L'armée de l'air suisse torpille le Gripen... préféré par son ministre au Rafale
Michel Cabirol
Michel Cabirol
Ce sont deux rapports ultra confidentiels de l'armée de l'air suisse, qui traînent pourtant sur internet (par exemple ici). Signés par le Commandant de corps Markus Gygax, commandant des Forces aériennes suisses, ils sont explosifs pour le ministre de la Défense Ueli Maurer qui a choisi le Gripen fabriqué par Saab, en dépit de la médiocrité des performances opérationnelle de l'avion de combat suédois évaluées par les pilotes de l'armée de l'air suisse. De quoi s'agit-il ? De deux rapports d'évaluation, l'un sur les essais en vol des trois appareils sélectionnés par Berne (Rafale, Eurofighter et Gripen) , qui se sont déroulés entre fin juillet et début décembre en 2008, et l'autre sur le standard de l'avion de combat livré en 2015 à l'armée de l'air suisse. Leurs conclusions sont sans appel, le Gripen étant classé dernier.
Choisi par Ueli Maurer essentiellement pour ses capacités à effectuer des missions de police aérienne, le Gripen n'en serait même pas capable. L'avion de combat suédois « a été évalué comme insatisfaisant pour ce type de mission. Les principaux points faibles du Gripen ont été son endurance et ses performances » lors des essais en vol de 2008. Il obtient une note médiocre de 4,20 points tandis que le Rafale décroche un 6,71 points (6,2 points pour l'Eurofighter). L'avion de combat suédois est même devancé par les performances des F-18 suisses. Et d'enfoncer le clou : « le Gripen a été le seul candidat à ne pas atteindre le seuil minimal (6 points, ndlr) des capacités attendues ». Pour les auteurs du rapport, le Rafale détient en revanche « la meilleure efficacité et pertinence pour l'accomplissement » de la mission de police de l'air aérienne.
Le rapport donne le Rafale en tête
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Dans tous les autres domaines (combat air-air, reconnaissance et bombardement), le Rafale arrive toujours en tête. Ce qui lui donnait un avantage indéniable pour gagner l'appel d'offre suisse puisque l'efficacité opérationnelle comptait pour 60 % de la décision de Berne. L'aptitude opérationnelle (support et maintenance, aptitude des pilotes à maîtriser le système d'arme et compatibilité avec les infrastructures suisses) comptaient pour 15 %. Enfin, la coopération avec l'industrie suisse et les partenariats militaires étaient évalués à hauteur de 25 %. La Suisse avait également rajouté un critère politique ainsi que les risques et la tenue du calendrier.
Michel Cabirol