Espace : la France rend les armes face à l'Allemagne

 |   |  682  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Financièrement la France ne peut plus s'opposer à la montée en puissance de l'Allemagne dans le domaine spatial. Berlin est en train de prendre le leadership européen dans l'espace. Et bénéficiera de meilleures retombées pour son industrie spatiale.

La France rend les armes… dans le domaine spatial. L'Allemagne prend progressivement le leadership en Europe, que détenait jusqu'ici Paris, qui a pourtant développé depuis plus de 50 ans une filière industrielle d'excellence. Un comble au moment où se met en place autour de l'espace toute une gamme de services… qui seront très lucratifs pour toute l'industrie spatiale, notamment en aval. Et quand on sait que l'Europe de l'espace fonctionne encore en grande partie avec le système du retour géographique - celui qui paie le plus a, schématiquement, le plus de charge de travail chez lui -, l'Allemagne va, de façon inexorable, décrocher la France, victime de la contrainte budgétaire... sauf à avoir une volonté politique industrielle.

Berlin veut le leadership

Berlin ne s'en cache pas, l'Allemagne veut le leadership. Dans le livre blanc sur l'espace, qui a été publié fin 2010, l'objectif de Berlin est clair : "l'Allemagne occupe le deuxième rang européen en matière de spatial ; se satisfaire du deuxième rang ne suffit pas, il faut considérer ce classement comme une source de motivation". Clair et net. Derrière cette stratégie, on retrouve Peter Hintze, le coordinateur du gouvernement allemand pour l'aérospatial, l'homme qui a retoqué le projet de fusion EADS-BAE Systems de l'ex-enfant chéri de Berlin, Tom Enders, et qui a l'oreille de la chancelière allemande. Ce document avait à l'époque inquiété les industriels français… et par ricochet le gouvernement Fillon, qui avait à son tour publié en mars dernier un livre blanc sur l'espace. "Leurs très grandes ambitions dans l'espace ne sont pas européennes, elles sont avant tout allemandes", avait analysé un patron français du secteur.

Renforcer la compétitivité de l'industrie spatiale allemande

"La stratégie spatiale allemande est clairement tournée vers l'économie afin de renforcer la compétitivité de son industrie spatiale et la participation en leader des nouveaux marchés à forte valeur ajoutée", a d'ailleurs confirmé le conseiller spatial de l'ambassade de France en Allemagne dans une annexe du rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques rendu public la semaine dernière. Et de poursuivre : "alors que l'Allemagne privilégie les aspects industriels en 'Standort Deutschland' (localisation allemande), la France propose une stratégie plus globale, qui intègre l'ensemble de la chaîne des valeurs, depuis l'aide à la décision et à l'action publique, et notamment la question de la politique étrangère, jusqu'au développement d'applications et de services en passant par la recherche et la technologies".

Berlin n'aborde "peu ou pas" les questions de souveraineté, d'autonomie de décision et d'indépendance d'accès à l'espace, constate le conseiller spatial. Des thèmes chers à la France, qui défend une certaine idée de l'Europe de l'espace avec la filière lanceurs, mais très éloignés de l'Allemagne qui préfère préserver ses intérêts commerciaux. Dans son livre blanc, la huitième et dernière priorité concerne l'indépendance technologique pour l'accès à l'espace... qui "doit être le moins onéreux possible". "L'Allemagne propose d'ouvrir à la coopération internationale la répartition des compétences pour l'accès à l'espace tout en favorisant la disponibilité en Europe des composants critiques", explique le conseiller spatial. Une stratégie à contre-courant de celle de la France.

L'Allemagne devant la France

Bref, cet éparpillement a déjà une conséquence. Pour la première fois, l'Allemagne a supplanté en 2008 la France en tant que première nation contributrice à l'Agence spatiale européenne (ESA) avec une contribution de 2,7 milliards d'euros (contre 2,33 milliards d'euros) sur un budget de 10,4 milliards d'euros consacrés à des programmes nouveaux. Paris fait semblant de ne pas voir. Et rappelle que la France apporte 57% de contributions au programme lanceurs (contre 17% à l'Allemagne). Mais pour la première fois, l'Allemagne a contribué beaucoup plus en 2012 que la France au budget annuel de l'ESA (750,5 millions d'euros, contre 718,8 millions). En 2011, la contribution française était encore supérieure à celle de l'Allemagne (751,4 millions contre 713,8 millions d'euros). L'Allemagne spatiale est en marche…

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/02/2013 à 14:07 :
elle va injecter 800millions pour 2013
a écrit le 23/11/2012 à 22:50 :
La France perd son temps avec l'ESA. Elle ferait mieux de se rapprocher de la Russie.
a écrit le 21/11/2012 à 16:30 :
L'Allemagne ne peut lancer ses fusées et satellites sans l'accord de la France qui dispose du site de Kourou en Guyanne.
Réponse de le 21/11/2012 à 18:16 :
L'Allemagne n'a pas de lanceur; et ses satellites, elle peut les confier aux concurrents d'Ariane...
a écrit le 20/11/2012 à 23:05 :
L?Allemagne est en train de bouffer EADS.

L?état de Hollande cède 3%, c'est une capitulation ni plus ni moins.

a écrit le 20/11/2012 à 20:43 :
Et on nous rabâche que le danger c'est la Chine. Qu'ils aillent au diable avec leur Euro fort qui plombe l'emploi dans toute l'Europe. A moins qu'il n'est déjà prévu une base de lancement dans le sud de la Bavière, on pourra toujours augmenter le tarif d'accès à la base de Kourou. Plus sérieusement le sentiment anti allemand se diffuse dans toute l'Europe et les consommateurs européens ont toujours le choix.
a écrit le 20/11/2012 à 20:28 :
Celui qui paie, commande; c'est pourtant normale.
Il est aussi normale que ce n'est pas l'état qui doit choisir les entreprises, mais que le meilleur fournisseur sera retenu, quelque soit la nationalité. C'est seulement comme cela que la qualité l'emporte et que les entreprises ont une chance sur le marché mondialisé.
a écrit le 20/11/2012 à 19:49 :
Il est légitime (pour l'Allemagne) que ce pays le plus "puissant" tente de s'accaparer du leadership de l'UE dans des domaines clefs ! Mais la France est-elle vraiment dans une situation désespérée au point de se faire "manger" tout cru par les Allemands ? j'en doute ou tout du moins je l'espère, parce que certains articles bien qu'alarmistes font peurs... cordialement
Réponse de le 20/11/2012 à 21:30 :
L'Allemagne est parfaitement légitime dans sa stratégie. A la France de ne pas être naïve. Cordialement. Michel Cabirol
a écrit le 20/11/2012 à 18:33 :
L'Europe reste à faire, notre concurrence avec l'Allemagne, une lamentable guerre des étoiles, le montre bien...Si les Etats des Etats-Unis se comportaient comme nos Etats, ils n'iraient pas loin. Arrêtons d'accuser l'Europe de tout : elle est notre seule chance face à la montée en puissance des émergeants et une concurrence des Etats-Unis qui ont trois chances : dynamisme, unité et réserves de pétrole qui lui donneront peut-être l'auto-suffisance énergétique.
Imitons les Etats-Unis, dans l'espace et ailleurs. Ils aident, il est vrai qu'ils partaient d'assez bas, daventage leurs pauvres qu'avant, ils sont unis et dynamiques, d'une énergie tournée vers l'avenir. La recherche, notamment, et surtouto les NBIC : nano-technologie, biologie, informatique, sciences cognitives...
a écrit le 20/11/2012 à 17:29 :
Les allemands font le business et la technique Made in Germany dont toute la planete raffole c'est clair.Ce que dit l'Espagne sur la France est absolument vrai, rien ne pourra nous sauver meme pas un repostionnement derriere l'Itale qui revient en force economiquement devant nous.L'humiliation globale et la honte se profilent a l'horizon.
a écrit le 20/11/2012 à 16:57 :
Les allemands ont une politique économique et industrielle qui est une véritable machine de guerre. Ils ne font pas de sentiments. Il aident les autres quand cela serre leurs intérêts. Ainsi, ils conquièrent méthodiquement et efficacement le pouvoir économique qui leur donne une influence réelle et croissante sur le plan géopolitique entre autre.
Petit à petit, ils grignotent les terrains d'excellences français sans que nous mettions en oeuvre une politique industrielle permettant de les rattraper sur leurs terrains conquis (machinisme industriel notamment), sachant que nos contraintes budgétaires lié au pacte de stabilité nous privent de marge de manoeuvre. Il y a quelques temps, notre ex président défendait la rupture. La rupture pour la rupture ne serre à rien. Elle est en revanche un outil à considérer dans le cadre d'un plan stratégique calculé. La plan Gallois peut aller dans ce sens mais a-t'il pris en compte l'évolution probable des évènements dans l'intervalle, sachant que ce monsieur est mieux placer que quiconque sur la connaissance de nos voisins. Ne pas se méprendre sur mon message, il n'y a aucune animosité par rapport à nos voisins que j'ai beaucoup fréquenté dans le cadre professionnel et avec qui j'apprécie de travailler. Mais il est temps de se réveiller côté français très sérieusement car il y a une autre rupture qui se profile pour notre pays et celle ci ne me semble pas du tout positive à ce rythme.
a écrit le 20/11/2012 à 16:56 :
Ce sont qui mettent le plus au pot normal qu'il récupèrent plus. Vous croyez que c'est quoi le business? La France fait bien pareil quand elle peut... Et puis ce discours de faux c... de bon européen convaincu pour enfin de compte faire la même chose que les allemands...Des exemples : Aventis, Alstom, Areva...
a écrit le 20/11/2012 à 16:46 :
A force de vouloir éclairer le monde de nos réformes et autres avancées , on s'est bien fourvoyé . Nous sommes à "l'heure des conséquences" (des 35 heures , des 56 % de dépense publique, des régimes speciaux, des couteuses exceptions françaises ... ) avec des dirigeants à "l'ouest". On n'est pas sorti de l'auberge
a écrit le 20/11/2012 à 16:39 :
Et si la France réduisait ses dépenses sociales pour privilégier l'investissement industriel.
Cet Etat qui prend 60 % de la richesse nationale et qui n'a même pas les moyens de lutter vis a vis des Allemands.Il va falloir que les socialistes se réveillent.
a écrit le 20/11/2012 à 16:23 :
Quand la FRANCE s'éveillera il sera trop tard ; ça rappelle des évènements historiques . Cette mollesse teintée de laxisme un peu matinée d'orgueil peut nous perdre.
a écrit le 20/11/2012 à 16:16 :
C'est le remake d'Airbus !
La France a pris tous les risques dans ce domaine mais, comme souvent, elle cale dans le développement et toujours faute de savoir investir , ce dont on parle pourtant tellement en ce moment. On ne peut baisser financièrement les bras et s'étonner qu'à budget global en croissance, d'autres en profitent.
Quand les français comprendront que, en dehors de France, les faits l'emportent sur les belles phrases, un progrès énorme aura été réalisé.
a écrit le 20/11/2012 à 16:16 :
@ la tribune: vous jouez avec le feu. "La France qui défend une certaine idée de l'Europe"! Restez sur terre, ou plutôt par exemple dans la boue agricole: La PAC est une sorte de version française du "I want my money back" de Thatcher, qui réagissait justement à "l'injustice" de la PAC. L'Allemagne était un nain agricole; depuis 2 /3 ans, ce pays a cependant dépassé le goliath français comme premier exportateur de produits agricole en Europe. Vous pensez réellement que dans l'aéronautique la contribution des 2 pays sont équitable au sein d'Airbus? Vous connaissez beaucoup de secteurs industriels (même les plus exotiques!) ou l'Allemagne ne serait pas dominante? Le concept de la concurrence est simple, même si l'on se complique à y attribuer des mots comme tricherie, dumping, ah oui! desinflation compétitive et vouloir changer les règles du jeu. Jouez le jeu, mais arrêtez de vous plaindre des règles du jeu et essayez plutôt de comprendre la réalité derrière le concept de la compétitivité. La France ne changera de moins en moins les règles en Europe, donc maintenant au boulot!
Réponse de le 20/11/2012 à 21:34 :
L'Allemagne est nulle en rugby :-)
Réponse de le 21/11/2012 à 10:07 :
@ Totoff: indéniable cela, les règles sont déjà trop compliqué à comprendre pour nos voisins....
Réponse de le 21/11/2012 à 11:08 :
Ah vous voyez, Deni de réalité, que l'Allemagne n'est pas dominante partout ;-)
a écrit le 20/11/2012 à 16:12 :
la paresse intellectuelle de nos politiques me supprendra toujours on fait des économies la faut investir mais par contre pas question de reduire les dépenses inutiles
a écrit le 20/11/2012 à 16:06 :
La France ne peut investir car elle a des boulets que n'a pas l'Allemagne, avec des prestations sociales élevées comme la CMU, 1/3 de fonctionnaires en plus et payés 30% plus cher, les allocs en tout genre élevées pour les natalistes, 300 ambassadeurs payés grassement alors qu'il n'y a que 200 Etats dans le monde, etc. L'Allemagne perd des habitants et vieillit paraît-il et pourtant, elle est championne du monde toutes catégories avec des caisses sociales pleines à craquer.
Réponse de le 20/11/2012 à 19:35 :
tu n'as pas ta carte au Tea party ?
a écrit le 20/11/2012 à 16:05 :
c'est dans l'air du temps.Deutschland ueber alles..encore et encore
a écrit le 20/11/2012 à 16:00 :
C beau la solidarite europeenne....L'allemagne est la chine de l'ue,elle veut tout syphonner et n'a aucune envie au final d'etre europeenne.Elle se sert de l'europe pour sa propre economie,meme si la france fait de meme,nous avons quand meme une vision plus solidaire et europeenne des choses.

C triste a dire mais le comportement de l'allemagne va faire ressurgir les fantomes du passe.La comparaison avec la "grande allemagne" va se faire et l'eclatement de l'ue se fera a cause(et c deja un peu le cas) de cela
Réponse de le 20/11/2012 à 16:16 :
on la laisse faire.... donc...
Réponse de le 20/11/2012 à 18:22 :
......,meme si la france fait de meme,nous avons quand meme une vision plus solidaire et europeenne des chose.

Je dirai plutot le contraitre. Saviez vous que la France est le seul pays a considérer les pilotes en provenance d´autres etats Schengen comme des ennemis et refuse l´abolition du plan de vol VFR "par mesure de securité stratégique". Ce petit exemple bien spécial démontre la " vision solidaire" de la France.......
Je refere à la petition 0983/2011 lancée a la Commission Europenne.
a écrit le 20/11/2012 à 15:50 :
comme d'habitude, l'allemagne fait du business et les francais font de la technique. c'est aussi cela le couple franco-allemand.
Réponse de le 20/11/2012 à 16:07 :
Les allemands font le business et la technique Made in Germany dont toute la planete raffole c'est clair.Ce que dit l'Espagne sur la France est absolument vrai, rien ne pourra nous sauver meme pas un repostionnement derriere l'Itale qui revient en force economiquement devant nous.L'humiliation globale et la honte se profilent a l'horizon.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :