Le secteur spatial savait depuis quelques temps que le marché des lancements allait connaître une période difficile, puisque la plupart des lanceurs de référence finissent leur carrière tandis que leurs remplaçants accusent du retard. Il ne reste plus que cinq Ariane 5 et un Vega à lancer avant qu'Ariane 6 et Vega C prennent la relève. La transition sera très courte et donc périlleuse si de nouveaux retards sont constatés ou si un accident retarde l'entrée en service des nouveaux modèles. Ce sera la même chose entre le H-2A et le H-3 japonais. Le remplacement de l'Atlas 5 de ULA (United Launch Alliance) par le nouveau Vulcan prendra plus de temps, mais il n'y a déjà plus aucun créneau sur le lanceur sortant et son successeur n'a pas encore volé. Le New Glenn de Blue Origin, lui aussi en retard, ne peut pas servir de solution de rechange.
Chez Arianespace, la pression du marché étant surtout sur l'orbite basse, il avait été envisagé d'utiliser le renfort du Soyuz pour faciliter la transition. Ailleurs, ILS (International Launch Services) proposait son Proton russe aux opérateurs qui ne voulaient pas voir leurs options se limiter au seul recours à SpaceX. L'invasion russe a brutalement mis fin à la disponibilité de ces solutions de remplacement.