Satellites espions : Jean-Yves Le Drian à nouveau à la manœuvre aux Emirats Arabes Unis

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sera mercredi à Abu Dhabi pour faire avancer la vente de deux satellites espions aux Emirats Arabes Unis
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sera mercredi à Abu Dhabi pour faire avancer la vente de deux satellites espions aux Emirats Arabes Unis (Crédits : Aibus Space)
Le ministre de la Défense s'envole mercredi aux Emirats Arabes Unis pour faire avancer la vente de deux satellites espions à Abu Dhabi. Les industriels ne s'attendent pas à la signature d'un contrat à cette occasion.

En bon breton tenace, Jean-Yves Le Drian ne lâchera pas. C'est pour cela que le ministre de la Défense va s'envoler ce mercredi une nouvelle fois aux Emirats Arabes Unis (EAU) pour tenter de faire avancer le dossier des deux satellites espions de très haute résolution que la France veut vendre à Abu Dhabi dans le cadre du programme « Falcon Eye ». Jean-Yves Le Drian va profiter de ses très bonnes relations avec l'homme fort des Emirats, le prince héritier cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan pour bien cadrer, voire recadrer, un dossier fortement parasité en fin d'année 2013 et début d'année 2014 par Washington. Il s'agira de la huitième rencontre entre les deux hommes, qui avaient notamment paraphé un accord en juillet 2013 à Abu Dhabi sur la vente de ces deux satellites d'observation.

Alors que les discussions ont récemment repris entre Abu Dhabi et la France, Jean-Yves Le Drian va très certainement réaffirmer l'engagement de la France sur ce dossier. Selon des sources concordantes, le maître d'œuvre du programme « Falcon Eye », Airbus Defence & Space, associé à Thales Alenia Space (TAS), ne devrait toutefois pas signer un contrat à l'occasion de la visite du ministre. « Il reste encore du boulot » pour conclure une commande évaluée à plus de 700 millions d'euros, expliquent plusieurs sources proches du dossier. Pour autant, les négociations en cours n'inspiraient pas d'inquiétudes particulières aux deux industriels concernés.

Les Etats-Unis mauvais perdants

Avec le soutien incroyable de Jean-Yves Le Drian, Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space avait gagné la compétition l'été dernier face à Lockheed Martin. Mauvais perdant, les États-Unis, qui avait soutenu tour à tour Raytheon puis Lockheed Martin, ont soufflé le chaud et le froid. Fin 2013, Washington avait décidé d'appliquer la réglementation ITAR sur des composants américains destinés à ces satellites, compromettant le contrat entre la France et les Émirats Arabes Unis. Mais le journal "Le Monde" écrivait le 29 janvier qu'au lendemain d'une visite de Jean-Yves Le Drian à Washington, une source ministérielle avait déclaré le 27 janvier qu'une "solution technique" avait été trouvée, sans plus de détails. Ce que confirmait fin janvier une source proche du dossier à "La Tribune" en assurant qu''il n'y avait "plus de problème"

Mais les États-Unis ont à nouveau mis leur veto sur l'exportation de ces composants, a assuré cette même source fin février. Finalement, le dossier a pu se dénouer à très haut niveau, entre François Hollande et Barack Obama lors de la visite mi-février (10-12 février) du président français aux Etats-Unis.

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Commentaires
a écrit le 23/04/2014 à 17:08 :
En quelle langue faut il parler aux benêts qui nous gouvernent pour leur faire comprendre que les USA ne sont ni nos amis ni nos alliés et que, en particulier, nous n'avons rien à faire dans l'Otan ?
De Gaulle nous a fait en son temps sortir de cette organisation aujourd'hui sans autre objet que de servir la stratégie de domination US, ce n'est pas pour que des demeurés du niveau de Sarkozy ou Hollande nous y fasse rentrer.
Désolé de cette mauvaise humeur passagère mais il fallait que ça sorte.
Réponse de le 23/04/2014 à 19:27 :
Je ne suis pas sûr que nous avions quitté l'OTAN. Je crois que nous avions quitté le commandement intégré, mais pas l'alliance!
a écrit le 22/04/2014 à 18:59 :
Oui il y a des composants US, non cela ne permet pas à la NSA de nous espionner. Plus exactement la NSA n'a pas besoin de composants US pour le faire il suffit d'écouter la télémesure descendante, ou encore plus simple (si l'on peut dire) d'accéder aux réseaux sol ce qui évite d'avoir à casser le cryptage de la TM.
Réponse de le 22/04/2014 à 20:07 :
@ @Vincent : ou bien encore de mettre la main sur les rapports résultants des observations effectuées... bref, plein de moyens possibles!
Réponse de le 22/04/2014 à 20:48 :
Merci pour les éclaircissements. Cela veut donc dire que la France est pied et poing liés face aux USA. Sachant ce pays aux abois et prêts à n'importe quoi pour rester les maîtres du monde, on n'est pas prêt de conclure un contrat de vente de nos Rafale.

En fait, la France est dans la même position qu'en 1939-1945, on a droit à une petite place à la table des grands, assis sur un strapontin, à condition de plaire au Prince. Dès lors pourquoi continuer à se garagiser "La France, 5ème puissance mondiale!"... Des clous Oui!
Réponse de le 22/04/2014 à 22:51 :
Non, la France n'est pas pieds et poings liés face aux USA. Il faut arrêter les fantasmes sur la NSA. Il n'y a pas besoin de d'hypothétiques composants pour obtenir ces infos, il suffit bien souvent de payer la femme de ménage qui s'occupe du bon bureau...C'est vieux comme le monde et nullement l'apanage des USA. En plus, les US ont toute la capacité d'observation qu'ils souhaitent, nos images ne les intéressent guère.
Pour ce qui est de l'aspect composants spatiaux c'est plutôt un problème économique que technologique. Le marché est tellement restreint qu'il n'intéresse pas grand monde en Europe. C'est un sujet récurrent de politique spatiale mais il ne passionne pas les foules. La seule solution vertueuse serait une agence européenne des composants à usage militaires et spatiaux pour obtenir la masse critique. Tant que cela ne se fera pas il y aura une dépendance aux USA qui en jouent à loisir. Ne rêvez pas, le Rafale est tout autant, sinon plus truffé de composants US. Encore une fois, ce ne sont pas ces composants qui transmettent les données tout seuls. Il suffit d'écouter au bon endroit....
Réponse de le 23/04/2014 à 11:45 :
Il a été prouvé à de nombreuses reprises que les USA installaient des "back doors" sur leurs systèmes technologiques.

Il y a vraiment que les français à être assez cons pour croire que les USA tellement respectueux de la GRANDE FRANCE, n'osent pas le faire sur les composants vendus aux entreprises de l'Hexagone.

Et puis finalement, Obama a juré qu'il ne le faisait pas... Alors franchemenent où est le problème. Heureusement pour l'Europe qu'il y a des pays, comme l'Allemagne, qui ne prennent pas les promesses US pour de l'argent comptant!
a écrit le 22/04/2014 à 18:22 :
On leur offre sur un plateau le bâton qui va nous retomber sur la tronche ! Bravo !
a écrit le 22/04/2014 à 13:00 :
Une question qu'il aurait été judicieux de clarifer dans cet article:

Pourquoi est-ce que les USA peuvent mettre leur véto à cette vente?
Est-ce que les satellites espions de technologie française intègrent des composants US?

Si oui, on est en droit de pleurer parce que cela veut dire que les activités de l'armée française sont espionnées par l'intermédiaire de ses propres équipements par la NSA américaine...
a écrit le 22/04/2014 à 11:27 :
vendre des espions aux pays du moyen orient est suicidaire
Réponse de le 23/04/2014 à 5:25 :
Ces sattelites vont assurer à la France du travail pendant un certain temps et une trės bonne vitrine pour notre technologie
Réponse de le 23/04/2014 à 11:46 :
"Une vitrine pour la technologie française"???

Vu que la "technologie française" est truffée de composants US, il faut vite le dire pour ne pas paraître ridicule!
a écrit le 22/04/2014 à 11:27 :
vendre des espions aux pays du moyen orient est suicidaire

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