Espace : la présidence du CNES est à conquérir

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Le président du CNES, Yannick d'Escatha Copyright Reuters
Le président du CNES, Yannick d'Escatha Copyright Reuters
Rattrapé par la limite d'âge, Yannick d'Escatha, qui pensait finir son mandat en 2015, est finalement contraint de laisser la présidence du Centre national d'études spatiales (CNES) en mars prochain. Plusieurs noms circulent, dont le numéro deux du CNES, Joël Barre, et le PDG d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall.

C'est un grand serviteur de l'Etat qui s'en va. Atteint par la limite d'âge le 18 mars prochain, Yannick d'Escatha, qui pensait finir son mandat en 2015, est finalement contraint de laisser la présidence du Centre national d'études spatiales (CNES), qu'il a animé avec beaucoup de conviction... et de succès. Il a annoncé mardi en interne son départ lors de la cérémonie des voeux. "Cher Yannick d'Escatha, pendant dix ans, vous avez été l'ambassadeur du spatial français. Vous avez contribué à son bilan exceptionnel. Ce qui vous a porté, c'est votre passion et votre force de travail exceptionnelle. Vous laissez une agence florissante, au seuil d'une nouvelle histoire, que vous avez su anticiper", a souligné ce mardi la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, en charge de l'espace. Elle avait tenu à être présente pour saluer l'action de Yannick d'Escatha à la tête du CNES.

Arrivé à la présidence du CNES en février 2003 pour redresser ses comptes et, d'une façon plus générale, la filière spatiale en pleine déshérence après l'échec dramatique d'Ariane 5 ECA en décembre 2002, Yannick d'Escatha a progressivement remis la filière spatiale française dans le sens de la marche. Il a pu s'appuyer sur les compétences de trois autres personnages, qui ont compté ces dernières années dans le spatial et qui sont à la fois partenaires et rivaux : le directeur général de l'Agence spatiale européenne, Jean-Jacques Dordain ; le PDG d'Astrium, François Auque et le PDG d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall. Mais aussi sur tous les personnels de la filière, le plus souvent passionnés par l'espace.

2002-2012, dix ans de succès

2002-2012 : dix ans de succès depuis la terrible explosion en vol du 11 décemble 2002 d'une Ariane 5 ECA, qui a failli avoir raison définitivement d'un lanceur français et européen. Bercy réclamait déjà un plan pour recycler l'ensemble de la filière. Mais ces quatre hommes ont eu raison de la logique budgétaire de l'époque. Notamment Yannick d'Escatha, en charge de la politique spatiale française. "Dans l'histoire du spatial, la période des dix années que nous venons de vivre, restera celle de grandes réussites, que symbolise la série de 53 lancements sans échec, série ininterrompue depuis dix ans ! Ces réussites sont collectives, elles doivent beaucoup à l'expertise et au dynamisme du CNES, d'Arianespace ainsi que des industriels qui conçoivent et fabriquent", a d'ailleurs précisé Geneviève Fioraso.

Pour tous, Yannick d'Escatha, qui à son arrivée ne connaissait pas le monde du spatial, laissera la marque d'un homme passionné, ayant un gros volume de travail et très rigoureux dans ses choix. Sa fameuse méthode atouts/attraits (atouts du CNES et attraits du marché), qui a passé tant de programmes du centre national à la moulinette, a fait perdre pas mal de cheveux aux ingénieurs de la maison et aux industriels. Ce qui lui a valu pas mal d'inimitiés au final. Mais peu importe pour lui. Car ce qui l'intéresse uniquement, c'est ce qui est bien pour la politique spatiale française et européenne. Point barre.

Qui pour le remplacer ?

La succession est ouvertement déclarée. L'Elysée a déjà une dizaine de noms en tête. Parmi ceux qui circulent le plus : le PDG d'Arianespace, Jean-Yves Le Gall ; le numéro deux du CNES, Joël Barre, directeur général délégué en charge des opérations ; l'ancien numéro deux du CNES, Stéphane Janichewski qui a rejoint en 2009 le groupe informatique français Capgemini au poste de directeur, chargé du ministère français de la Défense et du secteur spatial en Europe. Et pourquoi pas Pascale Sourisse, candidate malheureuse à la succession de Luc Vigneron à la tête de Thales? Mais il est fort possible que la direction générale de l'armement propose également un candidat. L'Etat devrait rapidement arrêter sa décision entre le 31 janvier et le 15 février.

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