L'adieu à la dissuasion nucléaire ?

C'est la rentrée pour le monde de la défense avec la dixième université d'été de la défense, qui se tient lundi et mardi à Brest. Dans une période de fortes contraintes budgétaires, la dissuasion nucléaire devrait à nouveau faire débat.
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La dissuasion nucléaire est une nouvelle fois au c?ur du débat. Au début de l'été, deux grands responsables socialistes, l'ancien Premier ministre, Michel Rocard, et un ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, ont préconisé un abandon de la dissuasion nucléaire. L'un pour faire des économies - 16 milliards d'euros avait-il expliqué -, l'autre parce qu'elle s'apparente à "une assurance-mort". Le président François Hollande ainsi que son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont très clairement verrouillé le débat : la dissuasion ne sera pas remise en cause.

La dissuasion, assurance-vie de la France

Mais qu'est-ce qu'en pensent les chefs d'état-major des armées ? Pour l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, la dissuasion nucléaire c'est plutôt "l'assurance-vie de la Nation", avait-il expliqué lors de son audition en juillet à l'Assemblée nationale devant la Commission de la défense. Elle "nous protège d'un conflit majeur, une grande invasion en Europe", avait-il précisé. S'agissant du coût de la dissuasion nucléaire, l'amiral Guillaud a estimé que c'était "presque bon marché". Et de rappeler que la France "dépense tous les ans pour sa dissuasion nucléaire en moyenne environ 3,4 milliards d'euros et cela couvre tout : depuis les laboratoires de recherche jusqu'à la fabrication, la mise en oeuvre et le démantèlement. Cette somme couvre tout le financement de la recherche fondamentale, de la recherche et technologie".

Un sous-marin lanceur d'engins en permanence à la mer

Presque bon marché ? Il donne un exemple pour la marine. "La Force océanique stratégique (FOST) est mise en oeuvre par 3.200 marins, effectif équivalent à celui des agents municipaux d'une ville comme Montpellier". La France dispose actuellement de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Parmi les opérations permanentes fixées par le livre blanc pour la marine, figure au premier rang la dissuasion. "Notre mission est d'avoir au moins un sous-marin déployé en permanence, a assuré le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel. Ce qui suppose la mobilisation de frégates et d'avions de patrouille maritime pour assurer la sûreté des approches pour le départ des sous-marins, ainsi que des moyens sur l'ensemble de nos zones d'intérêt, pour leur donner des renseignements dont ils ont besoin".

"Audacieux de penser réaliser des économies substantielles"

Aujourd'hui, la modernisation de la dissuasion nucléaire est quasi terminée pour la composante aéroportée. En contrepartie, elle a été réduite "d'un tiers dans le cadre du principe de juste suffisance", a rappelé le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Jean-Paul Paloméros. Seul point noir, l'âge des avions ravitailleurs qui approche maintenant la cinquantaine d'années. D'une façon générale, le général Paloméros estime qu'en dépit des contraintes budgétaires, "il serait audacieux de penser que l'on pourra réaliser des économies substantielles sur le financement de la composante aéroportée, qui repose sur deux escadrons polyvalents - concentrés sur cette mission mais non dédiés à celle-ci". Et de rappeler que "si la France est le seul pays européen à mettre en oeuvre cette composante aéroportée, notre force de dissuasion protège non seulement no intérêts nationaux mais aussi nos alliés".

3,4 milliards par an sur le 20 prochaines années

La modernisation de la composante aéroportée "va s'achever pour le M51 avec ses nouvelles têtes", a précisé l'amiral Guillaud. Aussi, a rappelé le chef d'état-major des armées, la France continue "à investir pour assurer les renouvellements nécessaires et il faudra donc sans doute ponctuellement un peu plus de 3,4 milliards d'euros annuels, mais, sur les vingt prochaines années, c'est une somme qui restera à peu près inchangée en euros courants".

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Commentaires 28
à écrit le 11/09/2012 à 20:41
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la question et de savoir combien cela couterai a la France de faire une guerre et de la perde.... L'ocupation du pays de 1940 - 1944 nous a surrement couter bien plus que les économie de l avant guerre, je ne parle pas des perte humaine et encore mo...

à écrit le 11/09/2012 à 11:02
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De toute manière, même si l'on supprimait nos forces stratégiques, les quelques dizaines de milliards économisés seraient noyés dans les autres budgets, eux-mêmes en réduction. Autant conserver nos moyens actuels à leur niveau, pour ne pas s'affaibli...

à écrit le 11/09/2012 à 7:30
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Pourquoi ce titre provocateur ? Une assurance-vie ne se réfléchit pas plus que la défense pour les cinq minutes qui viennent. Quelqu'un trouve le monde paisible ?

à écrit le 10/09/2012 à 20:26
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A entendre certaines personnes, on dirait qu'il n'y a point de salut sans l'arme nucléaire... Comment font ils, tous ceux qui ne l'ont pas? ils sont envahis tous les 15 jours par d'autres pays? La dissuasion nucléaire ne dissuade personne, la France ...

le 12/09/2012 à 20:12
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Ils sont en guerre tout les 10 ans et il ont leure gouvernement renvercer tout les 3 ans, il ne sont plus depuis longtemps dans une démocracie. Les exemples ne manque pas dans le monde.

à écrit le 10/09/2012 à 14:34
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La dissuasion nucléaire coûte terriblement cher, c'est certain et la responsabilité la plus importante du président toutes choses égales par ailleurs est bien celle d'appuyer sur le "bouton" en cas de menace avérée. Hors actuellement c'est le désert ...

le 12/09/2012 à 18:31
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Et encore les anglais utilisent les missiles américains. Nous sommes les seuls à avoir la technologie de A à Z!

à écrit le 10/09/2012 à 13:16
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tout passe,comme d'ailleur une impropable ménace nucléaire.Qui nous ménace ? A présent per sonne,seulement le chomage,la pauvreté,l'illetrisme,etc.etc.Dans ce conteste planetaire,la Fran ce n'a plus rien à dire.On n'est pas capable de stopper de kw...

à écrit le 10/09/2012 à 12:57
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En 1956, lors de l'affaire du canal de suez, les russes nous avaient menacés de nous atomiser toutes les 5 minutes, les américains qui s'etait rallié à leur position n'en avait rien a faire de nous. Nous avons développer l'arme nucleaire pour etre ...

le 11/09/2012 à 11:07
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Le problème c'et que a partir du moment où un seul pays à cette "assurance vie", tous les autres voudrons tôt où tard l'acquérir. Le seul obstacle est d'ordre financier. Si toute la planète accède a cet armement ça va faire combien d'essais à mener e...

à écrit le 10/09/2012 à 12:25
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La guerre froide est finie, il serait temps de se réveiller... Le contexte international rend une attaque frontale contre la France totalement improbable d'ici les 20 prochaines années. Quant à l'utiliser, c'est encore plus incertain : qui prendra le...

à écrit le 10/09/2012 à 12:21
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Pendant la guerre froide, la dissuasion nucléaire avait un sens vis à vis des USA et de l'URSS. Qui craint on aujourd'hui ? Qui mérite de se prendre la déflagration d' une de nos bombes nucléaires? Avons nous (eu) besoin de cette dissuasion au Mali, ...

à écrit le 10/09/2012 à 12:03
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Au delà de l'aspect moral et de son coût, je suis très réservé sur le rôle de la dissuasion nucléaire. Elle donne un faux sentiment de sécurité et affaiblie la nation. Existe t il vraiment une nation qui serait prête à vaporiser ses voisins à coup de...

à écrit le 10/09/2012 à 11:57
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En dépit des contraintes budgétaires de la crise,préserver la paix n'a pas de prix!Depuis que l'équilibre de la terreur s'est imposé entre les nations détenant un arsenal nucléaire, l'instinct de conservation a prévalu sur la lutte des intérêts natio...

le 10/09/2012 à 12:05
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L'équilibre de la terreur n'est qu'un leurre, une abstraction... Vous croyez vraiment que l'URSS aurait attaqué l'Occident, sans l'arme nucléaire?

le 10/09/2012 à 18:19
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NON, c'est sur, par contre si eux ils ne l'avaient pas eu, c'est certain que nous les aurions attaqués...

à écrit le 10/09/2012 à 11:17
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En dépit des contrantes de la crise,préserver la paix n'a pas de prix!Depuis que l'équilibre de la terreur s'est imposé entre les nations détenant un arsenal nucléaire, l'instinct de conservation a prévalu sur la lutte des intérêts nationaux concurre...

le 12/09/2012 à 18:26
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Le problème reste posé: Et si un fou n'hésite pas à appuyer sur le bouton rouge?

à écrit le 10/09/2012 à 11:12
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On ne peut tout et son contraire! Pour exister, respecter ses engagements, la France doit-être en état de se défendre et de protéger ses alliés; c'est à ce prix qu'elle peut concevoir dans les cannées à venir sa participation à l'intégration européen...

à écrit le 10/09/2012 à 10:44
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LOVE ARABRE IN FRANCE LOVE INDE IN FRANCE,,,,?????????????????????????PENSE!

à écrit le 10/09/2012 à 10:30
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Notre pays est géré de façon absurde, il perd naturellement 5% de son PIB par an( déficit commercial+intérêts internationaux de la dette) que l'état cherche à compenser au lieu de réduire, et nous ne sommes plus à l'époque de l'étalon-or, il n'y a do...

le 10/09/2012 à 11:27
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L'Europe de la défense se crééra aussi par ricochet de l'Eurozone.

à écrit le 10/09/2012 à 9:56
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3,4 MDS annuel pour la dissuasion? Le chiffre de Rocard 16 MDS semble plus réaliste. Un sous marin c'est vaguement 6MDS et les nouveaux missiles 12 MDS + le fonctionnement + la recherche ... faire tenir tout ça dans 3,4 MDS j'ai un sérieux doute.

le 12/09/2012 à 18:23
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parce que vous n'y connaissez rien... c'est 16 milliards sur 5ans (16/5=3,2) on ne construit pas des SNLE tous les ans et ceux ci ne se construisent pas en un an. De meme les nouveaux missiles ne se développent pas et ne s'achètent pas en un an. Bref...

à écrit le 10/09/2012 à 8:55
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Avec 30 annees piteuses durant lesquelles nous avons depense plus que nous n'avons gagne, il va arriver le jour ou nous allons devoir faire un choix dans les missions que nous dedions a la sphere publique. Nous allons etre contraint a choisir entre ...

le 10/09/2012 à 9:52
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+1/ Il va bien falloir faire des choix pour adapter l'Etat a la situation économique du pays a moins de vouloir courir a la banqueroute.

le 10/09/2012 à 13:20
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+1 : les lendemains s'annoncent difficiles. Le "machin social" mériterait d'être repensé sérieusement.

à écrit le 10/09/2012 à 7:41
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Tout se perd !

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