Aéronautique : la bataille française pour remplacer le Canadair
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Hynaero a déjà décroché des lettres d’intention pour 27 appareils.
Reuters
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Hynaero a déjà décroché des lettres d’intention pour 27 appareils.
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L'été 2022 est resté dans les mémoires pour un triste record : en France, près de 66 000 hectares avaient été ravagés par des incendies (dont la moitié en Gironde), du jamais vu dans l'histoire, selon le système européen d'information sur les feux de forêt. Dans le même temps, la production des plus emblématiques bombardiers d'eau, les Canadair, a cessé en 2015. Une pénurie d'autant plus conséquente que le constructeur détenait le quasi-monopole du marché.
Face à ce constat alarmant, en France, de nouveaux acteurs tricolores développent des alternatives souveraines pour lutter contre les incendies. Née à Bordeaux à l'automne 2023, la start-up Hynaero a l'ambition de créer un nouvel avion, le Frégate F-100, capable d'écoper dix tonnes d'eau (contre six actuellement pour le Canadair), grâce à des moteurs Pratt & Whitney plus puissants. Cet aéronef compte également se démarquer grâce à une plus grande disponibilité.
« Sur un appareil datant des années 1970, les cycles de maintenance sont assez pénalisants, puisque en dehors de la saison estivale, l'avion doit être testé pendant deux mois, faire des vols de réception pour régénérer à peu près 200 heures de vol. Sur un avion moderne, la maintenance prédictive permettra de lisser sur toute l'année la disponibilité de la flotte. C'est intéressant pour les opérateurs privés qui ont besoin de basculer leurs moyens de l'hémisphère nord à l'hémisphère sud », décrivait il y a quelques jours David Pincet, président d'Hynaero, à l'occasion d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).
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Une flexibilité essentielle pour couvrir les nouveaux besoins mondiaux. Longtemps considéré comme un luxe réservé aux nations occidentales, l'avion bombardier d'eau devient essentiel à l'échelle du globe. « Actuellement, les pays qui ont le plus besoin de s'équiper, ce ne sont pas des nations riches, mais l'Indonésie, la Malaisie, le Congo, le Brésil, l'Équateur... Aujourd'hui, la sécurité civile française a douze avions et a pour objectif de passer à seize avions. Le marché mondial est, lui, estimé à 400 appareils », analyse Laurent Schmitt, président de Positive Aviation.