Espace : la France veut revoir les règles entre les pays membres de l'ESA

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Le ministre en charge de l'Espace, Laurent Wauquiez, a présenté la stratégie spatiale française. Un document de vingt pages tourné vers une refonte des relations entre les pays membres de l'Agence spatiale européenne. Il veut notamment assouplir les règles de juste retour géographique de l'ESA.

La France a formalisé sa stratégie spatiale dans un document de vingt pages. Plus d'un an après la publication du Livre blanc allemand sur sa stratégie spatiale, la France dispose enfin d'un document référent à huit mois de la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui décidera des prochains programmes à financer.

Demandé début 2011 par Valérie Pécresse, alors en charge du spatial, ce document a été concrétisé par Laurent Wauquiez à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle. Le ministre, qui a pris visiblement du plaisir à traiter les questions spatiales et a présenté jeudi à Cannes la stratégie spatiale française, s'est une nouvelle fois fait le chantre la préférence européenne en matière d'accès à l'espace. « La concurrence oui mais d'abord la préférence européenne », a-t-il rappelé lors de son discours.

Création d'un comité de concertation de la politique spatiale

C'est néanmoins un document beaucoup moins offensif que celui de l'Allemagne qui souhaite renforcer son industrie aérospatiale en acquérant de nouveaux savoir-faire et technologies pour servir les intérêts de son industrie... en marchant sur les plates-bandes françaises. « On reste fort sur nos points forts et on les défend », analyse un industriel tricolore, qui reste un peu sur sa faim.

Les industriels ont quand même obtenu quelques satisfactions de la part du ministre, dont c'était l'une de ses dernières sorties avant l'élection présidentielle. Notamment la création d'un comité de concertation de la politique spatiale. A priori rien de très révolutionnaire. Mais ce comité, si il était pérennisé par le prochain gouvernement, pourrait dilué la très grande influence du CNES en matière de stratégie spatiale, estime un industriel. « C'est lui (le CNES, ndlr) qui a l'argent et donc c'est lui qui applique sa politique. Avec le comité, ce sera une nouvelle façon de travailler », estime-t-il.

Assouplir les règles de retour géographique

La France souhaite à la fois assouplir les règles de retour géographique de l'ESA, dont le système est en bout de course, et appliquer de façon mesurée les règles de concurrence de l'Union européenne. Un équilibre difficile à trouver et surtout une ambition qu'il faudra partager avec les autres pays membres de l'ESA. « Il faut revoir le fonctionnement des règles de l'ESA en donnant de la charge de travail aux pays qui savent faire plutôt qu'à ceux qu'ils veulent faire sans avoir les compétences ».

Pour autant, il faudra inciter les Etats membres de l'ESA, qui n'ont pas d'industrie spatiale, de continuer à financer les programmes spatiaux. « On travaille sur une double source pour tous les équipements », explique-t-on à « latribune.fr ». Ce qui permettrait à certains petit pays spatiaux de recevoir de la charge de travail. Le patron de l'ESA, Jean-Jacques Dordain, serait prêt à redéfinir un nouveau pacte industriel.

Instaurer des règles claires

La France préconise également d'instaurer des règles industrielles harmonisées au niveau européen. En clair, Paris demande à l'Union européenne et à l'ESA « d'arrêter les jeux des pays », à l'image de ce qui s'est passé sur le programme Galileo, et de « fixer des règles claires plus centrées sur la compétence et moins sur la nationalité ». Là aussi, la France, première puissance spatiale européenne, devra composer avec ces partenaires. Pas sûr que ces derniers acceptent le point de vue français.
 

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Commentaires
a écrit le 13/04/2012 à 1:47 :
Le Québec aurait tout à gagner en devenant membre de ASE et participer a une stratégie spatiale. Tant qu'a rêver, on pourrait même acheter vos avions Rafale
et ainsi faire un pied de nez au USA et aux Canadians qui eux n'acheterons jamais
du matériel militaire français. Mais hélas! le Québec n'est pas un pays, pour l'instant.

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