« Très clairement, nous devons aujourd'hui réviser notre programmation et notre stratégie, la réviser à la lumière de changement de la nature du risque », a observé jeudi Emmanuel Macron. C'est clair. Rompez les rangs. Non seulement le budget des armées est sanctuarisé dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM), qui promet 413 milliards d'euros, dont 400 milliards de crédits budgétaires sur la période 2024-2030 aux militaires, mais Emmanuel Macron va annoncer dimanche soir à l'hôtel de Brienne une réévaluation des crédits de la LPM. « Le président de la République prononcera un discours le 13 juillet qui sera très important et qui comportera des annonces majeures », a assuré l'Élysée. Quelle sera la hausse des crédits de la LPM dans un contexte d'extrême pénurie budgétaire ? Là est toute la question.
Ces discussions opposent comme habituellement depuis la nuit des temps l'Élysée et le ministère des Armées d'un côté, et Matignon et Bercy, de l'autre. Pour éviter toutes fuites, elles sont restées confinées à un très haut niveau. Mais, selon nos informations, les négociations entre les deux camps discuteraient d'une fourchette comprise entre 15 et 40 milliards d'euros sur la période 2026-2030. Il est vraisemblable qu'un compromis sera trouvé autour de 20 à 25 milliards d'euros. Pour Matignon et Bercy, qui milite pour une hausse au minimum syndical, l'enjeu est de taille : cette augmentation des crédits devra être in fine une opération neutre pour le budget général. En 2026 et au-delà très certainement, toute hausse du budget des Armées devra être compensée par des économies supplémentaires réalisées par les autres ministères.
Pour le ministère des Armées, cette hausse tombe à pic. En plus des nouveaux besoins à financer (plus de Rafale, de frégates FDI, de systèmes de défense aérienne SAMP/T, de satellites...), la LPM déborde de programmes non financés. En clair, l'édredon ne rentrait pas tout à fait dans la valise... Pour tordre le bras de Bercy et Matignon et le faire accepter cette augmentation à l'opinion publique, l'Élysée joue la carte de la menace. Le chef d'état-major des armées va la détailler dans une conférence de presse. Un exercice rarissime pour le général Thierry Burkhard.