Dans une lettre envoyée à ses salariés fin mai, que La Tribune a consulté, le PDG de BAE Systems, Ian King, avertit ses salariés, sans le dire explicitement mais tout en le suggérant fortement, que l'indépendance de l'Écosse à l'issue du référendum de septembre, pourrait avoir des conséquences sur les activités du groupe dans ce pays faisant partie intégrante du Royaume-Uni. "Si l'Écosse devient indépendante, nous n'aurions plus cette certitude et cette stabilité (sous-entendu que nous avons actuellement, ndlr)", a écrit Ian King le 28 mai à ses salariés. Et de préciser que "nous devrions alors parler à notre client britannique majeur, le MoD (ministère de la Défense britannique, ndlr), et travailler ensemble à un plan pour l'avenir".
Selon Ian King, le groupe d'aéronautique et de défense est concerné par ce référendum. Le patron de BAE Systems rappelle que son groupe emploie environ 3.500 personnes en Écosse, notamment à Glasgow où le groupe a consolidé ses activités de construction navale et où il a investi dans les installations pour le futur. Des investissements que BAE Systems a jusqu'ici consentis dans "l'attente que le gouvernement (britannique, ndlr) prenne la décision" de confier à Glasgow "la production majeure" qu'est le programme des frégates de nouvelle génération Type 26 "d'ici à la fin de cette année". En outre, l'Ecosse, riche grâce au pétrole, revêt une importance stratégique pour l'Angleterre. Elle abrite de nombreuses installations militaires, dont la base de sous-marins nucléaires de Faslane.
Ian King a également soulevé la question des régimes de retraite, un dossier qu'il considère comme "particulièrement complexe". "Si l'Écosse devenait indépendante, explique-t-il, et ensuite a par la suite rejoignait l'Union européenne, nos régimes de retraite, et beaucoup d'autres régimes d'entreprise britanniques" pourraient être rattrapés par la législation de l'Union européenne. "La réalité est aujourd'hui nous ne pouvons pas dire comment nos régimes de retraite seraient affectés. Il y aurait un certain nombre de résultats possibles et nous utiliserions nos processus de consultation pour discuter les options", affirme-t-il.
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Et de conclure en assurant que "l'indépendance écossaise augmenterait un certain nombre d'incertitudes. Au-delà de cela, étant donné les nombreuses décisions qui devraient être prise par le gouvernement à Westminster et en Écosse, nous ne pouvons pas être précis sur les retombées sur nos activités, nos salariés, nos fournisseurs ou nos clients. L'incertitude sur le futur est toujours inutile". Bref, Ian King est opposé à l'indépendance de l'Écosse pour des raisons de "business" même s'il a tenu à souligner que le vote à ce référendum est "une décision politique et personnelle pour le peuple écossais" et que lui-même n'avait pas à exprimer une préférence ni le groupe...
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