En dépit des polémiques, la Suisse poursuit le processus d'achat du Gripen

Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports a envoyé en Suède entre le 2 et 4 mai une équipe de spécialistes pour tester l'avion de combat nordique lors d'une série de vols d'essai. Berne souhaite régler les détails techniques de l'acquisition "d'ici à la fin du deuxième trimestre 2012".
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En dépit de la très grosse polémique en Suisse qui a vu le jour début 2012 à la suite des conditions d'acquisition de l'avion de combat suédois par Berne fin novembre, le ministère en charge de la Défense poursuit le processus d'achat de ces appareils sans vraiment s'en soucier. Notamment sans attendre les résultats d'une sous-commission du Conseil fédéral, qui doit faire la lumière sur les conditions d'achat du Gripen par la Suisse. Ainsi, "une équipe de spécialistes des forces aériennes et d'Armasuisse (le centre de compétences de la Confédération helvétique pour l'acquisition de systèmes et de matériels technologiquement complexes, ndlr) a effectué du 2 au 4 mai, à Linköping en Suède, une série de vols d'essai avec le Gripen F Demonstrator", a annoncé vendredi dans un communiqué le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), qui a été chargé par le Conseil fédéral "de prendre en main la préparation de l'acquisition du Gripen".

A cet égard, les quatres vols effectués en avion biplace ont servi "à vérifier les évaluations du Gripen E/F ainsi qu'à réduire les risques liés au développement de l'aéronef", a précisé le DDPS, qui assure que l'ensemble des vols d'essai a pu être "effectué comme prévu". Le programme, qui s'est déroulé sur trois jours, comprenait les éléments "entraînement en simulateur" de même que "vols d'essai". Durant la première journée, les deux pilotes ont rafraîchi leurs connaissances du Gripen dans le simulateur et se sont plus particulièrement familiarisés avec les nouvelles capacités du Gripen F Demonstrator, selon le DDPS. Les deux jours suivants ont permis d'effectuer les vols d'essai, qui ont été "exécutés sur la base de divers scénarios d'engagement, tels qu'on pourrait les imaginer en Suisse". Ils comptaient chacun deux avions avec le profil d'engagement de défense aérienne et de police aérienne avec l'emport de différents missiles (IRIS-T, Meteor et Amraam)M.. Les engagements ont eu lieu avec des configurations d'armes différentes et l'appui d'avions-cibles. "Tous les vols d'essai ont pu être effectués avec succès", a assuré le DDPS.

Un radar AESA en 2012 pour le Gripen

Le Gripen F Demonstrator, testé par les pilotes suisses en Suède, est un modèle intermédiaire entre le Gripen C/D et le Gripen E/F. Ce biplace dérivé du Gripen D a pris son premier envol le 27 mai 2008 et a, depuis, plus de 200 heures de vol à son actif, selon le DDPS. Ce démonstrateur sert de plateforme pour tester les systèmes partiels du Gripen E/F. Le Gripen F Demonstrator est motorisé par le réacteur de l'américain General Electric F414G. Par rapport au Gripen D, testé en 2008, le Gripen E/F dispose notamment d'un réacteur plus puissant, d'une capacité de stockage du kérosène plus importante, d'un nouveau radar à la pointe de la technologie (Active Electronically Scanned Array /AESA), d'un capteur infrarouge de détection et de poursuite de cible (passif, d'une nouvelle avionique, cockpit inclus, d'un nouveau système de guerre électronique, de deux postes d'arme supplémentaires et d'un nouveau train d'atterrissage. Pendant l'été 2012, Saab "montera le nouveau radar AESA et le soumettra à des tests", a indiqué le DDPS, qui vérifiera les performances du radar au "second semestre de cette année".

Pour autant, lors de ses deux évaluations en 2008, dont l'une sur le standard de l'avion livré en 2015 - ce qui était initialement programmé -, l'armée de l'air suisse avait estimé le Gripen "comme insatisfaisant" pour les missions de police aérienne. Et elle avait classé l'avion de combat suédois bon dernier, derrière le Rafale et l'Eurofighter. "Le Gripen a été le seul candidat à ne pas atteindre le seuil minimal (6 points, ndlr) des capacités attendues". Lors de la seconde phase d'évaluation - soit sur le standard de l'avion livré -, le Gripen dans sa version MS21, grâce à 48 projets de modernisation dans le domaine de la police aérienne, passe de 4,2 à 5,33 points. Encore insuffisant car il n'a toujours pas atteint le fameux seuil minimal des capacités attendues par l'armée de l'air suisse.

Les détails techniques de l'acquisition réglés fin du 2e trimestre

Selon le DDPS, il est prévu de régler "les détails techniques de l'acquisition coordonnée du Gripen par la Suède et la Suisse d'ici à la fin du deuxième trimestre 2012". Car Berne, pour optimiser son achat de 22 Gripen, entend le coordonner avec Stockholm qui pourrait acheter entre 60 et 80 Gripen de dernière génération. Le Parlement suédois devrait se prononcer en décembre pour cette acquisition. Du coup, la livraison des premiers appareils ne devrait intervenir qu'entre 2018 et 2020 au lieu de 2015.

Le Parlement suisse pourrait se prononcer en 2013. Enfin la décision finale, délai référendaire compris, devrait être prise entre la fin 2013 et le début 2014. Entretemps, une sous-commission du Conseil national aura fait la lumière sur la procédure du choix du Gripen. Elle devrait rendre son rapport dans la seconde quinzaine de mai.

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Commentaires 25
à écrit le 08/02/2013 à 11:08
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Oui, les suisses sont un peuple fier et libre! Ils sont même capables de voler sur des grille-pains suédois rien que pour le prouver à ces arrogants de français, c'est dire!

à écrit le 08/07/2012 à 11:55
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les evaluations ont demontrées que le rafale etait le meilleur pour l"armé de l'air suisse, mais la politique,comme partout fait faire des mauvais choix...et je ne parle pas de magouilles...ca lui irai bien une croix blanche sur fond rouge sur les ai...

à écrit le 06/05/2012 à 17:09
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L'achat d'un avion de combat est d'abord un choix politique , ce que nos dirigeants ont bien souvent oublié...pourtant les Suisses ont tout intérêt à acheter français de par la proximité de nos 2 pays , affaire à suivre!

le 06/05/2012 à 22:10
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La proximité de la France et de la Suisse se limite à la géographie. La France a toujours dénigré la Suisse allant jusqu'à soutenir la Libye lorsque Khadafi a pris 2 citoyens suisses en otage. Si nous voulons être reconnu dans le monde, il ne faut ap...

le 07/05/2012 à 10:37
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@Yves Vous avez tout a fait raison..Bravo.

à écrit le 06/05/2012 à 11:47
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Les suisses ont certainement de bonnes raisons d'avoir acheter suedois, le Grippen est performant et sera ameliore techniquement petit a petit lors de sa carriere . Le Rafale se vend mal car d'assault a des problemes avec son service apres- vente et ...

le 06/05/2012 à 14:12
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La bonne raison est simple: La Suède est un pays neutre comme la Suisse, a une économie saine comme la Suisse et un gouvernement stable comme la Suisse. La France qui change ses lois comme de chemise et qui met au pilori ses voisins (La France a quel...

le 06/05/2012 à 15:34
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A priori, l'Eurofighter et le Rafale sont traités à égalité. Donc que la Suisse fasse son choix en toute indépendance, en prenant en compte les motivations politiques qui lui conviennent. Mais inutile d'utiliser des arguments désagréables à l'encontr...

le 06/05/2012 à 18:30
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Ah...un connaisseur du SAV "D'assault"...La vidange de votre Mirage 2000 s'est mal passée?

le 06/05/2012 à 19:11
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hectopascal et Marc. Vous faites de la rhétorique. Des généralités et des discours de fabulateurs, je peux en faire sans problème si vous voulez.

le 06/05/2012 à 22:04
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@delphino: La rhétorique, c'est la France et Dassault qui la font. Ne nous en déplaise les Suisses ont fait leur choix...Et ils ne veulent pas du Rafale! Point Barre. Lorsque vous achetez une voiture, vous ne vous attendez pas à continuer à subir les...

le 07/05/2012 à 12:12
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Claude. La France et Dassault font les marchands de tapis. Normal, des millions sont en jeux. Un suisse a fait ce choix, Ueli Maurer. Un autre le dénonce, le commandant Markus Gygax. Le point barre est sans doute présomptueux.

le 07/05/2012 à 17:06
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Markus Gygax est un militaire sous les ordres du politique Ueli Maurer et le conseil fédéral. La Suisse n'étant pas une république bananière, le militaire ferme sa gueule et obéit aux politiques. Point Barre!

le 08/05/2012 à 10:32
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Mais étant donné qu'on parle ici de matériel militaire il me semble que un militaire a une légitimité a donner son avis sur le sujet. Après tout, lors de l'achat de nouveaux vaccins les médecins ne se font pas prier pour commenter et donné leur avis ...

le 08/05/2012 à 11:23
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Ce n'est pas le militaire qui paye les milliards que coutent les avions de chasse mais le peuple suisse à qui le politique doit rendre des comptes. La Suisse n'est pas la France avec des politiques qui font des promesses puis, une fois élus, n'écoute...

le 29/05/2012 à 15:54
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Non, la suisse est simplement le pays europeen qui stocke l argent de tous les malandrins des autres pays europeen. ça s appelle du recelle. donc la suisse est un pays receleur, les grecs le sentent bien d ailleurs. concernant le rafale ou autre aucu...

à écrit le 06/05/2012 à 10:34
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Dassault a envoyé une contre-proposition à nos voisins Helvètes. Laissons faire le temps. S'ils le besoin de relancer le Rafale s'en fait sentir les Suisses nous contacteront déjà. Ne perdons plus de temps avec ce marché, tel est mon avis.

le 06/05/2012 à 14:07
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Effectivement, inutile de perdre notre temps: La France a perdu toute crédibilité en Suisse avec les attaques répétées des Sarkozy, Hollande et autre Melanchon qui cherchent à se faire élire en promettant la fin des paradis fiscaux; surtout le Suisse...

le 10/05/2012 à 21:36
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la politique est la vrai raison de ce choix...provisoire sans doute ! tactique pour faire baisser les prix chez dassault...

le 10/05/2012 à 22:01
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@perceval59: Mais c'est incroyable, vous ne pouvez pas imaginer qu'un pays ne veuille pas du Rafale? Si vous etiez en Suisse, vous pourriez constater que le choix du Gripen est un dossier classé. La Suisse discute actuellement avec la Suède pour plan...

à écrit le 06/05/2012 à 9:25
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Il n'y a que les c..s qui ne changent pas d'avis. Heureusement, je vois que ces achats pourraient être soumis au parlement, c'est déjà ça. J'imagine que Dassault suit cette affaire de près.

à écrit le 06/05/2012 à 9:25
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Le Grippen est un avion qui n'existe qu'en plan. Pour l'heure, il tient plus de l'IKEA que du F-14 du beau Tom alias Mavrick dans Top Gun

le 06/05/2012 à 14:16
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Les meubles IKEA ont fait la fortune de son fondateur suédois qui, milliardaire, s'est d'ailleurs installé en Suisse sur les bords du lac de Genève. La suffisance n'est pas tout dans les affaires, il faut savoir parfois être humble, qualité qui est t...

le 06/05/2012 à 16:20
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et les voitures Saab qui elles n'etaient pas de papier ont disparu de la circulation

à écrit le 06/05/2012 à 9:03
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Ce n'est pas en critiquant les Suisses et leur système bancaire et fiscal que l'on peut réussir à leur vendre des avions de combat. Dassault n'a qu'à racheter SAAB pour consolider les bureaux d'étude aviation en Europe, ou alors c'est lui qui finira ...

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