Comment une entreprise française va réinventer la messagerie au bureau

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L'interface d'Azendoo, une plate-forme virtuelle de partage d'informations et de documents entre salariés travaillant sur le même projet.
L'interface d'Azendoo, une plate-forme virtuelle de partage d'informations et de documents entre salariés travaillant sur le même projet. (Crédits : DR)
La jeune société bordelaise a conçu un système alternatif au courriel, plus adapté au travail « collaboratif », qui pourrait lui ouvrir les portes d'un gigantesque marché mondial. Elle installera un bureau aux États-Unis cette année, et lance sa deuxième levée de fonds.

Pratique, gratuit, omniprésent au point d'en être... envahissant : si l'e-mail est aujourd'hui devenu indispensable, c'est aussi un fléau qui déconcentre, désorganise les salariés tout au long de la journée et fait perdre de l'argent aux entreprises...

En travaillant avec les patrons des grands groupes pendant une dizaine d'années, Benoît Droulin, ancien cadre d'Orsyp, un des meilleurs éditeurs français de logiciels, en a rapidement acquis la conviction. Avec deux amis, cet ingénieur a donc lancé sa société et son propre système, en juin 2012. Une plate-forme virtuelle où des salariés peuvent partager leurs informations, leurs documents, leurs messages sur un même sujet.

« En un coup d'oeil, chacun peut voir l'avancement d'un projet », met en avant le président d'Azendoo.

Et pour discuter efficacement du projet, les membres d'une équipe peuvent utiliser la fonctionnalité « Approbation », qui permet à un collègue de donner rapidement son avis : oui ou non, et de laisser un commentaire si nécessaire. Pour fonctionner, Azendoo utilise des outils comme Evernote (prise de notes électronique) - l'un de ses partenaires -, Google Drive ou encore Dropbox (gestion de fichiers). Au-delà, c'est une nouvelle façon de travailler :

« Vous allez chercher l'information plutôt que de la subir. » 

Pour autant, les responsables du projet gardent le contrôle des opérations et maîtrisent le partage des tâches, mais aussi l'accès de ceux admis à lire l'information.

Facile d'utilisation via ordinateur ou smartphone, sans téléchargement, Azendoo « gère aussi vos tâches et vous donne accès en un clic à tout votre agenda professionnel et personnel, qui se juxtapose de plus en plus au quotidien », avance ce patron de 43 ans.

On peut également se créer des alertes, recevoir des notifications... Un système appréciable pour les cadres qui sont régulièrement en déplacement, mais aussi les associations ou encore le grand public.

Le marché est mondial, mais n'en est qu'à ses prémices. Pour l'heure, la plupart des clients d'Azendoo sont des équipes au sein de grandes entreprises, comme Total - qui va s'en servir pour préparer le congrès mondial du gaz, en 2015 -, Coca-Cola, Orange, ou des cabinets d'avocats, des sociétés dans le conseil, le marketing, des start-up, des universités...

À ce jour, Azendoo revendique plus de 200 000 utilisateurs, contre 10 000 en décembre 2012. Mais, seuls 1500 payent. Son utilisation est gratuite jusqu'à moins de dix membres. Audelà, il faut s'acquitter de 2,50 euros par mois par personne.

Enrichir l'offre au-delà du "premium"

L'enjeu des prochaines années sera de monétiser cette audience.

«Nous avons déjà un modèle "premium" avec notamment l'administration, la sécurisation des données, qui est importante pour les entreprises. Nous allons aussi proposer des plus aux particuliers, avec des forfaits entre 4 et 8 euros par mois », précise Benoît Droulin.

Azendoo, qui emploie une quinzaine de salariés, a déjà séduit les investisseurs. Depuis sa création, fin 2010, la start-up bordelaise a levé 2 millions d'euros et va lancer un nouveau tour de table avant 2015. Le marché semble porteur. Le géant du secteur, Asana, créé par Dustin Moscovitz, cofondateur de Facebook, a, quant à lui, levé 38 millions de dollars... Azendoo nourrit de grandes ambitions. Ses utilisateurs sont dans le monde entier (Chine, Inde...), dont 20% aux États-Unis. D'ailleurs, « nous allons y installer un bureau cette année », indique Benoît Droulin. Prochaine étape : vendre le système à Microsoft, l'an prochain. Pour changer de « galaxie ».

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