Défense : l'autre bataille franco-allemande

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, s'est rendu mercredi à Berlin pour tenter de relancer la coopération entre les deux pays, au point mort depuis plus de dix ans et la création d'EADS.

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Jamais sans doute le couple franco-allemand n'a été aussi essentiel pour les deux pays. En pleine crise de la dette, Paris voit dans son alliance avec Berlin une forme d'assurance vis-à-vis des marchés et un moyen de peser encore sur l'avenir de l'Europe. Pour Berlin, le dialogue avec Paris est une affirmation de son engagement européen et de son refus de s'engager dans un « Sonderweg », un cavalier seul. Mais concrètement, ce couple tarde à concrétiser ses engagements. Les disputes et les divergences sur le rôle de la BCE (Banque centrale européenne) ou les obligations européennes l'ont encore récemment prouvé.

Dans les domaines industriels, notamment dans la Défense, la relation est restée très chaste. Trop ? Car depuis plus de dix ans, la coopération en matière de défense et d'armement est en panne, contrairement aux années fastes des décennies 1980 et 1990, où le moteur franco-allemand faisait encore tourner l'Europe de la défense, avec comme point d'orgue la création d'EADS. Lassé d'envoyer des oeillades à Berlin sans aucun retour, Paris s'est finalement tourné vers Londres. Des fiançailles ont même été célébrées à Lancaster House, le 2 novembre 2010 avec la signature d'un traité de défense franco-britannique.

De désirée à délaissée, l'Allemagne a, semble-t-il, aujourd'hui peur de se retrouver isolée en Europe. Et il est de plus en plus question de lui faire une place dans l'alliance franco-britannique, dont on rappelle à Paris qu'elle n'est pas exclusive. Ce sera d'ailleurs l'un des thèmes du sommet... franco-britannique du 2 décembre. Entre la France et l'Allemagne, le climat se réchauffe d'autant que l'arrivée du ministre de la Défense, Thomas de Maizière, et de son secrétaire d'État, Stéphane Beemelmans, considérés comme francophiles, est jugée très positive en France, notamment par la Direction générale de l'armement (DGA) et par le ministre de la Défense, Gérard Longuet, auditionné mercredi par le Bundestag.

Toutefois, quand Paris a récemment demandé aux industriels français de plancher sur des projets de coopération avec les Allemands pour célébrer le cinquantenaire du traité de l'Élysée entre les deux pays et préparer le conseil franco-allemand de défense début 2012, le résultat a été maigre. Très maigre même. « Il y a une absence de substance », confie élégamment un industriel interrogé qui confirme qu'il y a « une volonté politique de rechercher à réalimenter la coopération franco-allemande après de nombreux échecs ». Même les partenariats en cours sur des programmes mineurs sont en panne. À l'image de la torpille lourde confiée à l'allemand Atlas et au français DCNS, qui « patauge » selon cet industriel, ou du radar passif d'écoute de surveillance aérienne entre EADS et Thales.

« On pâtit encore aujourd'hui de programmes rivaux. On se retrouve en concurrence sur les mêmes marchés dans le domaine des avions de combat et des frégates », explique à « La Tribune » Stéphane Beemelmans, qui préconise de faire table rase du passé. Dont acte.

Ce qui est vrai pour les programmes l'est aussi pour la consolidation européenne de l'industrie de l'armement. Les industriels de part et d'autre du Rhin se livrent une bataille farouche sur les marchés export. Annoncé à plusieurs reprises, l'Airbus naval entre DCNS et TKMS a fait long feu et la restructuration de l'industrie de l'armement terrestre - Nexter et les allemands Rheinmettal et Krauss Maffei Wegmann - traverse une période glaciaire.

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Commentaires 11
à écrit le 24/11/2011 à 15:58
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tant que la concurance restera de mise comment un accord evolutif serait il possible ? il est indispensable qu'un partage des compêtences s'instaure avec franchise et partage des benefices sans a priori ! si la situation reste bloquée pourquoi ne pas...

à écrit le 24/11/2011 à 12:32
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L'Allemagne est le pire partenaire de défense pour la France. Le choix Francais de s'allier avec l'Allemagne au lieu de l'Angleterre montre une certaine illusion et ignorance sur l'identité de l'Allemagne post-1945. L'Allemagne ne serra plus jama...

à écrit le 24/11/2011 à 10:01
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la france a peur de la concurrence germanique voilà C tout !!

à écrit le 24/11/2011 à 9:54
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Le "couple" Franco-Allemand était mort en 1969 et enterré en 1989. Ne pas se voiler la face serait meilleur que de courir âpres des mirages depuis 30 ans.

à écrit le 24/11/2011 à 9:15
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M. Tajani, le commissaire européen à l'industrie, a mentionné ce matin lors d'une conférence sur l'avenir de la politique industrielle européenne deux secteurs qui méritent un support particulier : la défence et la construction navale

à écrit le 24/11/2011 à 9:07
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il n'y a pas d'avenir sans un Etat franco-allemand ou une Europe fédérale!

à écrit le 24/11/2011 à 9:06
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Il n'y a pas d'avenir sans un état franco-allemand ou une Europe fédérale!

à écrit le 24/11/2011 à 7:29
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Avec une France en faillite, le mot d'ordre devra être économie sur tout !

à écrit le 24/11/2011 à 7:00
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et qui dira encore que Mitterand et Kohl n'ont servi à rien?Mme Merkel et M Sarkozy peuvent réfléchir au rôle des moteurs dans l'histoire...

le 24/11/2011 à 11:09
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Alors cela, ça se discute vraiment ! Sans renier l'importance de la construction européenne, les voies choisies par Mitterand et Kohl montrent aujourd'hui toute leur faiblesse. La mise en avant de grands sentiments et de la fraternité européenne avec...

le 24/11/2011 à 15:05
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Vous ne pouvez traiter l'Allemagne que différemment d'un autre membre de l'Europe, en raison des traités et de ses obligations qui en résultent. Mitterand savait très bien qu'il fallait lui offrir une large ouverture or auj que voyons-nous si ce n'es...

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