Satellites espions : les Emirats Arabes Unis reprennent les discussions avec Paris

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Les Emirats Arabes Unis pourraient conclure les négociations avec Airbus Space Systems et Thales Alenia Space pour l'achat de deux satellites espions de type Pléiades dans le cadre du programme Falcon Eye
Les Emirats Arabes Unis pourraient conclure les négociations avec Airbus Space Systems et Thales Alenia Space pour l'achat de deux satellites espions de type Pléiades dans le cadre du programme "Falcon Eye" (Crédits : Aibus Space)
La reprise récente des discussions est une bonne nouvelle pour Airbus Space Systems et Thales Alenia Space, qui étaient en attente depuis plusieurs semaines d'une reprise de contact par Abu Dhabi.

Selon plusieurs sources concordantes, les Emirats Arabes Unis ont très récemment repris les discussions avec Airbus Space Systems et Thales Alenia Space pour l'achat de deux satellites espions de type Pléiades dans le cadre du programme "Falcon Eye" pour un montant de plus de 700 millions d'euros. Des négociations qui avaient été interrompues après le refus des États-Unis d'exporter certains des composants "made in USA" nécessaires à la fabrication de ces deux satellites, Washington appliquant la réglementation Itar (international traffic in arms regulations). La visite de François Hollande aux États-Unis avait finalement permis du 10 au 12 février de régler ce dossier très brûlant entre Paris et Washington.

La reprise des discussions est une très bonne nouvelle pour les deux industriels concernés, Airbus Space Systems en tant que maître d'oeuvre du programme, et Thales Alenia Space, qui étaient en attente depuis plusieurs semaines d'une reprise de contact par Abu Dhabi. C'est fait. Mais quel scénario va-t-il être privilégié par Abu Dhabi pour la signature du contrat, qui a déjà été pourtant paraphé à Abu Dhabi en juillet 2013 par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et Sheikh Mohammed, le prince héritier et ministre de la Défense ?

Deux scenarii

Certains estimaient que la signature pourrait intervenir rapidement, peut-être d'ici à la fin du mois. Mais le calendrier pourrait toutefois glisser, une visite d'un responsable politique français en mai pourrait être l'occasion de signer une bonne fois pour toute ce contrat très attendu par la France. D'autres s'interrogeaient en revanche sur ce que souhaitent faire les Emiratis à savoir renégocier ou pas le contrat. "On peut s'attendre à tout à ce stade. Abu Dhabi pourrait avoir envie de renégocier le prix, la performance et les spécifications techniques des satellites. Mais c'est encore prématuré", explique-t-on à "La Tribune". A suivre.

La balle est donc dans le camp émirati. Seules certitudes pour le camp français, le besoin d'Abu Dhabi pour ces satellites d'observation est réel et ils en ont très envie. La France est le seul pays ou presque à pouvoir lui fournir une technologie aussi performante sans trop de contraintes. Ce qui n'est pas le cas des États-Unis notamment. Enfin, il n'y a jamais eu de remise en cause de ce projet de la part des Émirats.

Washington a soufflé le chaud et le froid

Mauvais perdant, les États-Unis, qui avait soutenu tour à tour Raytheon puis Lockheed Martin face aux deux groupes français, ont longtemps soufflé le chaud et le froid sur ce dossier. Fin 2013, Washington avait décidé d'appliquer la réglementation ITAR, compromettant ce contrat entre la France et les Émirats Arabes Unis. Mais le journal "Le Monde" écrivait le 29 janvier qu'au lendemain d'une visite de Jean-Yves Le Drian à Washington, une source ministérielle avait déclaré le 27 janvier qu'une "solution technique" avait été trouvée, sans plus de détails. Ce que confirmait fin janvier une source proche du dossier à "La Tribune" en assurant qu''il n'y avait "plus de problème"

Mais finalement les États-Unis ont remis leur veto à l'exportation de ces composants, a assuré cette même source fin février. Finalement, le dossier a pu se dénouer à très haut niveau, entre François Hollande et Barack Obama.

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Commentaires
a écrit le 11/04/2014 à 21:06 :
Finalement, sous ce gouvernement, est-ce que la diplomatie n'aurait pas retrouvé ses lettres de noblesses ? Car le secteur de l'aérospatial et de l'aéronautique français empoche pas mal de contrat, enfin je trouve.
a écrit le 11/04/2014 à 12:58 :
EXCLUSIF!

M. Cabirol nous annonce un nouveau contrat incessemment sur le point d'être signé!

Bientôt... Peut-être... Enfin, il faut voir... L'année prochaine... Un jour prochain...
Réponse de le 11/04/2014 à 14:51 :
je remarque souvent des commentaires moqueurs à l'encontre de M. Cabirol que je ne comprends pas. M. Cabirol traite de sujets à forts rebondissements En tant que journaliste il nous fait part des événements et si ceci changent du tout au tout, cela se traduit dans ses articles. Ou est le problème ?
Réponse de le 22/04/2014 à 12:58 :
cela rapel un sketch de coluche ^^
a écrit le 11/04/2014 à 11:08 :
Ce différent politico-commercial prouve encore une fois la nécessité d'avoir une certaine indépendance technologique européenne vis à vis du reste du monde.
Surtout dans le domaine militaire ... .
a écrit le 11/04/2014 à 10:55 :
Pour éviter ces problème ITAR (une règlementation purement US), il serait intéressant que l'Europe réinvestisse massivement dans l'électronique et le semi-conducteur pour éviter une dépendance trop grande vis à vis des US ou de l'Asie.
Bon après, le semi-conducteur n'est pas très intéressés par le domaine militaire ou spatial, leurs volumes étant trop faible (les marges ne compensant pas les investissements). Donc Thales et Airbus auront toujours certains soucis d'approvisionnement, même avec des fournisseurs locaux.
Réponse de le 11/04/2014 à 16:24 :
oui, tout à fait vrai. Il faudrait dépenser des milliards pour redevenir indépendant dans le domaine de l'électronique. D'autant que, comme vous le dites, il faudrait être assez compétitif pour rentrer dans le marché civil, qui assure les volumes nécessaires que le militaire et le spatial ne peuvent pas apporter.
Réponse de le 11/04/2014 à 19:58 :
L'Europe aurait largement les moyens de se payer une fonderie durcie pour couvrir les besoins spatiaux et militaires de l'ensemble des pays qui la constituent. Dès que les politiques l'auront compris on pourra y aller....
a écrit le 11/04/2014 à 7:29 :
erreur de frappe dans l'article: "fin 2013" et non pas "fin 2003"
Réponse de le 11/04/2014 à 10:03 :
Merci à vous.

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