Le Rafale ne viendra pas au secours du budget de la Défense
Michel Cabirol
Michel Cabirol
Pour ceux qui pensaient qu'un contrat export du Rafale pouvait desserrer à court terme la contrainte budgétaire pour le ministère de la Défense, c'est raté. Pas avant 2017. "Si elle se produit, l'exportation du Rafale permettra d'alléger la charge à partir de 2017", a récemment expliqué le délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon, à la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Il faut en moyenne trois ans pour fabriquer un Rafale. Le ministère peut-il réduire le nombre de livraisons de l'avion de combat de Dassault Aviation fixé à 11 appareils en 2013, dont 9 pour l'armée de l'air ? A priori, non sauf à s'exposer à des pénalités très lourdes. "Le contrat stipule la livraison annuelle de onze Rafale, rappelle Laurent Collet-Billon. C'est la cadence minimale fixée au regard de la continuité industrielle et de la capacité des fournisseurs de Dassault à produire les équipements nécessaires". Pour autant, les cadences de l'avion de combat tricolore ont été beaucoup ralenties. Ainsi, le 137e Rafale devait être livré fin 2000 à cadence initiale, il ne le sera in fine que fin 2014.
Une contrainte déjà supportée en 2011
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Le problème n'est pas nouveau. En 2010, le ministre de la Défense d'alors, Hervé Morin, s'en inquiétait déjà. "Le risque principal concerne l'absence de vente de Rafale à l'étranger. Si nous devons commander onze Rafale pendant les deux années qui devaient être couvertes par l'export (2011 et 2012, ndlr), il faudra trouver 1 milliard d'euros de plus", avait-il assuré devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Au final, la note avait été moins salée mais tout de même : 800 millions d'euros pour faire tourner la chaîne d'assemblage du Rafale fabriqué par Dassault Aviation, qui lui-même fait vivre 500 fournisseurs dont Thales et Safran, ses principaux partenaires. Cette chaîne d'avions de combat a besoin d'une cadence minimale de onze Rafale par an. Du coup, le budget avait dû supporter cette cadence alors qu'une partie devait alimenter des commandes obtenues à l'exportation. Sur onze appareils fabriqués, cinq à six devaient être destinés à l'export. C'est là l'une des difficultés actuelles du budget de la défense.
Michel Cabirol