Thales : l'Etat et Dassault repoussent au 20 décembre le conseil qui désignera le successeur de Luc Vigneron

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Le conseil d'administration du groupe d'électronique, qui doit désigner un nouveau patron pour succéder à Luc Vigneron, a été repoussé au 20 décembre. Faute d'un accord entre l'Etat et Dassault Aviation sur un nom. Ce qui ne veut pas encore dire qu'il y ait forcément un désaccord profond.

Selon des sources concordantes, le conseil d'administration de Thales, prévu le 13 décembre, a été repoussé au 20 décembre. L'Etat et Dassault Aviation n'ont pas encore trouvé un compromis sur le nom du successeur de Luc Vigneron. Le report d'une semaine permettra également d'obtenir le quorum pour prendre cette décision stratégique pour l'avenir du groupe. Trois noms sont évoqués pour succéder à Luc Vigneron : l'ex-patron de Vivendi, Jean-Bernard Lévy et deux dirigeants du groupe électronique : Pascale Sourisse et Reynald Seznec, tous deux en charge chacun d'une partie du commerce international. La première a les faveurs de l'Etat, le second le soutien de Dassault Aviation. S'agissant de Pascale Sourisse, le patron de l'avionneur, Charles Edelstenne, n'en voudrait pas. Trop indépendante à son goût. "Il ne veut pas d'une Anne Lauvergeon dans la défense", avait-t-on précisé à 'latribune.fr" fin octobre. De leur côté, les syndicats seraient réticents à l'arrivée de Reynald Seznec à la tête du groupe, considéré comme trop intransigeant lors de négociations salariales, notamment. 

Les syndicats veulent le départ de Luc Vigneron

L'intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC de Thales avait à nouveau réclamé le départ du PDG Luc Vigneron et "la nomination rapide d'un nouveau patron pour le groupe". Thales "ne peut rester longtemps dans une situation où le corps social est totalement déstabilisé, le PDG isolé voire décrédibilisé, cela dans un contexte mouvant, tant sur les marchés que dans l'organisation de l'industrie de défense", écrit l'intersyndicale dans un tract distribué à tous les salariés la semaine dernière. Pour les syndicats, "il faut restaurer rapidement la confiance des salariés, des clients, des fournisseurs, des actionnaires" et "cela passe par un changement de politique et de management, donc par la nomination rapide d'un nouveau patron". Ils déplorent "la perte de confiance d'une très grande partie des salariés, de l'ouvrier au cadre dirigeant, envers Luc Vigneron", et "la démotivation grandissante du personnel". Ils dénoncent aussi un "management par la peur", des "continuelles et incessantes réorganisations" et "la dégradation des conditions de travail". En septembre, l'intersyndicale avait décidé de rompre toute relation avec le PDG et sa direction, critiquant dans une lettre ouverte les méthodes de management et les orientations stratégiques.

Selon Luc Vigneron pas de blocage avec les syndicats

Luc Vigneron a démenti le 5 décembre tout blocage social dans son groupe. La réorganisation en profondeur de la direction menée par Luc Vigneron fin juillet a scellé la rupture entre les syndicats et le PDG. A cette occasion, le directeur des opérations, Patrick Fournié, a vu la direction des ressources humaines ajoutée à ses attributions. "Personnellement, je ne vois pas de blocage social. C'est un propos qui est tout simplement outrancier", a dit Luc Vigneron devant la commission de défense de l'Assemblée nationale. Pour aurtant, le PDG de Dassault Aviation, Charles Edelstenne, a évoqué le 4 décembre pour la première fois publiquement mardi un "éventuel changement de gouvernance" au sein du groupe d'électronique, dont l'avionneur est le premier actionnaire privé. Thales, qui emploie 68.000 salariés, dont la moitié en France, est détenu à 27 % par l'Etat français et à près de 26 % par Dassault Aviation. Le reste du capital est détenu par des actionnaires, dont 3 % par les salariés.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2012 à 15:52 :
Il n'est jamais bon dans une entreprise qu'un patron "pétrifie" ses salariés;et même si le terme peut sembler excessif et peu nuancé il vaut mieux dans tous les cas privilégier l'intérêt général et passer le manager à la trappe car une grande entreprise ne peut se permettre d'avoir un chef qui ne soit pas incontestable.

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