General Electric s'offre le motoriste italien Avio au nez et à la barbe de Safran

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Le conglomérat américain a annoncé vendredi l'acquisition du motoriste italien Avio, qui comptait depuis près de trente ans parmi les principaux fournisseurs de sa branche aéronautique, pour un montant de 3,3 milliards d'euros. GE ne reprendra pas l'activité "propulsion spatiale" de l'Italien.

Le conglomérat américain General Electric a annoncé vendredi l'acquisition du motoriste italien Avio, qui comptait depuis près de trente ans parmi les principaux fournisseurs de sa branche aéronautique, pour un montant de 4,3 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros). Le groupe américain ne reprendra pas l'activité "propulsion spatiale" de l'Italien, qui sera conservée pour le moment par les actionnaires actuels d'Avio, le fonds d'investissement Cinven et le groupe d'aéronautique et de défense italien Finmeccanica, précise-t-il dans un communiqué. Le prix payé correspond à 8,5 fois l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) attendu par Avio cette année, a précisé GE. Finmeccanica a dit qu'il retirait 260 millions d'euros de la cession d'Avio, somme qui sera affectée à la réduction de son endettement.

GE fournit la moitié du chiffre d'affaires à Avio

Fondé en 1908, Avio était contrôlé depuis 2006 par Cinven et le désengagement prévisible du fonds d'investissement avait suscité un certain nombre d'appétits pour l'entreprise turinoise. A ce petit jeu, General Electric, qui a soufflé Avio à son partenaire de près de 40 ans Safran, était particulièrement bien placé dans la mesure où plus de la moitié du 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'Avio dans l'aéronautique a été généré dans le cadre de coopérations avec GE. Avio, qui compte 5.300 salariés, dont 4.500 en Italie, fournit des composants à son partenaire américain depuis 1984 ainsi que des composants pour les moteurs des avions de chasse Eurofighter Typhoon. Le groupe italien renforcera la chaîne des fournisseurs du conglomérat américain dont le rythme de production de moteurs continue d'augmenter pour répondre à la croissance de la demande mondiale, a expliqué GE vendredi dans un communiqué. Son chiffre d'affaires total a dépassé deux milliards d'euros en 2011.

Quid de la branche spatiale

La division spécialisée dans la propulsion spatiale compte 800 salariés. Cinven et Finmeccanica ont précisé qu'ils allaient désormais travailler à établir les "alliances industrielles" les plus aptes à garantir "la compétitivité à long terme" de cette activité.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2012 à 10:02 :
Ce n'était pas une bonne affaire car AVIO est surtout un sous-traitant. SAFRAN a surtout besoin de grossir en acquérant éventuellement des technologies non maîtrisées . Pour GE c'est par contre un moyen de fiabiliser et maitriser sa chaîne de fournisseurs en Europe. Notons cependant que les Italiens ont souvent le tropisme américain parce que marginalisés en Europe.
a écrit le 21/12/2012 à 15:56 :
Voilà qui est une très bonne chose.Non seulement les américains dénouent leur structure de domination des captives italiennes en simplifiant les perspectives futures mais aussi il réserve à notre pays les parts stratégiques que nous souhaitions. Voir acheter nos vieux nanards européens comme français par des groupes étrangers est un objectif salutaire. L'exemple à plus petite taille de Afflelou par exemple permet de vendre une activité au devenir déclinant. Les IDE en France qui sont souhaités correspondent à une recherche de "pigeons financiers" et non d'une emprise sur notre territoire comme le pensent certains. les pire étant bien entendu de... ne pas être racheté.
a écrit le 21/12/2012 à 13:53 :
La patrone de General Electric ne s'appelle t-elle pas Gaymard, épouse du célèbre hervé Gaymard Parlementaire Député Président de Conseil Général Français de Savoie ?
Réponse de le 21/12/2012 à 15:57 :
Oui, pour la branche europe. Français et américains travaillent de concert.
Réponse de le 01/01/2013 à 19:53 :
Pour AVIO Turin, je pense que c'est une bonne nouvelle, mais quel avenir pour Avio Brindisi, le sud de l'italie ressemble de plus en plus à la Grèce et ce n'est pas GE qui va s'en soucier

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