appliquent aujourd'hui, six sont liées à la deuxième guerre mondiale (26 avril, 8 mai, 27 mai, 17 et 18 juin, 19 juillet) et trois à la guerre et aux combats en Afrique du nord (AFN 19 mars, 25 septembre, 5 décembre). C'est trop. Les autorités locales et nationales peinent à les célébrer dignement, au point que certaines passent totalement inaperçues (10 mai, fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme; 8 juin, journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine). Hors cérémonies du 14 juillet, le budget des commémorations nationales est inférieur à 2 millions d'euros. C'est peu. En réalité, le coût est bien supérieur, mais il est essentiellement assumé par les communes et par les bénévoles, encadrés ou non par un tissu associatif dense mais en voie de diminution.

"On ne meurt que pour son copain de chambrée"

Mémoire et histoire ont des objectifs opposés. La mémoire a pour vocation de créer de la cohésion et de l'identité en s'appuyant sur des récits ou des mythes mobilisateurs. Typiquement, les armées ont besoin de mémoire, particulièrement d'une mémoire héroïque, mais aussi de mythes propres à fédérer les origines diverses des militaires. Il n'est pas nécessaire de croire à un mythe pour s'en réclamer au titre d'une identité fictive, mais indispensable à l'esprit de corps.

Michel Goya explique que c'est moins par patriotisme que par esprit de corps que le soldat d'aujourd'hui remplit sa mission jusqu'au sacrifice. Vu de l'extérieur de l'armée, le soldat meurt pour le drapeau. En réalité, chacun sait au sein d'une unité qu'on ne meurt aujourd'hui que pour son copain de chambrée, comme hier pour son camarade de tranchée. Mais c'est aussi par sens de l'honneur, par fierté d'appartenir à une unité prestigieuse et de se montrer digne des anciens dont la gloire passée rejaillit sur l'uniforme que je porte aujourd'hui. C'est cela la mémoire. C'est, comme au théâtre où tout est faux mais où l'on peut saisir des brides de vérité, une croyance nécessaire pour témoigner de son appartenance à une communauté (nationale) qui a fait hier ce que nous sommes aujourd'hui.

Cela ne veut pas dire que la Mémoire soit figée dans des traditions dépassées. Au contraire, elle doit se renouveler en permanence, afin de continuer à donner du sens aux cérémonies contemporaines, sous l'influence de la recherche historique. Ainsi, il ne devrait plus être possible de confondre encore le "vainqueur de Verdun" (fait historique reconnu) et le collaborateur volontaire de l'Allemagne hitlérienne (fait historique révélé plus récemment), car Philippe Pétain, maréchal de France frappé d'indignité nationale, est dorénavant entré en tant que tel dans la mémoire nationale.

Rejeter tout ce qui divise

Dès lors que la cohésion nationale est en jeu, il convient de faire vivre une Mémoire qui rassemble et de rejeter tout ce qui divise. De même que les milliers de soldats musulmans morts pour la France n'ont pas consenti au sacrifice pour la liberté d'offenser, il convient de ne pas dissuader le jeune Français musulman d'aujourd'hui de s'engager dans l'armée française, dont la vocation ne se résume pas à apporter au monde la liberté d'expression, au risque d'insulter un milliard de ses habitants.

"Je vous en prie, laissez-moi où je suis. Laissez-moi sous la terre où je suis tombé, sous la terre que j'ai défendue et sur laquelle je suis mort pour la défense des libertés sacrées, mais par pitié ne me mêlez en aucune façon à vos luttes politiques, à vos querelles intestines que j'avais crues un moment écrasées à jamais par mon suprême sacrifice" (propos fictifs prêtés au Soldat Inconnu par un député en 1921).

                          -------------------------------------------------

* Le groupe Mars, constitué d'une trentaine de personnalités françaises issues d'horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l'industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

                          -------------------------------------------------

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/11/2020 à 11:54 :
.....étaient de religion musulmane. Ils sont morts pour la France, mais certainement pas pour les caricatures de Mahomet....

Qu'est ce à dire....qu'il faudrait revenir sur notre liberté d'expression????? NOn non et non, cette phrase est indigne quand on songe aux derniers attentats commis par ......des musulmans!!! Certes tous musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans!!! Cette phrase est indigne de votre journal!!!!
Réponse de le 13/11/2020 à 11:46 :
On donne rarement sa vie pour l’honneur ou son copain de chambré, mais pour protéger sa liberté et assurer la sécurité de sa famille... Quelque soit la guerre les soldat de métier ou perquisitionné ont cherché a défendre leurs femmes enfants parents frère et sœurs et pas "le pays"...
a écrit le 11/11/2020 à 10:47 :
Toujours curieux de savoir qui compose ce « groupe Mars », mais en même temps tellement sûr de la manière dont ses membres se sont cooptés...
La France n’est pas la république. La république a échoué à nous rassembler, tente de le faire par de concepts désincarnés, et continue de valoriser le nihilisme et l’individualisme, au détriment de tout ce qui rassemble. Rien n’est plus vil qu’une société où les bons à rien se croient forts en tout, montent des sociétés secrètes, verrouillent la communication et les postes de pouvoir, vident toute volonté populaire en détournant les lois à l’aide de la justice. Ces républicains ont peur, car la société leur échappe. Ils se renient car ils voient leur artifices éclater. Ils craignent car ils voient arriver le moment où ils ne pourront plus arroser suffisamment de gens pour maintenir un semblant de régime. Et bien continuez. Écrivez, faites semblant. Le régime monarchique est mort d’une crise de la dette. Contemplez l’abime. Non, les français de 14 ne sont pas mort pour la république, mais à cause d’elle, parce qu’elle leur a demandé de payer le prix du sang, parce qu’elle créé les conditions de la guerre. Qui dirigeait le gouvernement, qui dirigeait la police, qui dirigeait les médias sinon une secte qui se prétend agir pour le bien de tous, cooptant des membres vaniteux et vils qui ne dévoilent jamais leur appartenance au grand jour. Cela continue encore et encore derrière les faux semblant des valeurs républicaines. Mais le moment va venir ou la lumière sera faite sur ces arrangements entre arrivistes et escroc. En tout les cas ce serait souhaitable. Les chrétiens, les juifs et les musulmans, eux, ne sont pas lâches, ne se cachent pas, ne se dissimulent pas, ne squattent pas les budgets de la culture, de la justice ou des hôtels de police. Ils agissent pour le bien commun.
Réponse de le 11/11/2020 à 18:06 :
C'est transparent.
C'est le lobby militaro-industriel qui parle au travers de ce pseudo groupe de réflexion que n'a de cesse sur LT de demander toujours plus d'investissements publics dans les armements lourds.
a écrit le 11/11/2020 à 9:59 :
"On croit mourir pour sa patrie alors qu'on meurt pour des industriels" en cette journée il est souhaitable de réfléchir sur ces mots d'Anatole France..
a écrit le 11/11/2020 à 7:26 :
Quand on voit comment l'état gère une pandémie, je n'ose pas imaginer comment il va gérer la troisième guerre mondiale... C'est hallucinant de voir un membres du gouvernement effrayé par des possibles recours judiciaire dans la gestion de la crise, alors que des soldats (et des soignants) risquent leur propre vie sur le champ de bataille. On est très loin d'un De Gaulle qui a mis plusieurs fois sa vie en péril pour son pays. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi le gouvernement est si effrayé par la mort (moyenne de 50000 mort par mois) : ont-ils peur d'aller en enfer ?
a écrit le 10/11/2020 à 19:14 :
Le 11 novembre, pour un historien, c'est le rappel d'une guerre ahurissante de violence qui a ravagé le monde entier faisant 20 millions de morts dont 10 millions de blessés.

Rien qu'en France, 300 000 mutilés et handicapés, 42 000 aveugles, 15 000 gueules cassées et 100 000 "dingos".

Les soldats de 14, comme tous les autres soldats des guerres modernes, sont à 99,9% morts par malchance, parce qu'ils étaient sur une trajectoire de balle, au point d'impact d'un obus, sous le vent d'une attaque au gaz et beaucoup parce qu'ils ont chopés dans les tranchées des maladies incurables à l'époque.
L'immense majorité d'entre eux ont été amenés là par leur gouvernement, par la manipulation, le mensonge, la contrainte parfois.

Prétendre qu'ils sont morts pour les copains de chambrée et le drapeau est un conte pour enfants.
Ils sont morts parce que d'autres ont choisi qu'ils meurent. Les autres étant souvent de la même nation, protégés, et intéréssés par le conflit.

Une des spécificité de la "grande guerre" est la trajectoire improbable qui va de l'assassinat d'un obscur archiduc putatif à un conflit mondial, alors qu'à chaque étape il eut suffit qu'un des protagonistes dise "non" à la guerre et renvoie la chose à son insignifiance.
a écrit le 10/11/2020 à 18:42 :
Un concept qui doit être complètement étranger à notre Jupiter et tous ses séides.
a écrit le 10/11/2020 à 15:38 :
Commémorer le guerre de 1914/1918 c'est se souvenir, dans sa famille, de ceux qu'on n'a pas connu, encore vrai pour ceux de 70 ans, d'oncles issus de fratries parfois, décimées en partie , voire en grande partie, durant cette guerre.
Je m'inscris dans ce schéma. grands parents tous les deux blessés avec séquelles, vie après perturbée, d'autres frères morts, à 20 ans, il n'ont pas eu le temps de vivre, après seulement 2 à 3 semaines entre l'incorporation et la montée au front en 1914. Impossible de retrouver de ce qu'on a fait de sa dépouille, alors qu'on connaît le jour, l'heure, le lieu et l'opération qui l'a tué...
La guerre de 1914/1918 constitue le bout de la mémoire encore vivante et la 1ère où on a beaucoup de visages sur des photos de qualité et qui se sont magnifiquement conservées.
a écrit le 10/11/2020 à 14:36 :
le but de l armee (francaise ici mais valable pour les autres pays) n est pas d apporter au monde la liberte d expression (il y a 150 ans on disait la civilisation quand on allait en indochine ou afrique) mais de defendre le pays.
Toute tentative d imposer par la force des valeurs a des gens qui n en veulent pas finit par un echec. Vrai en afghanistan (URSS apporte le communiste, les USA et nous la "democratie"), vrai en irak ou au mali

PS: la france c est pas uniquement le droit de balsphemer mais ca en fait partie depuis la revolution. doit on revenir a l ancien regime et chatier les blasphemateur comme le chevalier de la barre ?
a écrit le 10/11/2020 à 12:32 :
Pour les lorrains et les alsaciens, la guerre fut faite avec l'uniforme allemand en Russie.
Du coup, le 11 novembre pour une bonne partie est plutôt étrange n'est il pas?

"1,6 à 1,7 million de soldats morts pour la France entre 1914 et 1964"

30 millions pour les russes juste pour 39-45 en dit long du gouffre de perception.

"Commémorer, c'est rendre présent le passé"

Non, cela dépend des guerres ! rendre présent le passé, c'est chercher dans les silences du pétainisme le nombre de prisonniers politiques morts dans le silence de l'hypocrisie......

Et pourtant le pétainisme n'a jamais été aussi présent dans le pays, ses institutions et ses médias, du coup....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :